KWS : comptes rendus de lecture sur la Science-Fiction

Ramez Naam : Nexus

(Nexus, 2012)

roman de Science-Fiction

chronique par Noé Gaillard, 2015

par ailleurs :

Je n'ai pas lu la Crucifixion en rose (Sexus, Plexus, Nexus) de Henry Miller, et je suis surpris d'en voir un des titres repris ici pour une histoire de SF. En quatrième de couverture, on trouvera une citation dithyrambique d'Alastair Reynolds. Dernière remarque préliminaire, à un moment de ma lecture je me suis dit : « Cela s'apparente à du Greg Bear. », et, surprise ! il fait partie des personnes remerciées par l'auteur, pour leur aide. Comme il s'agit d'un premier roman, on attendra le suivant pour se sentir vraiment déçu ou non.

“Nexus” est une drogue dont l'inventeur, Lance Kade, veut qu'elle aide les individus à communiquer directement par la pensée. Le vieux mythe de la transmission de pensée (Mir et Mirosca, ou le Sâr Rabindranath Duval). Lance, qui se veut un gentil responsable, et trois amis ont sérieusement amélioré les performances de la drogue en l'associant à l'informatique. Ils en ont testé les effets sur leurs relations intellectuelles et artistiques (!?). Je n'ai pas trouvé mention d'un prix quelconque pour le produit, ni d'un coût de revient, ni de concurrence de bandes rivales. Comme, bien sûr, tout cela se déroule aux États-Unis, la DEA et l'ERD (nouveau service anti-terroriste) lancent des hommes et une femme sur Kade. Ah ! j'oubliais, l'histoire se situe en 2040. En fait l'ERD veut Kade pour infiltrer une japonaise qu'ils accusent de préparer un anéantissement des USA par des armées de clones téléguidés mentalement (le vieux mythe du clonage des SS), c'est-à-dire d'utiliser Nexus à des fins terroristes…

Il me semblait que la Science-Fiction avait depuis longtemps abandonné ce type de romans qui naît de — et entretient — une bonne vieille parano. Nous sommes en plein roman d'aventure ― même sur le plan de l'écriture, et l'on a même parfois l'impression que la traduction améliore le livre. Et pas très loin des jeux de console… Les fiches des personnes qui s'inscrivent sur les écrans rétiniens ― façon Robocop ou Terminator ― sont identiques à celles qui vous présentent les héros qui vont combattre votre ennemi dans le jeu que vous avez lancé. Et pour bien nous montrer que nous sommes dans un roman de SF ― en dehors des formalités douanières qui perdurent en 2040 ―, l'auteur nous fournit des données inutiles à l'action du roman (l'“autotaxi” emprunté par Kade est un Siemens…). Mais peut-être ce genre de précision rend-elle l'histoire plus crédible ?

Noé Gaillard → Keep Watching the Skies!, nº 75, mai 2015

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