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Vous êtes ici : Quarante-Deux KWS Sommaire du nº 41-42 les Visages de l'humain

Keep Watching the Skies! nº 41-42, janvier 2002

Denis Guiot : les Visages de l'humain

anthologie de Science-Fiction pour la jeunesse

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chronique par Noé Gaillard

Six nouvelles pour présenter une (in)humanité nouvelle. La préface d'Axel Kahn qui sert de caution est destinée aux sceptiques, vous n'êtes pas obligés de la lire…

J'avoue que "le Journal d'un clone" de Gudule m'a laissé sur ma faim : trop référencé — voir n'importe quelle anthologie sur Richard Matheson, manque singulier d'originalité et de finesse… on a connu Gudule plus inspirée. Mais bien sûr elle sait écrire.

"Potentiel humain 0,487" : Fabrice Colin, avec une écriture médiocre, pousse à l'extrême la déshumanisation dans un texte relativement absurde qui montre comment par ambition commerciale — on se demande bien pourquoi — un individu devient un robot après avoir échangé son “humanité” contre des pièces qui font de lui un surhomme. On ne sait même pas à qui tout cela profite.

"Clarisse" : Éric Simard dévoile les secrets d'un État qui dans l'avenir fabriquera des enfants pour les couples stériles à partir de mères porteuses animales. Si l'idée est intéressante, son traitement, style aventure du gentil contre tous les méchants, rend l'ensemble peu crédible.

"Lüber Mensch" : Christian Grenier permet d'analyser les failles de l'eugénisme doux qui à défaut de tuer ce qui ne convient pas ne fabrique que ce qui convient, et bien sûr ici avec une touche d'humour (notre surhomme souffre d'un ongle incarné). Le style aventure est pleinement maîtrisé.

"Des Vacances de rêves" : Jean-Pierre Andrevon que l'on a aussi connu mieux inspiré, traite de gens qui rêvent leurs vacances et du héros qui s'en rend un temps compte. Tout cela bien sûr pour masquer une dégradation totale des conditions de vie… C'est bien “gentil” ce monde monstrueux et violent où les travailleurs sont des zombies. Mais qui achète ce qu'ils produisent ? Ce type de texte rappelle malheureusement une S.-F. limitée par un désir de revendication stérile qui s'écrivait il y a une trentaine d'années.

"Forêts virtuelles" : Jean-Pierre Hubert donne le meilleur texte du recueil. Le plus “réaliste” dans l'esprit de l'antho. Si l'on ne peut plus vivre dans la nature — en voie de disparition — alors il ne reste plus que le virtuel dont il faut d'abord vaincre les monstres.

Bilan tristounet selon mon goût : deux nouvelles passent bien au filtre qui établit un rapport entre l'idée et le traitement : un tiers… et cela prouve si besoin est qu'il ne suffit pas d'avoir des idées plus ou moins originales et/ou la caution de noms connus pour fabriquer une antho de haut niveau — attention, je ne suis pas sûr que les jeunes lecteurs soient incapables de distinguer un bon texte d'un texte médiocre !

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