Table des matières

Gérard Klein : Malaise dans la Science-Fiction américaine (1975 & 1977)

Vers le milieu des années soixante, la Science-Fiction anglo-saxonne la plus ambitieuse enregistre un virage assez spectaculaire. Alors qu'elle était en général assez optimiste, elle passe volontiers au pessimisme le plus sombre. Alors qu'elle se donnait les coudées franches dans les vastes perspectives galactiques des avenirs les plus lointains, elle se met à prendre souvent pour cadre l'avenir proche, voire très proche, confiné à la sphère terrestre, prévisible. Le souci, fréquemment exprimé, des auteurs est de porter un message, d'avertir leurs lecteurs, de se montrer sérieux, responsables. Selon un point de vue répandu, la Science-Fiction, ayant dépassé les rêveries tumultueuses de l'adolescence, serait devenue adulte et, ayant manifesté son intérêt pour l'Humanité souffrante, mériterait enfin le respect. → lire la suite (Gérard Klein : Malaise dans la Science-Fiction américaine)

Daniel Drode : Surface de la planète (1959)

Une préface de Gérard Klein de 1976 — L'un des reproches adressés à la littérature de Science-Fiction par la critique universitaire ou plus généralement intellectuelle était que son exploration prétendue de l'avenir ne s'accompagne d'aucune novation décisive dans la forme, d'aucune originalité importante dans la structure narrative ni dans l'écriture, pour autant qu'on puisse les dissocier. Ce roman de l'avenir resterait — et pas seulement au figuré — écrit au passé simple. Il n'est pas certain que ce grief soit si sévère, ni même justifié, tant l'exigence ainsi posée est contestable. Car enfin, si personne n'a songé à reprocher à Flaubert d'avoir fait s'exprimer les personnages de Salammbô en français du xixe siècle, on voit mal au nom de quel principe on exigerait de l'écrivain d'anticipation qu'il vaticine dans une langue future. → lire la suite (Daniel Drode : Surface de la planète)

KWS, nº 80, juillet 2017

Jean-Pierre Queille : Petit Guide des Éditions Faniques Francophones

Becky Chambers : a Closed and common orbit (2016)

Une entrée du carnet d'Ellen Herzfeld du dimanche 22 janvier 2017A Closed and common orbit est en quelque sorte une suite au premier roman de l'auteur, the Long way to a small, angry planet (l'Espace d'un an à l'Atalante, space opera que j'ai aussi lu et aimé). Je dis “en quelque sorte” parce que ça se passe effectivement après les événements du premier, mais les personnages sont presque tous différents et l'histoire ne s'occupe en rien du devenir du vaisseau, le Wayfarer, et de son équipage, sujet principal du premier roman. Il peut certainement se lire indépendamment mais je pense qu'il sera mieux apprécié si on connaît déjà un peu le contexte. → lire la suite (Becky Chambers : a Closed and common orbit)

Morten Tyldum : Passagers (2016), navet de luxe

Une entrée du carnet de Philippe Curval du dimanche 8 janvier 2017 — Sur un vaisseau spatial d’un kilomètre de long, cinq mille passagers (plus les membres de l’équipage), sont hibernés pour un voyage de cent vingt ans vers une planète nouvelle. On se demande par quelle aberration la forme de ce navire étoile est doublement hélicoïdale, convolutée, spiraloïde. Ce n’est ni pour une raison d’esthétique, car il est carrément disgracieux, ni pour une question pratique, puisqu’il doit se construire dans l’espace, vu qu’en raison de sa conformation il ne peut pas décoller de terre. Par ailleurs cela implique d’y installer un nombre excessif d’ascenseurs pour y circuler. → lire la suite (Morten Tyldum : Passagers)

Pascal J. Thomas : l'Œuvre spéculative de Robert Escarpit (2016)

Nous sommes réunis ici à Bordeaux pour parler de Science-Fiction, et des domaines connexes. Il paraît opportun d'évoquer les auteurs de SF bordelais, et mes collègues en ont parlé ce matin. Alors, qui fut le premier écrivain de SF bordelais ? Laurent Queyssi ? Sylvie Denis ? Bruno Bordier ? André-François Ruaud ? François Rahier ? Patrick Marcel ? Jean-Daniel Brèque ? Francis Valéry ? Pierre Bameul ? Pierre Christin ? François Bordes, alias Francis Carsac ? Là, vous brûlez. → lire la suite (Pascal J. Thomas : l'Œuvre spéculative de Robert Escarpit)

Album photo : Nemo 2013

Convention française de Science-Fiction, Amiens, du 17 au 20 juillet 2014. → lire la suite (Album photo : Nemo 2013)

Philippe Curval dans le Magazine littéraire (2010-2012)

Trois ans de comptes rendus de lectures SF. → lire la suite (Philippe Curval dans le Magazine littéraire)

Philippe Curval : Jules Verne sous les bandelettes (1978)

Faut-il voir dans cette formidable mitraille qui soumet les rayons des librairies au tir en rafale des œuvres de Jules Verne, de tous formats et de tous prix, un choc en retour du succès actuel de la Science-Fiction ? Ou bien est-ce la réputation de moraliste sans danger de l'écrivain pour les jeunes esprits, ou plutôt la récente disponibilité de ses droits d'auteurs qui transforment ses Voyages extraordinaires en munitions de choix pour les états-majors de maisons d'édition en mal de rentabilité ? → lire la suite (Philippe Curval : Jules Verne sous les bandelettes)

Philippe Curval : Voyage au centre de Jules Verne (2005)

Une fièvre éditoriale couve. Déjà apparaissent les premiers symptômes de l'épidémie. Il y a cent ans au mois de mars, Jules Verne est mort… Vive Jules Verne ! La première thèse à son sujet parut en Allemagne en 1916, la seconde aux États-Unis en 1953. Déjà le nº 1 des Archives Jules Verne en 1973 recensait, rien qu'en France, deux cents textes divers publiés depuis 1966. Le nº 3 en comptabilisait plus de cent quarante-sept pour la seule année 1976 sur l'ensemble de la planète. À cette allure qui ne s'est jamais ralentie depuis, un inventaire exhaustif des textes, mémoires, études, colloques, biographies, bibliographies parues à son sujet dans le monde entier sera difficilement chiffrable à la fin de cette année. La cause semble entendue, cette production inflationniste signe le succès impérissable de l'auteur de Vingt mille lieues sous les mers. → lire la suite (Philippe Curval : Voyage au centre de Jules Verne)

Philippe Curval : Appellation d'origine incontrôlée (2012)

Ceux qui comme moi s'intéressent au futur ont en général la mémoire courte ; le passé leur semble un résidu de tout ce qu'ils ont aimé, peuplé de souvenirs flétris, réinventés, peu en rapport avec ce qu'ils ont réellement vécu, fort loin de ce qu'ils vivent aujourd'hui. L'histoire est un tombeau que je n'apprécie guère d'ouvrir, car on n'y trouve que les ossements de nos plus beaux rêves, enroulés dans les guenilles de nos sentiments défunts. Et l'odeur de poudre qui fut celle des combats s'est transformée en odeur de poussière après un demi-siècle de lutte. → lire la suite (Philippe Curval : Appellation d'origine incontrôlée)

Roger Bozzetto : Fictions anticipatrices à visée politique (2006)

Les anticipations politiques ont un passé qui les a fait à leurs débuts confondre avec l'utopie, et donc figer en dehors de l'Histoire. On se souvient en effet qu'Utopus coupe le cordon ombilical d'avec la terre ferme, lieu de l'Histoire, pour se réfugier dans l'ailleurs imaginaire d'une supposée perfection. Mais dès l'époque des Lumières, le futur, comme le bonheur selon Saint-Just, devient une idée neuve en Europe. → lire la suite (Roger Bozzetto : Fictions anticipatrices à visée politique)

Philippe Curval : Dick addict (2006)

Un entretien avec Philippe Curval conduit par Fabrice Lardreau — Partir le plus loin possible en mettant le lecteur dans sa poche, mais garder le contrôle. Telle pourrait être la règle de Philip K. Dick. → lire la suite (Philippe Curval : Dick addict)

Michel Jeury : la Soucoupe du jugement (début des années 80)

Une nouvelle inédite sur papier — Dans la première maison que je visitai, à la recherche d'improbables survivants, je découvris une pendulette à quartz, avec un calendrier automatique incorporé qui indiquait le 17 mai : quatre jours après la foudroyante attaque des extraterrestres… → lire la suite (Michel Jeury : la Soucoupe du jugement)