KWS : comptes rendus de lecture sur la Science-Fiction

Emmanuel Jouanne ; Jacques Barbéri : Mémoires de sable

roman de Science-Fiction, 1999 & 2015

chronique par Noé Gaillard, 2016

par ailleurs :

Première remarque : il me semblait que pour présenter une suite d'auteurs, ou d'artistes, il convenait de les nommer par ordre alphabétique. On peut penser que si Emmanuel Jouanne figure ici en premier, c'est parce qu'il est décédé. Mais si vous êtes un jeune, ou un nouveau lecteur du genre, vous ne le savez peut-être pas avant de lire la postface.

Deuxième remarque : éditer un livre à la couverture couleur blanc sale cassé où tout, même le titre, est peu lisible me semble une erreur et dessert et le livre et les auteurs.

Bon ! De quoi s'agit-il ? D'abord d'un certain nombre de pages signées Jouanne envoyées à Richard Comballot au titre de roman en cours d'écriture. On sait ce qu'il est advenu d'Emmanuel. Disparu sans avoir achevé une œuvre que beaucoup avaient estimée prometteuse à la lecture de ce qu'il avait publié… (Vous trouverez en postface des informations sur l'individu plus que sur l'écriture et ses productions.) On comprend l'émotion de Comballot face à ce texte inachevé comme on peut comprendre son désir de lui trouver une fin. J'aime bien les productions de Jacques Barbéri seul ou en compagnie d'Emmanuel Jouanne vivant… Il me semble que Jouanne a collaboré avec d'autres auteurs ; peut-être aurait-il été intéressant de les mettre en concurrence ou de les associer façon “cadavre exquis” (si je puis me permettre).

Comme je me suis posé la question avant de rédiger cette chronique, je l'ai indirectement posée à un autre auteur de mes connaissances et sa réponse m'a conforté. Je voulais savoir si c'était moi lecteur — ayant lu tout Jouanne ou presque — qui sentait les différences d'écriture, de rythmes, ou si c'était le texte qui les mettait en évidence… comme si la greffe n'avait pas pris. Quelque part, Jacques Barbéri explique qu'il n'a pas pris la suite du texte de Jouanne, qu'il a fait des épissures pour mêler ses éléments à ceux d'Emmanuel.

Arec, un nettoyeur chargé d'abattre des personnes contaminées par les autres, a des remords à propos de sa dernière action. Il va quitter/fuir le lieu souterrain où il vit dans une cellule comme son ami K. Ils vont tous deux se retrouver dehors après maintes péripéties, et Arec retrouvera celle qu'il a tuée pour combattre les autres. Et les univers présents (dehors, dedans) sont surréalistes façon Barbéri et Caro & Jeunet, et les comportements des “héros” le sont tout autant, à coup de jeux de mots exquis — certains fort réussis comme « chœur de lions » — que je vous invite à rechercher attentivement.

J'oserai dire que nous sommes en présence d'un exercice de style, qui passera pour passionnant aux yeux de certains, alors que pour d'autres, à part à chercher les touches d'humour, on s'ennuiera un peu.

Dernière remarque : je tiens à signaler que j'ai acheté ce livre et qu'il ne m'a pas été envoyé en service de presse.

Noé Gaillard → Keep Watching the Skies!, nº 77, février 2016

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