Quand le paysage se déchire…
Par Roland C. Wagner, dimanche 13 août 2006 à 22:19 :: Général :: #15 :: rss
… on entrevoit l'ombre de Philip K. Dick
C'est devenu un cliché de se réclamer de Philip K. Dick, le barbu au regard étrange qui avait la réputation d'écrire sous acide alors qu'il n'avait pris qu'une ou deux fois du LSD dans sa vie. Ça l'était déjà avant la sortie de Blade Runner, et ça ne s'est pas arrangé depuis. Dick est quasiment tombé dans le domaine public, si j'ose dire. Il a acquis, et pas seulement grâce au cinéma, une réputation qui « transcende la science-fiction », pour reprendre une expression commune sous la plume et dans la bouche de gens qui ne connaissent rien au genre.
Outre l'excellent roman de Michael Bishop, le plus bel hommage qui lui ait été rendu — et, peut-être, le plus fidèle à cet esprit dickien malheureusement tant galvaudé depuis sa disparition — est assurément la réalisation d'un androïde à son image par Hanson Robotics. Nul doute que l'auteur de Simulacres et, surtout, du Bal des schizos aurait apprécié l'ironie de la situation.
À la fin des années 1980, avec Brain Damage, nous y étions aussi allés de notre modeste hommage en composant un morceau intitulé « Quand le paysage se déchire », qui constituait une sorte de pendant musical à mon roman Le paysage déchiré, alors encore en attente de publication. (Je précise pour ceux qui ne l'auraient pas lu qu'il s'agit de mon livre le plus dickien — et, d'ailleurs, je me demande bien pourquoi il ne figure pas sur cette page, alors qu'on y trouve des romans nettement moins inspirés de PKD.) Bien qu'elle ait été composée alors que le roman était déjà écrit, cette chanson constitue pour moi une sorte de « chaînon manquant » entre Le Dieu venu du Centaure et Ubik d'une part et Le Paysage déchiré de l'autre.
Nous avons joué « Quand le paysage se déchire » en concert pendant quelques mois, un an peut-être, et nous avons enregistré une maquette avec un son pourri sur un quatre pistes à cassettes. Puis nous avons abandonné le morceau, je ne me souviens plus pourquoi, et il a dormi pendant une quinzaine d'années, oublié au fond d'un tiroir — jusqu'à l'année dernière où nous avons décidé d'en réaliser une nouvelle version avec un matériel de bien meilleure qualité. Si vous voulez l'écouter, c'est là, sur le site BnFlower décidément bien pratique pour mettre de la musique en ligne.
Je me demande ce que cet amateur de Wagner en aurait pensé.
Commentaires
1. Le dimanche 20 août 2006 à 16:37, par Laurentft
2. Le mercredi 23 août 2006 à 13:52, par dj3c1t
3. Le mardi 29 août 2006 à 18:44, par Jean-Jacques Nguyen
4. Le jeudi 7 septembre 2006 à 20:22, par Jean-Jacques Nguyen
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