KWS : comptes rendus de lecture sur la Science-Fiction

Furukawa Hideo : Alors Belka, tu n'aboies plus ?

(ベルカ、吠えないのか?, 2005)

roman fantastique et de Science-Fiction

chronique par Noé Gaillard, 2013

par ailleurs :

J'ai longuement hésité avant de me décider à vous parler de ce roman. Il est difficile à caser dans les genres qui nous intéressent parce qu'il relève du “composite”. On y trouve du Fantastique (les animaux qui se parlent, ont une conscience d'eux-mêmes et du monde), de la Science-fiction (des recherches scientifiques sur les animaux, la guerre déclarée par les chiens au xxie siècle), de l'Espionnage avec la poursuite du vieux qui se cache et la recherche, et bien sûr de la littérature générale. Ceux qui aiment les chiens seront, je pense, passionnés par le rôle joué ici par ces bêtes. L'auteur, par le biais de l'histoire des chiens nés du croisement de chiens militaires japonais avec des chiens militaires américains et de leurs descendants à travers la deuxième moitié du xxe siècle, nous livre une fable et prête à ses héros une volonté, un destin. Bien sûr, cette histoire ne se déroule pas de la seule volonté des animaux : les hommes ont leur part. Et ils se comportent avec leur égoïsme habituel et pire leur indifférence à l'égard de ces chiens d'exercice, ces chiens cobayes. L'auteur parvient à rendre ses chiens sympathiques parce qu'il leur laisse leur instinct sans l'encombrer de pathos. C'est l'homme qui patauge dans le pathos et ne s'en remet pas. J'espère que vous imaginez la difficulté qu'il peut y avoir à raconter la vie des chiens par eux-mêmes. Cela peut faire penser à l'exercice de style d'un Rosny aîné écrivant la Guerre du feu ou le Félin géant. Comment prêter des sentiments à ceux ou celles qui n'ont pas le moindre mot pour traduire ce qu'ils ressentent ? Avec ces chiens dont la généalogie est présentée dans les premières pages, nous avons des humains qui jouent les guides, les agents de liaison, les interfaces. Leurs sentiments à eux transposent ceux des chiens.

Ce livre mérite bien que vous dérogiez à vos lectures habituelles figées (?) dans les collections particulières.

Noé Gaillard → Keep Watching the Skies!, nº 72, août 2013

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