Compte rendu de lecture : Noé Gaillard
Avance rapide, même auteur, même collection, avait révélé un auteur, un créateur d'univers. Smith récidive et propose ici un monde complexe digne d'intérêt.
Jack Randall, pour avoir négligé de se comporter en bon flic ripou, s'est retrouvé après l'assassinat de sa fille et de sa femme dans une ferme d'élevage de clones pour personnes riches. Un beau jour, il décide de fuir la ferme avec les clones qu'il a apprivoisés avec le soutien de Ferraille, l'androïde chargé de l'aider. Et à partir de cet instant les “choses” vont aller de mal en pis, au fur et à mesure que Randall retrouvera son passé (celui vécu dans le vaisseau immobilisé pour cause de panne et devenu ville, comme celui vécu dans La Brèche — où l'on peut voir une certaine image du Viêt-Nam).
Comme dans Avance rapide, Smith “revisite” les clichés, les situations classiques du genre, tout en utilisant les stéréotypes (le héros est bien un héros, presque un superman ; l'héroïne est toujours en danger et l'amitié ou le pardon sont des valeurs sûres). On a un peu l'impression de se promener dans une bande dessinée, style Jeremiah de Hermann (éditions Dupuis) qui fonctionne elle aussi sur la transposition des vieilles images.
La force de Smith se mesure au plaisir double que l'on éprouve d'une part à reconnaître les icônes et d'autre part à suivre-subir le récit comme s'il était entièrement nouveau et original. Si les qualités de “styliste” (au sens de créateur de mode) de Smith laissent présager un grand roman à venir, espérons que la mode ne le cantonnera pas aux exercices de style !
Document : Quarante-Deux/Keep Watching the Skies! nº 34, novembre 1999/Compte rendu de : Fères de chair
Création : lundi 29 novembre 1999
Dernière modification : lundi 5 janvier 2004