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Keep Watching the Skies! nº 60, juillet 2008

Alain le Bussy : Jouvence

court roman de Science-Fiction

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chronique par Philippe Paygnard

En ces temps d'après-guerre, le Bureau économique de la Confédération charge le navire d'exploration Explo II d'une mission de routine qui le mènera jusqu'aux franges de la galaxie. Le but principal de cette expédition est de reprendre contact avec les colonies les plus éloignées dont le BEC n'a plus de nouvelles depuis des lustres. Hélas, rien ne se déroule comme prévu. En approchant d'un premier monde qu'il doit visiter, l'Explo II heurte une ceinture d'astéroïdes meurtrière qui entraîne son naufrage, ne laissant que trois survivants sur une planète désertique.

Même si elle commence comme un authentique festival d'hommages à la plus classique des Science-Fictions, Jouvence a de forts accents de conte philosophique. En vieux routier de la S.-F. et en moins d'une page, Alain le Bussy fait ainsi référence à la Faune de l'espace d'A.E. van Vogt, ainsi qu'à la Guerre éternelle de Joe Haldeman et à la saga space opera Perry Rhodan de K.H. Scheer & Clark Darlton, sans oublier un joli clin d'œil à Jean-Claude Dunyach. Après avoir ainsi titillé la nostalgie de ses lecteurs les plus anciens et avoir pris le temps de présenter, avec moult détails, la carrière d'Ava, la commandante de l'Explo II, Alain le Bussy poursuit dans le classicisme le plus absolu avec le naufrage du vaisseau d'exploration et la lutte pour la survie que doivent mener les rares survivants piégés sur une planète déserte et hostile.

Mais, là où d'autres auraient tout naturellement poursuivi le récit en explorant les relations entre Ava la commandante de l'Explo II et ses deux compagnons d'infortune, Edomaï le pilote et Rolwa le techno, Jouvence change complètement de rythme et de point de vue. Rompant ainsi avec la narration très space opera de la première partie de sa novella, Alain le Bussy se concentre sur le personnage de Rolwa, solitaire et renfermé dans sa survivance. Il nous décrit ainsi les espoirs et les craintes de cet homme dont l'environnement immédiat se réduit à un scaphandre spatial expérimental dont l'intelligence artificielle a décidé de le sauver, de gré ou de force, de la mort qui le guette sur cette planète perdue.

Ce sont les réflexions, les espérances et les craintes de Rolwa qui, à elles seules, animent la plus grande partie des quelque cinquante-six pages de ce récit, avant une conclusion positivement bien amenée.