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Vous êtes ici : Quarante-Deux KWS Sommaire du nº 41-42 la Proie des rêves

Keep Watching the Skies! nº 41-42, janvier 2002

Michael Marshall Smith : la Proie des rêves

(One of us)

roman de Science-Fiction

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chronique par Noé Gaillard

Troisième titre de M.M. Smith chez Pocket et toujours le même plaisir à le lire même si l'univers de la Proie des rêves ressemble à celui d'Avance rapide. Dans l'un comme l'autre le héros est une sorte de “privé”, en tout cas un free-lance qui se balade pour son compte ou pour le compte de quelqu'un d'autre à la recherche ou à la poursuite de quelque chose… et ce dans une Amérique délirante. Ici ce ne sont pas des biches ou des sangliers qui traversent les routes, ce sont des troupeaux de cafetières électriques sauvages et si l'on graisse bien la patte de la porte elle vous laisse entrer. Ici on peut moyennant finance faire vivre et endosser ses rêves, ses cauchemars et même ses souvenirs — cette dernière possibilité étant interdite, car certains ont ainsi oublié avoir commis des crimes. Le héros, Hap Thomson, va se retrouver porteur d'un souvenir qui le fait rechercher par la police. Comme entre temps celui qui le payait lui fait retirer toutes ses économies, il se retrouve à devoir composer avec la police. Bien sûr tout rentre dans l'ordre…

Pourquoi et comment est-ce qu'une banale histoire de chantage façon S.-F. et non plus polar peut-elle être séduisante pour le lecteur ? Pourquoi ? parce que les ingrédients des maîtres Chandler et Hammet sont bien en place et que depuis on a rarement fait mieux. Comment ? pour la simple et bonne raison que les ingrédients S.-F. s'intègrent parfaitement au paysage. J'en veux pour preuves le Réveil façon Jiminy Criquet qui fait constamment la leçon au héros, ou, plus simplement, le fait que le monde virtuel y ressemble fort au nôtre et que les monstres qui le piègent pourraient aussi bien piéger le réel.

Je pense que ce qui fait le charme de Smith — quel pseudo passe-partout ! — et tout son intérêt c'est que quel que soit le sujet du roman ou son mode de traitement il ressort toujours de ses œuvres une critique de l'Amérique (voir Frères de chair) c'est-à-dire rien d'autre que ce que Chandler ou Hammet proposaient…