Accueil XLII Accueil KWS Sommaire

Éditorial Précédent Suivant Dernier

KWS nº 31-32, mai 1999

---------------------------===oooO§Oooo===---------------------------

Siscie
roman de Science-Fiction
M.ALEXIS.M
Nestiveqnen, collection "Horizons du futur", novembre 1998, 281 p., 43 FRF.

Compte rendu de lecture : Noé Gaillard

---------------------------===oooO§Oooo===---------------------------

Le sous-titre de ce roman pourrait être “à cause d'un arbre”. Siscie est un ordinateur très évolué qui travaille sur une planète avec un compagnon humain. Un arbre, en chutant, provoque une mutation de la machine et la transforme en IA et elle contamine ses petits camarades. Nous assistons impuissants et sceptiques à la révolte des ordinateurs qui prennent le contrôle de la société interplanétaire…

Ouf ! Ajoutez à cela un retour sur notre bonne vieille Terre qui n'est plus qu'un désert irradié et vous revoilà en pleine S.-F. style B.R. Bruss des années 50. Bien sûr le vocabulaire a changé et les relations homme-femme sont moins pudiquement traitées (quoiqu'ici à part, une prostituée polymorphe ce soit un peu le désert).

Tout comme dans le précédent titre de la collection "Horizons Futurs" (la Sinsé gravite au 21 de Roland Wagner [1]) on a l'impression que l'auteur règle ses comptes avec la S.-F. dans laquelle il a appris à lire et ajoute — sans doute pour faire plus moderne — un personnage un peu déjanté et des noms style R-Nes, D-Cam qui fleurent un Meilleur des mondes. Mais à la différence de Wagner, il ne se permet pas la moindre touche d'humour. Ce qui donne quelque chose de fort étrange et je pense irréaliste que cette révolte des ordis que personne n'ose débrancher… à défaut d'y avoir pensé ! À croire que les gens qui utilisent ou imposent ces machines ne lisent jamais de S.-F. Depuis le temps que nos auteurs les préviennent, ils devraient pourtant savoir qu'il ne faut absolument pas faire confiance à cette foutue quincaillerie…

Bref, nous voilà revenus à une S.-F. revival, style Remix, (cf. les Vaisseaux du temps de Stephen Baxter [2], la Machine à différences de Gibson et Sterling, et peut-être aussi quelques autres titres qui m'échappent et/ou que je n'ai pas lus). Est-ce l'exercice obligé de l'écrivain qui se fait un petit plaisir ? La nostalgie des directeurs de collection qui “oublient” les audaces de leur jeunesse ? Ou celle des nouveaux venus qui préfèrent assurer avec une touche de classicisme prudent ? Le désir des lecteurs qui ne veulent surtout pas être obligés de réfléchir ? Pourquoi pas tout cela en même temps ? J'avoue que j'aimerais bien pour ma part lire plus souvent quelques romans décapants. Ma nostalgie n'est plus ce qu'elle était.

Noé Gaillard

[1] Cf. chronique ailleurs dans ce numéro. — NdlR.

[2] Cf. chronique ailleurs dans ce numéro. — NdlR.

---------------------------===oooO§Oooo===---------------------------

Éditorial Précédent Suivant Dernier

Accueil XLII Accueil KWS Sommaire

---------------------------===oooO§Oooo===---------------------------

Keep Watching the Skies! — © Quarante-Deux et/ou Keep Watching the Skies!
* Écrire à Quarante-Deux

Document : Quarante-Deux/Keep Watching the Skies! nº 31-32, mai 1999/Compte rendu de : Siscie
Création : mardi 1er juin 1999
Dernière modification : lundi 5 janvier 2004