KWS : comptes rendus de lecture sur la Science-Fiction

Daniel H. Wilson : Robopocalypse

(Robopocalypse, 2011)

roman de Science-Fiction

chronique par Noé Gaillard, 2013

par ailleurs :

Lors de récents passages en télé pour présenter son film sur Abraham Lincoln, Steven Spielberg annonçait que son prochain film serait un retour à ses sources, c'est-à-dire à la Science-Fiction. Le Fleuve noir publie le roman qui sert de base au Spielberg à venir. On peut légitimement se demander si le fait d'avoir été choisi par Steven Spielberg (E.T., Indiana Jones, etc.) pour un film garantit la qualité et l'intérêt d'un roman ou marque simplement son adéquation avec l'idée que le réalisateur se fait de la Science-Fiction et du cinéma de divertissement ?

Autant vous l'avouer tout de suite, je n'ai pas réussi à être convaincu par ce roman. Il y est question de robots qui se révoltent sous la férule d'une IA baptisée Archos (on se demande pourquoi). Il est vrai que pour certains lecteurs le sujet peut être original, mais les fans de Stanley Kubrick et d'Arthur C. Clarke n'en penseront pas moins. Il doit bien y avoir un site qui vous recense les romans et nouvelles sur le sujet… Ici notre auteur cite en exergue de partie Alan Turing (l'inventeur du test de Turing qui mesure un degré d'humanité) qui en 1951 annonçait la menace de la prise du pouvoir par les machines, et Vernor Vinge qui en 1993 parlait de machines plus intelligentes que nous… Et Daniel H. Wilson nous propose un monde où les robots prennent le pas sur les hommes, les tuent, les mutilent, les réduisent en esclavage. Et, sous couvert de citation de Richard Brautigan, observent les plantes, la nature pour s'en inspirer. Mais seuls contre tous et contre les robots qui évoluent, quelques héros vont offrir de l'Amérique, des USA plutôt, une image exceptionnelle de sauveurs du monde… Des Indiens, un Noir (!) qui meurt à la fin offrant de quoi verser une larme, une mère héroïque… Pardon, j'oubliais un Japonais et un Anglais qui aident aussi à leur manière… Quant aux soldats anonymes venus d'Asie attaquer la base de l'IA rebelle, ils sont déclarés peu ou mal informés, sans commentaires. Des robots, on ne saura que leur capacité à s'autoréparer ; pour ce qui est de leur motivation, il faudra peut-être attendre la sortie du film. Tous les épisodes sont présentés et commentés par le héros en chef qui recherche les informations, les collationne et nous les livre. On lit une suite de séquences qui donneront les séquences du film et constitueront autant de morceaux de bravoure.

Ces histoires de robots anthropomorphes et d'héroïsme forcené qui enterrent l'État au profit de l'individu organisé sont pour moi un peu lassantes à cause de leur manque de nuance… On a un peu le sentiment que le lecteur est pris pour un innocent à qui l'on peut faire croire n'importe quoi. Nous sommes très loin de la trilogie de Robert Sawyer et de son IA,(1) et pourtant on retrouve une des références de l'auteur canadien : notre bonne vieille Helen Keller.

Nota : l'héroïsme et le romantisme sont ici tellement prenants que l'on finit par ne plus remarquer les petites libertés prises par le traducteur avec la langue française.

Noé Gaillard → Keep Watching the Skies!, nº 72, août 2013


  1. Éveil, Veille & Merveille.

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