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KWS nº 37, juillet 2000

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Éditorial

Pascal J. Thomas

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Pause et Ponctuation

Le sens ou les mots ?

Mon éditorial du numéro 36 n'a pas trop plu à un de mes lecteurs préférés, Jean-Claude Dunyach, ce qui m'attriste beaucoup, parce que c'est un ami, et un des hommes les plus doués que je connaisse. J'y défendais — entre autres choses — la nécessité d'une liberté de ton totale de la part de la critique, une liberté en particulier par rapport aux désirs des vendeurs du produit examiné. Ce qui ne veut pas dire que j'aime toutes les critiques qui se pondent, et que je souris à toutes les démolitions. Oui, j'apprécie une certaine verdeur de ton ; oui, je pense qu'il est légitime de traiter comme un objet littéraire le personnage que des auteurs — ou leurs éditeurs — peuvent faire d'eux-mêmes — mais je n'apprécie pas plus que quiconque la diffamation, les attaques ad hominem ou les chroniques dont le contenu est dicté par des considérations sans rapport avec les qualités intrinsèques des œuvres en question.

Au chapitre des choses insignifiantes mais bruyantes, une addition récente, la préface à l'anthologie Privés de futur, présentée par Gilles Dumay et Francis Mizio [1], qui proclame à grand renfort d'obscénités le droit des anthologues à juger de l'inclusion de leurs propres textes. Gilles Dumay, éditeur toujours intéressant, s'ingénie à conserver sa place au nadir des préfaciers.

On dit les Toulousains coutumiers d'une ponctuation particulièrement riche en syllabes, "point" se disant "putaing" et "virgule", "cong". Le point-virgule était d'un usage très fréquent en toulousain du milieu du XXe siècle. Sans être toulousain d'origine, j'avoue employer moi-même un langage fort peu châtié, et ne guère réagir à des choix de vocabulaire qui choquent d'autres oreilles.

C'est le fond qu'il faut entreprendre de réfuter dans le texte de nos duettistes. Ils ont la grâce, au détour d'une pirouette, de ne pas se faire les apologues de leur propre talent littéraire — mais ne sont pas gênés de se comparer implicitement à Ellison et Silverberg, qui ont publié de leurs propres nouvelles dans des anthologies qu'ils ont dirigées. Encore Ellison et Silverberg ne travaillaient-ils pas pour des maisons d'édition qu'ils avaient créées, et étaient toujours en relation avec des directeurs littéraires professionnels, dont on connaît l'importance dans l'édition américaine. La déontologie ne doit pas être confondue avec la morale : c'est seulement un ensemble de règles indicatives qui visent à permettre l'exercice d'une profession dans des conditions protégées des faiblesses humaines. Un jour, sans doute, chacun vient à en comprendre la nécessité.

Par exemple, vous avez sûrement remarqué que depuis que j'en assure la coordination, KWS publie des articles de Pascal J. Thomas qui sont bien moins bons — et, d'ailleurs, moins nombreux — que ceux qui étaient à l'époque soumis au crayon rouge de Sylvie Denis et Francis Valéry. Mais la glose critique est infiniment plus aisée à produire et à évaluer que l'œuvre littéraire, donc le mal est moindre… même si le remède serait que l'on trouve un nouveau rédacteur-en-chef à KWS. Envoyez vos CV.

Pascal J. Thomas

 [1] Aux éditions Bifrost/Étoiles Vives. 422 p. , 149 FRF. Éditions du Bélial' — 6, rue Charles-Lefèbvre — 77210 Avon/Fontainebleau.

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Document : Quarante-Deux/Keep Watching the Skies! nº 37, juillet 2000/Éditorial par Pascal J. Thomas
Création : lundi 31 juillet 2000
Dernière modification : lundi 5 janvier 2004