KWS : comptes rendus de lecture sur la Science-Fiction

Emmi Itäranta : la Cité des Méduses

(Kudottujen kujien kaupunki, 2015)

roman de Science-Fiction

chronique par Noé Gaillard, 2017

par ailleurs :

Peut-être que si le premier roman d'Emmi Itäranta (Fille de l'eau, également aux Presses de la Cité) n'avait pas été finaliste de deux prix littéraires (Arthur C. Clarke & Philip K. Dick), nous n'en aurions jamais entendu parler... Trouver un bon traducteur littéraire du finnois ne doit pas être chose facile.(1) Un paragraphe en quatrième de couverture associe l'auteure à Ishiguro Kazuo et à Margaret Atwood. J'ajouterai pour ma part trois autres auteures : Ursula K. Le Guin, Anne McCaffrey et Danièle Martinigol. Mais vous savez combien cet exercice est subjectif.

Nous sommes dans une île dirigée par un Conseil qui considère que le rêve est dangereux et isole ceux qui rêvent. La raison exacte de cette dangerosité n'est, cela va de soi, jamais clairement énoncée. C'est simplement un fait acquis, d'autant plus que l'héroïne rêve et l'auteure s'économise les explications. La population de l'île est régulièrement tatouée. Cette opération étant censée prévenir le retour des rêves. Les lecteurs ayant quelques notions d'histoire contemporaine se souviendront sans doute d'autres tatouages de sinistre mémoire. Éliana est Tisseuse au palais des Toiles et elle rêve. Un jour, on découvre le corps d'une jeune femme qui porte tatoué à l'encre invisible — visible sous une certaine lumière — le même prénom. On lui a coupé la langue. Éliana va découvrir le sort réservé aux rêveurs et ce qui menace l'île.

Comment ? Vous ne voyez pas le rapport avec les méduses... C'est vrai ! Il n'est guère question de méduse dans ce que je vous ai raconté. Cela tient au fait que l'on découvre tardivement dans le roman qu'il y a deux types de méduses... Celles qui soignent, élevées par les Tisseuses, et les sauvages, qui fournissent l'encre du tatouage.

Je ne vous en dirai pas plus. À vous de faire les liaisons. Et au moins de réfléchir à l'idée de domestication, des méduses et des humains. Ou à celle de rébellion involontaire, rêveuses et méduses sauvages.

La traduction est agréable à lire. Et ce roman offre un bon temps de lecture même si parfois on peut avoir l'impression de lire un juvenile — pas seulement à cause de l'encre invisible ; avec du jus de citron si ma mémoire est bonne…

Noé Gaillard → Keep Watching the Skies!, nº 80, juillet 2017


  1. Les deux ouvrages ont été traduits par Martin Carayol.

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