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KWS nº 29-30, août 1998

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l'Extase des vampires
(the Hunger and ecstasy of vampires)
roman fantastique
Brian STABLEFORD
Denoël, collection "Présence du futur", nº 589, 1998, 234 p, catégorie 5.

Compte rendu de lecture : Noé Gaillard

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Exemple typique de l'effet de mode : les vampires sont là, et il serait anormal qu'une maison d'édition ne propose pas de titre sur le sujet. Pour Denoël, qui prend sans doute le train en marche et en oublie — ou ne peut — rééditer le remarquable Je suis une légende de Richard Matheson, c'est un Stableford de qualité très moyenne (on notera qu'il s'agit aussi de la première apparition de cet auteur au catalogue PdF).

Il est ici question du Comte Lugard — lisez-le en verlan — qui vole le moyen de devenir le prince de l'avenir puisqu'un certain Copplestone a vu, en voyageant dans le futur, les vampires dominer la planète. Lugard se heurte à un Grand Détective consommateur de drogue dont les aventures sont racontées par un médecin. Il ne manque qu'un air de violon…

Imaginez un roman français écrit dans le style de Chateaubriand révisé par Guy de Maupassant où se trouveraient réunis G. Eklin, Ph. Carvul, M. Jyreu, P. Pelot et où l'on discuterait en conférence de l'avenir de l'Europe. Stableford justifie son emprunt de personnages — J. Lorrain, H.G. Wells, Oscar Wilde —par le fait qu'ils sont des vecteurs, des outils et non des personnes. Cette justification donne au roman un certain cachet surtout quand l'auteur attribue à Wilde des propos intéressants — révolutionnaires ? — du type : à l'avenir les machines domineront le monde, ce sont elles les vampires… Le jeune Wells a raison (citation de mémoire). (Cette réhabilitation de Wilde doit avoir plus d'intérêt pour un Anglais que pour un Français, peu au fait des déboires de ce remarquable écrivain salué par André Gide et dont il faut au moins avoir lu "le Portrait de Dorian Gray").

Pour ce qui est du reste et malgré une traduction intelligente [1] — dans le sens où elle allège le style victorien du récit — cela relève de l'œuvre mineure qui, en des temps moins préoccupés de vampirisme, n'aurait pas trouvé grâce aux yeux d'un directeur de collection exigeant.

Noé Gaillard.

[1] Due à Jean-Daniel Brèque.

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Document : Quarante-Deux/Keep Watching the Skies! nº 29-30, août 1998/Compte rendu de : l'Extase des vampires
Création : samedi 22 août 1998
Dernière modification : lundi 5 janvier 2004