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  <title>Ellen Herzfeld</title>
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  <description>Velléitaire et fantasque : un journal à parution kantonpeusuelle</description>
  <language>fr</language>
  <pubDate>Sat, 28 Jan 2012 09:34:20 +0100</pubDate>
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    <title>Jack McDevitt : Firebird</title>
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    <pubDate>Sat, 21 Jan 2012 09:42:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>EllenH</dc:creator>
        <category>Lectures</category>
            
    <description>    &lt;img src=&quot;http://www.quarante-deux.org/cosmos/herzfeld/public/Firebird.i.jpg&quot; alt=&quot;Firebird&quot; width=&quot;180&quot; /&gt;&lt;p&gt;Après une expérience de lecture un peu pénible avec deux livres de Paul McAuley (&lt;a href=&quot;http://www.quarante-deux.org/cosmos/herzfeld/index.php/post/2011/11/20/Paul-McAuley%C2%A0%3A-la-Guerre-tranquille-%28the-Quiet-war%29&quot;&gt;&lt;cite&gt;la Guerre tranquille&lt;/cite&gt;&lt;/a&gt; et sa suite), c'est avec un plaisir certain que j'ai entrepris de lire le dernier livre de Jack McDevitt, &lt;cite&gt;Firebird&lt;/cite&gt;, une nouvelle aventure d'Alex Benedict. C'est le sixième de la série dont j'ai lu les cinq premiers (&lt;a href=&quot;http://www.quarante-deux.org/cosmos/herzfeld/index.php/post/2005/10/26/28-jack-mcdevitt-a-talent-for-war&quot;&gt;&lt;cite&gt;a Talent for war&lt;/cite&gt;&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;http://www.quarante-deux.org/cosmos/herzfeld/index.php/post/2006/05/01/33-jack-mc-devitt-polaris&quot;&gt;&lt;cite&gt;Polaris&lt;/cite&gt;&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;http://www.quarante-deux.org/cosmos/herzfeld/index.php/post/2006/06/25/35-jack-mcdevitt-seeker&quot;&gt;&lt;cite&gt;Seeker&lt;/cite&gt;&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;http://www.quarante-deux.org/cosmos/herzfeld/index.php/post/2010/06/04/72-jack-mcdevitt-the-devil-s-eye&quot;&gt;&lt;cite&gt;the Devil's eye&lt;/cite&gt;&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;http://www.quarante-deux.org/cosmos/herzfeld/index.php/post/2011/02/02/Jack-McDevitt%C2%A0%3A-Echo&quot;&gt;&lt;cite&gt;Echo&lt;/cite&gt;&lt;/a&gt;). Je savais donc parfaitement ce que j'allais trouver : une énigme à résoudre en rapport avec un objet rare que quelqu'un veut mettre aux enchères par l'intermédiaire d'Alex Benedict, marchand d'antiquités de son métier. C'était effectivement à peu près ça. On pourrait croire, à me lire, que ces romans sont répétitifs, mais ce n'est absolument pas le cas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le livre commence par un prologue où le vaisseau interstellaire &lt;em&gt;Abonai&lt;/em&gt; disparaît bizarrement. Comme aucun débris n'est retrouvé, il faut conclure qu'il n'est jamais ressorti de son saut dans l'hyperespace, accident qui arrive de temps en temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis l'histoire débute quand Karen Howard contacte l'entreprise d'Alex. Son beau-frère, Chris Robins, physicien connu, a disparu de façon mystérieuse quarante ans auparavant, et maintenant, après le décès de son épouse, Elizabeth, sœur de Karen, celle-ci cherche à monnayer quelques objets par l'intermédiaire d'Alex. Il accepte, mais sait qu'il ne suffit pas d'être physicien, même connu, pour que les objets en question soient recherchés par les collectionneurs et prennent de la valeur. Pour faire monter les prix, il va entreprendre de faire de la pub autour du personnage de Chris, grâce à deux éléments médiatiquement intéressants &amp;nbsp;: ses spéculations un peu excentriques sur la théorie des univers multiples et sa disparition soudaine et complète, jamais élucidée, quasiment sur le pas-de-porte de sa maison alors qu'il revenait d'une expédition. Pour ce faire, Alex va participer à diverses émissions et débats télévisés (oui, même si les noms ont un peu changé c'est bien de ça qu'il s'agit, à des milliers d'années dans l'avenir &lt;a href=&quot;http://www.quarante-deux.org/cosmos/herzfeld/index.php/post/2012/01/21/Jack-McDevitt%C2%A0%3A-Firebird#pnote-173-1&quot; id=&quot;rev-pnote-173-1&quot;&gt;&lt;sup&gt;[1]&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;) et surtout il va essayer d'en savoir plus sur les circonstances de sa disparition tout en espérant plutôt ne rien trouver que de découvrir une explication banale, car dans ce dernier cas, les prix n'iraient pas bien haut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le cadre de son enquête, il est amené à visiter un monde un peu particulier, Villanueva, où tous les habitants humains sont soit partis soit morts sur place sept mille ans plus tôt, quand le système est passé dans un nuage cosmique. Il ne reste que les machines et les intelligences artificielles, les Betas. Celles-ci ont continué à entretenir tout le matériel sur la planète, mais certaines, qui ont plus ou moins pris le pouvoir, sont devenues férocement hostiles aux Humains de sorte que toute tentative d'y aller est fortement déconseillée car très dangereuse. Bien entendu, Alex y va quand même pour les besoins de la cause. Après avoir constaté qu'il y a effectivement des IA qui en veulent à sa peau, il décide de quitter les lieux, mais reçoit un appel au secours d'une IA qui a pris le nom de Charlie. Celui-ci le supplie de venir le chercher, car il n'en peut plus d'être tout seul et isolé depuis des millénaires. Alex se laisse convaincre par Chase de tenter le coup malgré les risques et ils réussissent, &lt;em&gt;in extremis&lt;/em&gt;, à le récupérer et à le ramener sur Rimway, la planète où ils habitent. Ce qui va entraîner Alex dans un débat sur la nature exacte des IA qui n'a jamais cessé depuis qu'elles existent. Sont-elles conscientes&amp;nbsp;? Doit-on leur accorder les mêmes droits que les Humains ? Etc. Mais Charlie n'était pas le seul Beta qui avait gardé ses esprits et il demande à Alex de faire ce qu'il peut pour que les autres Betas non hostiles coincées sur Villanueva soient évacués. Ce qui ne va pas se faire sans mal. Cette affaire constitue une intrigue secondaire pendant tout le roman.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sujet principal reste le devenir de Chris Robin, car l'objectif de vendre ses affaires au meilleur prix est toujours présent. Mais comme d'habitude, la curiosité pousse aussi Alex et Chase à poursuivre leur quête avec d'autant plus d'énergie que les obstacles s'accumulent. De plus, s'il y avait le moindre indice sérieux laissant penser qu'il avait disparu en passant dans un univers parallèle, ça serait épatant pour le commerce. Ils découvrent que, bizarrement, le savant avait été deux fois le témoin du passage inexpliqué dans l'espace d'un vaisseau inconnu. Il s'agit en quelque sorte d'OVNIs mais leur existence réelle est dûment authentifiée par les autorités. Seulement, ils ne répondent pas aux appels et disparaissent après quelques heures en s'effaçant progressivement (contrairement aux vaisseaux normaux qui passent dans l'hyperespace subitement, sans transition). Qu'il ait été présent une fois à un événement très rare se conçoit, mais deux fois… Petit à petit, il apparaît qu'il faisait des recherches sur le phénomène récurrent — environ tous les trente ou quarante ans — de ces vaisseaux qui disparaissent dans des conditions non élucidées. Et de fil en aiguille, Alex trouve de plus en plus de choses bizarres concernant Chris, par exemple le fait qu'il ait acheté quatre vieux tacots de vaisseaux spatiaux pour procéder, apparemment, à des expériences dont personne ne sait rien, mais qui ont abouti à la perte de tous les bâtiments en question. Il finit par déduire que les navires étranges qui font des apparitions épisodiques depuis des siècles sont en fait la réapparition de ces vaisseaux disparus, parfois depuis longtemps. Il suppute qu'ils sont en fait perdus dans l'hyperespace avec des commandes qui ne répondent plus, et qu'ils font surface de façon régulière et calculable. Le pourquoi et le comment, en relation avec le passage dans le sillage de trous noirs, est expliqué, suffisamment mais sans trop appuyer, grâce à l'aide d'une amie physicienne. Ce qui va les mener à essayer d'intercepter la prochaine apparition, avec l'idée qu'il y a peut-être encore des gens en vie à bord qu'il convient de secourir. Des gens qui viendraient alors d'un passé plus ou moins lointain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au total, c'est encore une fois un excellent roman, peut-être un tout petit peu lent au départ, mais néanmoins agréable de bout en bout, avec une écriture limpide et sans prétention. Les personnages sont intéressants, les spéculations sont crédibles et bien vues, l'action est bien menée. Et il n'y a ni descriptions hyperdétaillées de paysages lunaires, ni batailles interminables dans l'espace, ni manigances politiques compliquées à n'en plus finir. Pas non plus de méchants extraterrestres qu'il faut réduire en bouillie le plus vite possible (il y a, certes, les méchantes IA, mais elles ont des excuses), ni même d'ailleurs de méchants Humains, ce qui est certes peu vraisemblable, mais néanmoins rafraîchissant. Un régal, donc. J'attends le volume suivant, bien évidemment.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&quot;footnotes&quot;&gt;&lt;h4&gt;Notes&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.quarante-deux.org/cosmos/herzfeld/index.php/post/2012/01/21/Jack-McDevitt%C2%A0%3A-Firebird#rev-pnote-173-1&quot; id=&quot;pnote-173-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;] Le fait que le monde d'Alex et Chase soit curieusement très similaire au nôtre par certains côtés bien que situé en l'an 11321 selon la datation terrienne (c'est la première fois que McDevitt fournit cette information de façon précise) m'avait titillée sérieusement lorsque j'avais lu &lt;a href=&quot;http://www.quarante-deux.org/cosmos/herzfeld/index.php/post/2011/02/02/Jack-McDevitt%C2%A0%3A-Echo&quot;&gt;&lt;cite&gt;Echo&lt;/cite&gt;&lt;/a&gt;, le précédent roman dans la série, et j'en avais parlé dans mon billet. Je ne suis pas la seule car Russell Letson, dans sa critique de &lt;cite&gt;Firebird&lt;/cite&gt; parue dans le numéro de décembre 2011 de &lt;cite&gt;Locus&lt;/cite&gt;, a ressenti la même chose. Il dit que, compte tenu de l'échelle de temps et d'espace décrite, on s'attend à trouver toute sorte de possibilités sociales et humaines (ou post-humaines) exotiques. Mais la Confédération et le monde de Rimway ne sont pas seulement familiers et compréhensibles, on s'y sent carrément chez soi. Et Letson explique comment il a résolu le problème de cette dissonance. Il fait un rapprochement avec les représentations de certaines œuvres de Shakespeare où des costumes, le décor et même des accents actuels sont plaqués sur les situations dépaysantes ou inhabituelles présentées dans l'histoire. C'est comme si McDevitt avait réalisé une sorte de traduction/adaptation pour nous éviter de passer notre temps à rester bouche bée devant l'allure des immeubles, la manière dont les gens se coiffent et ce qu'il y a vraiment dans leur thé. Certes, ils ont des voitures qui volent par anti-gravité, leurs maisons disposent d'une IA et de nanotechnologie, ils peuvent vivre plus de deux cents ans, mais au fond ce sont des gens comme nous. Ils peuvent avoir des vaisseaux interstellaires, et parmi leurs voisins, un groupe extraterrestres, il n'en reste pas moins que leurs angoisses et leurs plaisirs sont bien ceux qu'on s'attend à trouver dans n'importe quelle culture à l'abri du besoin matériel. Ce qui est nécessaire au bon fonctionnement des affaires d'Alex Benedict — et des intrigues de la série —, ce sont des profondeurs historiques pleines d'énigmes, d'événements étranges, de disparitions. C'est quand on sort des salons, des bureaux et des cafés, qu'on part au-delà des quais orbitaux vers les profondeurs galactiques, qu'on va retrouver les monstres, les merveilles et les mystères. Il se peut même qu'un premier plan familier soit un élément indispensable à la réussite de la recette. Et il conclut que tout ça ne l'empêche pas d'en redemander à chaque fois. Je trouve cette analyse intéressante, même si on ne sait rien de ce qu'en pense l'auteur. En ce qui me concerne, j'en suis arrivée à me dire que c'est peut-être justement cette façon de faire qui me rend les textes de McDevitt si sympathiques.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Paul McAuley : la Guerre tranquille (the Quiet war)</title>
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    <pubDate>Sun, 20 Nov 2011 13:53:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>EllenH</dc:creator>
        <category>Lectures</category>
            
    <description>    &lt;img src=&quot;http://www.quarante-deux.org/exliibris/editions/Paris/Bragelonne/SF/la_Guerre_tranquille/la_Guerre_tranquille.i.jpg&quot; alt=&quot;&quot; width=&quot;180&quot; /&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://www.quarante-deux.org/exliibris/oeuvres/m/Paul_J._McAuley/la_Guerre_tranquille/&quot;&gt;&lt;cite&gt;La Guerre tranquille&lt;/cite&gt;&lt;/a&gt; est un roman de SF très classique. Du &lt;em&gt;space opera&lt;/em&gt; d'aventures, à la sauce &lt;em&gt;thriller&lt;/em&gt;. Des courses poursuites autour de Saturne ou Jupiter, et d'une lune à l'autre. L'intrigue raconte les diverses luttes pour le pouvoir, essentiellement entre la Terre et ses ex-colonies, les &lt;em&gt;Outers&lt;/em&gt; (traduit par Extros) qui ont pris le large à l'occasion de multiples conflits des dizaines ou des centaines d'années avant les événements du livre, et aussi pour la prééminence d'une faction terrestre ou Extro sur une autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur Terre, le Grand Brésil contrôle toutes les Amériques, les autres puissances politiques et économiques étant l'Europe et l'Asie et les pays du Pacifique. Partout, les grandes familles tiennent le pouvoir, et ceux qui ne sont pas “du sang” ne sont que citoyens de seconde zone, utilisés et manipulés comme des pions. L'objectif commun consensuel est tout de même de restaurer la Terre à son état plus ou moins pré-industriel, ou du moins à une situation écologique acceptable, ce qui n'est pas mince affaire après les siècles du pétrole et ceux du changement climatique, assortis de conflits à répétition. Les familles ont d'ailleurs leurs “Saints verts”, qui sont les scientifiques qui ont mis au point les méthodes pour tenter de réparer tout ça. On tient aussi à sauvegarder le génome humain à peu près en l'état, et toute transformation un peu radicale nécessitant des manipulations génétiques profondes est mal vue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par contre, les colonies extérieures dispersées à travers le système solaire ont pris leur indépendance et forment une société morcelée beaucoup moins conservatrice&amp;nbsp;; certains groupes parmi les plus jeunes sont même favorables à un posthumanisme sans limites. On y pratique une démocratie très directe et un peu anarchique, dans des cités-états sans politique unifiée. Les manipulations génétiques sont la norme, voire la nécessité pour survivre dans des conditions parfois très différentes de celles de la planète d'origine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a les factions pour la guerre et d'autres pour la paix, tant sur Terre que sur les colonies, chaque groupe ayant des atouts scientifiques et techniques qui intéressent l'autre. Au début de l'histoire, les tenants d'une collaboration pacifique tiennent encore les rênes, mais rapidement l'autre camp prend le dessus et manifestement le conflit sanglant ne pourra être évité. On suit donc une série de personnages&amp;nbsp;: des pilotes terriens profondément modifiés pour s'unir totalement à leur vaisseau&amp;nbsp;; des clones conçus pour être des soldats hyperperformants&amp;nbsp;; des scientifiques atteignant au génie, surtout Sri Hong Owen de la Terre, et Avernus, sa rivale enviée, chez les Extros, toutes deux consumées par leur passion à sculpter le vivant, à adapter la faune et la flore aux conditions extrêmes des géantes gazeuses et de leurs lunes&amp;nbsp;; un diplomate particulièrement sournois mû uniquement par ses intérêts et sa carrière&amp;nbsp;; des généraux et des politiciens sans scrupules&amp;nbsp;; et quelques petites gens de tous bords, militants pour la paix ou pour la guerre, ou pour leur folie personnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout n'est que traîtrise, manipulations, situations kafkaesques et à retournement où toutes les solutions sont mauvaises, et où tous les personnages sont soit utilisateurs soit utilisés, souvent les deux en même temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des courses poursuites, des bagarres et des batailles, des voyages à travers des paysages lunaires d'origine ou modifiés décrits avec un souci du détail &lt;em&gt;hard SF&lt;/em&gt; crédible et même vraisemblable. Une grande importance est accordée à la végétation génétiquement adaptée à survivre dans le vide et aux multiples technologies nécessaires pour permettre aux humains de vivre sur les lunes de Jupiter ou de Saturne dans des conditions qui semblent parfois même idylliques — quoique forcément fragiles — sous des dômes gigantesques où ils ont développé un biotope charmant, de campagne, de rivières et de jardins. Le fait que l'auteur soit botaniste de formation n'y est sans doute pas pour rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains personnages auraient probablement pu être plus intéressants, si j'avais pu apprendre à les connaître un peu, autrement que par leurs aventures à jet continu. Ils n'ont que peu le temps de penser, et le lecteur non plus. Beaucoup d'entre eux sont plutôt antipathiques et ne se posent pratiquement pas de question sur le bien-fondé de leurs actions. Ils sont &quot;tout là&quot; comme ont dit, sans aucun second degré. Des personnalités tout d'un bloc, qui foncent droit devant. Rien de très subtil, dans l'ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Heureusement, il y a un clone génétiquement modifié et complètement endoctriné, Dave nº 8, envoyé comme espion par la Terre sous l'identité fictive de Ken Shintaro, né sur Callisto, pour noyauter et saboter Paris, une ville importante de Dioné, une lune de Saturne. Il s'est toujours senti “différent” de ses “frères” et a quelques doutes sur ses capacités. Manifestement, il n'est effectivement pas tout à fait au point, car tout en accomplissant sa mission, il va peu à peu totalement s'identifier à ce Ken qu'il fait semblant d'être. Et tomber amoureux à sa façon d'une fille bizarre qui semble plus psychotique qu'autre chose. Il y a aussi Macy Minnot, ingénieur écologiste dans un projet de collaboration entre la Terre et les Extros sur Callisto qui tourne mal. Malgré son destin chaotique depuis l'enfance, elle ne semble avoir que des bonnes intentions et le désir de rester fidèle à elle-même envers et contre tous. Sans ces deux-là pour m'accrocher, je ne serais pas arrivée au bout des plus de quatre cents pages qui ne constituent en fait que la moitié de l'histoire (l'autre étant &lt;cite&gt;Gardens of the Sun&lt;/cite&gt;, non traduit à ce jour). Mais ça a été tout juste, vraiment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est certes pas un “mauvais” livre — d'ailleurs, les critiques dans les magazines anglo-saxons étaient dans l'ensemble très positives —, mais il y avait trop de grosses ficelles de &lt;em&gt;thriller&lt;/em&gt; et de cinéma d'aventure à grand spectacle et pas assez de réflexion philosophique ou psychologique à mon goût. Et même les scènes de grand &lt;em&gt;space opera&lt;/em&gt; n'ont pas le vent cosmique et ne déclenchent pas le &lt;em&gt;sense of wonder&lt;/em&gt; que j'apprécie (et que je trouve presque toujours dans les livres de Stephen Baxter). J'ai même l'impression d'en trouver parfois plus dans les textes de vulgarisation d'astronomie que je lis régulièrement&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vais-je tenter de lire la suite ? Je ne sais pas encore. Sans doute…&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Robert Charles Wilson : Axis</title>
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    <pubDate>Sun, 02 Oct 2011 15:05:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>EllenH</dc:creator>
        <category>Lectures</category>
            
    <description>    &lt;img src=&quot;http://www.quarante-deux.org/exliibris/editions/Paris/Denoel/Lunes_d%27encre/Axis/Axis.i.jpg&quot; alt=&quot;&quot; width=&quot;180&quot; /&gt;&lt;p&gt;J'ai lu l'excellent roman &lt;a href=&quot;http://www.quarante-deux.org/cosmos/herzfeld/index.php/post/2005/08/27/24-robert-charles-wilson-spin&quot;&gt;&lt;cite&gt;Spin&lt;/cite&gt;&lt;/a&gt; (gagnant du prix Hugo 2006 du meilleur roman) dès sa parution il y a plus de six ans. À l'époque, rien ne laissait penser qu'il allait s'agir d'une trilogie ; l'auteur lui-même n'avait apparemment rien prévu de tel. Mais en 2007, lors de la sortie d'&lt;cite&gt;Axis&lt;/cite&gt;, on savait qu'il y aurait un troisième volume. J'ai donc attendu la parution récente de &lt;cite&gt;Vortex&lt;/cite&gt; pour m'y mettre. Comme je ne me souvenais plus trop des détails de &lt;cite&gt;Spin&lt;/cite&gt;, j'ai décidé de le relire avant de me lancer dans sa suite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La deuxième lecture a été aussi agréable, voir plus, que la première car, connaissant le déroulement de l'histoire, j'ai pu mieux en savourer toutes les subtilités. &lt;cite&gt;Spin&lt;/cite&gt; s'achève lorsque le narrateur, Tyler Dupree, et sa femme Diane, passent sous l'arche gigantesque mise en place dans l'océan Indien par les énigmatiques “Hypothétiques”, qui ont également fait le nécessaire pour que la planète lointaine vers laquelle mène cette “porte” soit habitable par les Humains. Le couple espère pouvoir là-bas entreprendre une nouvelle vie, car sur Terre ils sont traqués par les autorités qui ne leur veulent pas du bien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;cite&gt;Axis&lt;/cite&gt; commence environ trente ans plus tard, avec un garçon d'une douzaine d'années, Isaac, qui vient de s'apercevoir qu'il arrive à discerner l'est et l'ouest, même les yeux fermés. Il est le seul enfant dans une communauté qui vit isolée dans le désert du continent Équatoria, sur la planète à laquelle on accède par la grande arche mise en place par les Hypothétiques. Les adultes, tous des &lt;em&gt;fourths&lt;/em&gt; (traduit par Quatrième Âge), se considèrent tous un peu ses parents, lui disent qu'il est spécial, et eux aussi, on le sent bien, ne sont pas tout à fait “normaux”. Une femme mystérieuse et très âgée, nommée Sulean Moï, arrive à pied au village et il apparaît rapidement qu'elle est venue à cause d'Isaac avec lequel elle noue une relation de confiance. Puis commence une pluie bizarre, faite de cendres manifestement en provenance de l'espace, qui contiennent des structures évoquant des machines ou des hybrides machine-animal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un autre côté, il y a Lise Adams, venue à Port Magellan, ville principale d'Équatoria, pour retrouver son père disparu subitement quand elle était adolescente, ou du moins savoir ce qu'il est devenu. Pour ce faire, elle tente de rencontrer toutes les personnes qu'il a connues ou côtoyées.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son ex-mari, Brian, travaille pour une agence gouvernementale qui s'occupe de traquer les Quatrième Âges. Il s'agit de ceux qui ont utilisé une technologie en provenance de la civilisation martienne (dont l'existence est expliquée dans &lt;cite&gt;Spin&lt;/cite&gt;) pour modifier leur biologie et prolonger leur durée de vie de plusieurs décennies. Ce traitement est maintenant interdit sur Terre, au nom, entre autres, de la sauvegarde du patrimoine génétique humain, et les Quatrième Âges sont donc des parias qui doivent se cacher en permanence. Et l'agence en question s'intéresse tout particulièrement à Sulean Moï.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lise avait déjà tenté d'atteindre un lieu à la lisière du désert (où se sont installés des forages pétroliers) pour essayer de rencontrer un certain docteur Dvali, ancien collègue de son père, mais une tempête avait obligé l'avion à atterrir avant d'arriver. Elle s'était donc trouvée isolée avec le pilote, Turk Findley, pendant plusieurs jours, et ça c'était plutôt bien passé… Leur relation en était restée là mais quand elle apprend que Turk a transporté Sulean Moï, dont elle a une photo prise dans un groupe avec son père, elle reprend contact avec lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le seul personnage de &lt;cite&gt;Spin&lt;/cite&gt; qu'on retrouve, c'est Diane, maintenant très vieille mais physiquement tout à fait valide. Elle s'était établie sur Équatoria, dans un village de pêcheurs avec son mari Tyler Dupree (le narrateur de &lt;cite&gt;Spin&lt;/cite&gt;) et Ibu Ina, tous deux médecins. Ils ont prodigué leurs soins à la population pendant des années et, depuis leur décès, il ne reste plus que Diane qui fait fonction d'infirmière grâce aux connaissances acquises au fil des ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a donc, d'une part, Lise qui veut rencontrer Dvali et Sulean Moï, et Turk qui, à la suite d'ennuis financiers, est sur le point de perdre son avion, donc son gagne-pain, et, d'une autre Brian, toujours amoureux de Lise, qui est contraint par des sbires de son employeur à les suivre afin de mettre la main sur Sulean Moï. Diane se retrouve également embarquée dans l'affaire. Bien entendu, de multiples liens se tissent entre toutes ces personnes, et en particulier entre Lise et Turk. De leur côté, les gardiens de l'enfant Isaac — qui est en fait le sujet d'une expérience tentée par une faction un peu extrémiste des Quatrième Âges qui pensent avoir ainsi trouvé le moyen de communiquer avec les Hypothétiques — doivent abandonner leur village pour ne pas être découverts par les agents qui traquent Sulean Moï.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En même temps, les phénomènes météorologiques étranges se reproduisent, avec chute d'une cendre qu'on pense être le résidu des machines dont seraient constitués les Hypothétiques, réseau artificiel et autoentretenu s'étendant entre les étoiles. Cette poussière, lorsqu’elle s'accumule, génère des artefacts baroques et transitoires, apparemment dotés d'une forme de vie inquiétante. Et Isaac, curieusement attiré vers un point particulier du désert où les manifestations anormales semblent se concentrer, réagit de façon violente et inexplicable lors de ces événements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce roman très agréable est assez typique de l'œuvre de Wilson&amp;nbsp;: mélange d'aventures, de relations humaines complexes et crédibles, et de manifestations mystérieuses, aussi grandioses qu'incompréhensibles qui se déroulent en ne tenant aucun compte du devenir des insignifiantes fourmis que sont les Humains. On apprend tout de même quelques petites choses sur ce que seraient les Hypothétiques et sur ce qui pourrait les motiver, si ce mot a même un sens pour cet (ces&amp;nbsp;?) être(s). Mais la question de leur nature&amp;nbsp;: sont-ils intelligents et surtout, sont-ils conscients et, si oui, s'agit-il d'un être unique ou de personnalités distinctes, revient sans cesse mais reste sans réponse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette interrogation sur le lien entre intelligence et conscience rappelle un peu celle de Peter Watts dans &lt;a href=&quot;http://www.quarante-deux.org/cosmos/herzfeld/index.php/post/2009/04/10/62-peter-watts-vision-aveugle-blindsight&quot;&gt;&lt;cite&gt;Vision aveugle&lt;/cite&gt;&lt;/a&gt;. Mais c'est bien le seul point commun entre les deux livres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;À la fin de la lecture de &lt;cite&gt;Spin&lt;/cite&gt;, j'avais été frappée par le fait que la civilisation terrienne était présentée comme en passe de s'autodétruire, ou du moins de dévaster son lieu de vie, et que l'arrivée de l'arche avec un passage vers une nouvelle planète toute neuve allait tout simplement permettre aux Humains de saccager un deuxième monde. C'est bien ce schéma qui se poursuit dans &lt;cite&gt;Axis&lt;/cite&gt;. Sur Équatoria, les colons mènent une vie de pionnier, plus libre, sans carcan administratif ou autoritaire, mais aussi plus dangereuse et précaire. Et les Hommes ne se gênent pas pour polluer, casser, piller et ramener des matières premières vers la Terre où, finalement, la vie continue pratiquement comme avant le Spin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au terme de ce deuxième volume, si les situations individuelles ont été à peu près démêlées, on ne voit pas poindre la moindre parcelle d'espoir pour une amélioration plus globale du comportement de l'être humain, et on ne sait rien d'une éventuelle solution à long terme des conséquences du Spin. Les Martiens sont pourtant présentés comme étant nettement plus attentifs à l'écologie — par la force des choses, il faut le dire&amp;nbsp;: leur biosphère est très fragile —, et ayant apparemment réussi à établir — après des millénaires tout de même — une civilisation assez harmonieuse malgré leur héritage terrestre. Je constate néanmoins qu'on ne les a pas beaucoup vus jusqu'à présent, ces Martiens si avancés — un seul personnage dans &lt;cite&gt;Spin&lt;/cite&gt; et un autre dans &lt;cite&gt;Axis&lt;/cite&gt;. Peut-être dans le tome suivant, &lt;cite&gt;Vortex&lt;/cite&gt;…&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Alexander Jablokov : Brain thief</title>
    <link>http://www.quarante-deux.org/cosmos/herzfeld/index.php/post/2011/09/11/Alexander-Jablokov%C2%A0%3A-Brain-thief</link>
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    <pubDate>Sun, 11 Sep 2011 15:46:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>EllenH</dc:creator>
        <category>Lectures</category>
            
    <description>    &lt;img src=&quot;http://www.quarante-deux.org/cosmos/herzfeld/public/Brain_thief.jpg&quot; alt=&quot;Couverture du livre&quot; style=&quot;float: right; margin: 0 0 1em 1em;&quot; title=&quot;Brain_thief.jpg&quot; /&gt;&lt;p&gt;J'avais gardé un bon souvenir de quelques textes de Jablokov lus il y a des années, de sorte que j'ai entrepris &lt;cite&gt;Brain thief&lt;/cite&gt; avec enthousiasme. En plus, les critiques le présentaient comme bien enlevé et très drôle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hélas, les premières cent pages ont été difficiles. J'avais du mal à suivre une intrigue qui ne semblait aller nulle part. J'ai failli abandonner mais finalement j'ai commencé à m'y intéresser suffisamment pour aller jusqu'au bout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le personnage principal, Bernal, travaille pour Muriel Inglis, riche excentrique qui finance des projets bizarres, parmi lesquels le clonage de mammouths pour les réintroduire dans la nature, ou la création d'un engin d'exploration de planètes extraterrestres piloté par une intelligence artificielle dénommée Hesketh. Bernal est son seul employé et s'occupe de tout, à la demande.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dès le début, Muriel disparaît dans des conditions étranges. Bernal rentre tout juste d'une mission et trouve un message cryptique de sa patronne, une carte manuscrite insérée dans une botte de cowboy, posée sur le rebord de la fenêtre de sa chambre. C'est Muriel qui lui dit d'aller au laboratoire où Hesketh est en cours d'assemblage. Juste à ce moment il entend un bruit et la voit, vêtue d'une chemise de nuit, qui coure vers le garage, et il se lance à sa poursuite. Mais ayant constaté que sa voiture était en panne, elle part chez le voisin et, le temps que Bernal arrive à la suivre, elle a disparu à bord d'une Mercedes stationnée là-bas. Un homme sort alors de la maison en hurlant que quelqu'un vient de voler sa voiture. Il apparaît rapidement qu'il s'agit en fait d'un voleur en train de dévaliser la maison voisine et qu'il a un besoin urgent d'un véhicule pour prendre la fuite. Il assomme donc Bernal avec un chien en bronze...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;À partir de là, tout le reste du livre consiste en une suite de courses poursuites et de rencontres de personnages tous plus bizarres et déjantés les uns que les autres. Bernal agit plus ou moins comme le ferait un détective privé à la recherche d'une personne disparue sans raison apparente. Mais il se débrouille nettement moins bien et va d'une source prometteuse à une autre pour constater soit qu'il a fait fausse route soit qu'il est tombé dans un piège...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toute cette action est décrite longuement, avec de multiples détails et des dialogues qui partent dans tous les sens, parfois apparemment juste pour le plaisir de la phrase. On ne peut nier que ce soit souvent inventif, certes, mais je l'ai trouvé un peu lassant à la longue. Je ne dédaigne pas les digressions (Iain M. Banks et Neal Stephenson sont des spécialistes) mais celles de Jablokov m'ont paru irrémédiablement &lt;em&gt;mainstream&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les bizarres rencontrés, il y a un certain Spillvagen, ancien employé d'une société, Long Voyage, qui s'occupe de congeler puis de conserver les corps ou les têtes de personnes décédées qui, de leur vivant, espéraient, grâce à ce procédé, revivre un jour. Il est poursuivi en permanence par Yolanda, dont l'oncle (ou plutôt sa tête) a, elle en est persuadée, subi des dommages que l'entreprise refuse d'admettre. On rencontre Charis Fen, femme au gabarit impressionnant, ancienne policière, qui connaît Muriel et travail épisodiquement pour elle. Il y a Ignacio, dont la boîte de réparation mécanique est en fait une couverture pour divers trafics, et qui a une employée, Patricia, qui lui sert aussi d'amante et de &lt;em&gt;punching-ball&lt;/em&gt;... Et d'autres encore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En arrière-plan, il y a une série de meurtres, certains avec décapitation, et le meurtrier court toujours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On comprend rapidement que Hesketh, dont on ne verra jamais que des morceaux, fonctionne en fait, non pas avec des microprocesseurs mais avec des cerveaux congelés provenant soit de têtes volées à Long Voyage, soit de personnes assassinées, d'où le titre du livre. Et, apparemment, Hesketh a des projets personnels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il m'est totalement impossible de décrire l'intrigue qui est plutôt compliquée voire confuse bien que j'aie l'impression que, possiblement, tout se tienne car à plusieurs reprises j'ai pu constater que des éléments mentionnés en passant à un endroit servent effectivement à quelque chose par la suite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a enfin la question de l'humour. J'ai lu plusieurs critiques qui décrivaient ce livre comme très drôle. J'ai peut-être souri deux ou trois fois, mais je n'ai certainement jamais ri. Bon, je trouve aussi que Mel Brooks est rarement drôle, alors c'est peut-être mon sens de l'humour qui est en cause. Pourtant, Douglas Adams, Fredric Brown et certains films du cinéma français m'ont fait rire aux éclats. Allez savoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sujet aurait, on s'en doute, pu être spéculativement intéressant, mais ce n'était manifestement pas l'objectif de l'auteur. On est essentiellement dans une suite de scènes, parfois très loufoques, qui feraient un film d'action original, avec une belle brochette de personnages plutôt minables mais hauts en couleur. L'enchaînement des événements se tient quand même suffisamment pour que j'aie eu envie de savoir comment ces aventures bancales allaient se terminer. La fin est une apothéose, toujours très cinématographique, mais sans grand intérêt science-fictif. Comme l'ensemble du livre d'ailleurs, du moins en ce qui me concerne.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>La Convention francophone de Science-Fiction 2011 à Tilff</title>
    <link>http://www.quarante-deux.org/cosmos/herzfeld/index.php/post/2011/08/25/La-Convention-francophone-de-Science-Fiction-2011-%C3%A0-Tilff</link>
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    <pubDate>Thu, 25 Aug 2011 13:53:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>EllenH</dc:creator>
        <category>Photo</category>
            
    <description>    &lt;div class=&quot;picasa&quot;&gt;
&lt;a class=&quot;picasa-album-image&quot; href=&quot;http://picasaweb.google.com/quarante.deux.org/38eConventionDeSFTilff2011?feat=embedwebsite&quot;&gt;
&lt;img alt=&quot;&quot; src=&quot;https://lh5.googleusercontent.com/-xwRmjA-5HDY/TlTH0lNLaSE/AAAAAAAABxk/5X2HDJTqATQ/s160-c/38eConventionDeSFTilff2011.jpg&quot; /&gt;
&lt;/a&gt;
&lt;div class=&quot;picasa-album-name&quot;&gt;
&lt;a href=&quot;https://picasaweb.google.com/quarante.deux.org/38eConventionDeSFTilff2011?feat=embedwebsite&quot;&gt;
38&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; Convention de SF, Tilff 2011
&lt;/a&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Voilà, la 38&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; convention nationale de SF est passée. C'était à Tilff, en Belgique, dans le château Brunsode, à côté de l'auberge de jeunesse. Un endroit très agréable, dans un grand parc, que je connaissais déjà depuis la convention de 2002. L'organisateur était, au départ, Alain le Bussy, qui n'en était pas à sa première. Hélas, le destin n'a pas permis qu'il aille jusqu'au bout de son projet et c'est son fils, Olivier, qui a repris le flambeau. Ça n'a pas dû être facile mais j'ai l'impression que de nombreux membres du fandom l'ont largement soutenu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans connaître les chiffres, je pense quand même qu'il y avait nettement moins de monde que l'année dernière, à Grenoble. Était-ce la date, pas tout à fait à la fin du mois, ou le fait que c'était en Belgique, donc un peu loin pour les sudistes&amp;nbsp;? Mystère. En tout cas, pour moi, la date était idéale et la situation géographique aussi (au nord de la Loire).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela n'a pas empêché Bridget Wilkinson de venir de sa lointaine patrie britannique. Voilà une fanne (ça de dit ?) qui m'épate. Elle sillonne l'Europe depuis des années pour participer à pratiquement toutes les manifestations de SF importantes (en particulier les EuroCon). Rien ne l'arrête, ni les difficultés linguistiques (elle parle quand même un peu le français) ni les problèmes physiques (là elle marchait avec une canne du fait d'un accident, survenu d'ailleurs en Pologne&amp;nbsp;!). Chapeau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes arrivés le vendredi vers midi et nous avons donc raté le terrible orage de la veille qui a laissé place à du beau temps pour les deux jours suivants. Ce qui a permis de se balader un peu et de flâner à l'extérieur. Nous avons cependant pris tous les repas sur place, sans avoir été tentés d'aller explorer les restaurants de la ville. C'est toujours un peu aléatoire pour nous, en tant que végétariens, mais là il y avait suffisamment de choix pour que nous trouvions de quoi mettre dans notre assiette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai malheureusement raté les traditionnels jeux organisés par Raymond Milési. Dommage. En fait, du moins pour ce que j'ai pu constater, il n'y avait jamais d'annonce très claire (avec suffisamment de décibels) lorsque quelque chose commençait à l'étage et c'était donc facile de continuer à papoter sans se rendre compte de rien. La prochaine fois, je ferai plus attention.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai quand même pu assister à quelques conférences. Celle de Carole Ecoffet sur les &quot;ondes&quot; (je ne me souviens plus du titre exact). C'était intéressant et elle a manifestement l'habitude d'essayer d'expliquer des concepts scientifiques à des enfants ou des personnes qui ont oublié tout ce qu'ils ont appris à l'école (ou qui n'ont rien appris car ils dormaient près du radiateur).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussi celle de Sara Doke sur la traduction. Je n'imaginais pas Sara si timide et troublée de parler en public. Pourtant les gens présents étaient sympas et l'ambiance détendue. Je suppose que ça ne se commande pas. L'éternelle question du degré d'adaptation de l'œuvre originale que peut (ou doit) se permettre un traducteur a été discutée. Apparemment, la réponse c'est “c'est selon”. On n'est guère surpris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis passée à l'assemblée générale d'Infini, en fait juste pour prendre quelques photos, mais je suis restée un peu pour assister aux “débats”, si l'on peut dire. Moi, j'ai l'habitude de ce genre de réunion mais je me demande bien ce que peuvent penser des personnes qui débarquent en toute innocence pour la première fois. Si on ne sait pas déjà pourquoi on est là, on ne risque pas de l'apprendre sur place. Tiens, j'en profite pour informer ceux qui ne le savent pas encore, le prix Infini a changé de nom&amp;nbsp;: c'est maintenant le prix Alain le Bussy.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a eu, comme il se doit, le vote pour le lieu de la convention dans deux ans. Et comme pratiquement chaque fois, il n'y avait qu'un seul candidat, donc peu de suspense, mais avec, cette année, une présentation avec photos. C'est donc Aubenas qui a gagné haut la main. Un peu trop au sud à mon goût, et les dates ne sont pas fixées car elles dépendent de la date de la rentrée scolaire 2013, actuellement inconnue. C'est encore loin…&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme d'habitude pour nous, l'intérêt principal de cette convention a été de revoir les vieux copains et de faire de nouvelles connaissances. Et aussi revoir certains jeunes fans qui commencent à venir régulièrement aux manifestations SF. Ça fait plaisir de constater qu'il y a une relève et que les conventions ne deviennent pas seulement un lieu de rencontre entre anciens combattants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes rentrés dimanche, complètement épuisés. On se demande bien pourquoi, sauf si c'est l'âge. J'ai trié les photos et je les ai mises sur &lt;a href=&quot;https://picasaweb.google.com/quarante.deux.org/38econventiondesftilff2011?authuser=0&amp;amp;feat=directlink&quot;&gt;Picasa&lt;/a&gt;. Il y en a bien moins que l'année dernière, et j'ai fait bien moins de portraits. Il en reste au final soixante-sept sur les deux cent cinquante prises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prochaine convention l'année prochaine à Semoy, près d'Orléans.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Stephen Baxter : Starfall</title>
    <link>http://www.quarante-deux.org/cosmos/herzfeld/index.php/post/2011/07/19/Stephen-Baxter%C2%A0%3A-Starfall</link>
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    <pubDate>Tue, 19 Jul 2011 17:59:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>EllenH</dc:creator>
        <category>Lectures</category>
            
    <description>    &lt;img src=&quot;http://www.quarante-deux.org/cosmos/herzfeld/public/Starfall.jpg&quot; alt=&quot;Starfall&quot; style=&quot;float: right; margin: 0 0 1em 1em;&quot; title=&quot;Starfall&quot; /&gt;&lt;p&gt;Comme d'habitude, Baxter est une valeur sûre. Cette novella, &lt;cite&gt;Starfall&lt;/cite&gt; (non traduite à ce jour), est un épisode du &lt;cite&gt;Cycle des Xeelees&lt;/cite&gt;, et se passe entre l'an 4771 et 4820. La Terre est le centre d'un (petit) empire stellaire qui inclut le Système solaire et les étoiles les plus proches, dont Alpha du Centaure. Les colons d'Alpha montent une expédition dont l'objectif apparent est de se libérer de la tutelle de la Terre, et de démettre par la même occasion l'impératrice Shira XXXII qui, pourtant, ne semble pas être une despote abominable. Les armes prévues sont terribles, et même disproportionnées par rapport à l'enjeu&amp;nbsp;; en tout cas, elles devraient donner aux rebelles une chance face à la puissante armée terrienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme le système de trous de vers, du moins ceux entre Sol et Alpha, qui permettait de s'affranchir de la limite luminique a été mis hors service sur ordre de l'impératrice, le voyage va prendre très longtemps et, pour une partie des troupes, s'étendre même sur plusieurs générations. Les problèmes techniques et humains de relativité que posent les voyages à des vitesses proches de &lt;em&gt;c&lt;/em&gt; sont bien vus et l'auteur ne s'appesantit pas, considérant manifestement que le lecteur connaît suffisamment le sujet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire est bien menée, et on suit le déroulement des opérations tantôt du côté des Alphans, tantôt du côté des Terriens, aucun des deux n'étant présenté comme un “bon” ou comme un “méchant”.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a quelques références à des événements ou à des personnages rencontrés dans d'autres textes de la série, ce qui fait qu'il est sans doute préférable d'être un peu au fait de cette histoire future pour bien apprécier les détails.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fin est un peu trop vite expédiée à mon goût, mais les textes courts de Baxter sont souvent si riches qu'il y aurait eu matière à roman. Et comme ce n'est qu'un épisode dans une grande fresque, ce n'est pas trop gênant. En fait, ça me donne surtout envie de lire d'autres histoires dans la série.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc, une histoire certainement conseillée aux amateurs, mais pas comme introduction, ni au &lt;cite&gt;Cycle des Xeelees&lt;/cite&gt;, ni plus généralement à l'œuvre de Baxter.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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      </item>
    
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    <title>John Gribbin : Timeswitch</title>
    <link>http://www.quarante-deux.org/cosmos/herzfeld/index.php/post/2011/07/11/John-Gribbin%C2%A0%3A-Timeswitch</link>
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    <pubDate>Mon, 11 Jul 2011 17:15:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>EllenH</dc:creator>
        <category>Lectures</category>
            
    <description>    &lt;img src=&quot;http://www.quarante-deux.org/cosmos/herzfeld/public/Timeswitch.jpg&quot; alt=&quot;Timeswitch&quot; style=&quot;float: right; margin: 0 0 1em 1em;&quot; title=&quot;Timeswitch&quot; /&gt;&lt;p&gt;Je viens de lire un court roman (172 pages) que j'ai fort apprécié, et dont le titre, &lt;cite&gt;Timeswitch&lt;/cite&gt;, était pour moi irrésistible. L'auteur, John Gribbin, docteur en astronomie, n'est pas très connu pour sa fiction car il en a peu écrit, mais l'est beaucoup plus dans d'autres domaines où il a à son actif une centaine de livres de vulgarisation scientifique, ainsi que des biographies de savants célèbres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire débute en Angleterre, en 1966, près d'une ville nommée Sarum (qui, pour les moins ignares que moi en histoire et géographie de l'Angleterre, donnait déjà un indice majeur). C'est une petite ville en comparaison avec la capitale, Winchester... La situation climatique n'est pas brillante : chaleur, sécheresse, au point que le sud du pays est en voie de désertification. Le monde est dans l'état où sera peut-être le nôtre dans un avenir pas si lointain que ça. Jan Ricardo arrive au Complexe, lieu secret et fort sécurisé, pour aider les responsables à tirer au clair la découverte d'un intrus dans les locaux, intrus qui lui ressemble comme deux gouttes d'eau et qui prétend d'ailleurs être Jan Ricardo, en provenance de 1968. Matt, scientifique et ami de Jan, et MacNeil, le patron du lieu, refusent de le croire car cela signifierait que la mission secrète qu'ils sont en train de préparer sera un échec. En effet, le Complexe a été créé autour d'une machine découverte dans des cavernes souterraines, juste sous un cercle de pierres (devinez lequel) en surface. Ils ont réussi à la mettre en marche et ont compris qu'il s'agissait d'une porte à travers l'espace-temps. D'où l'idée d'envoyer quelqu'un dans le passé pour modifier l'Histoire juste comme il faut dans l'espoir d'éviter la situation écologique catastrophique dans laquelle se trouve la Terre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne vais pas raconter l'histoire, trop compliquée à résumer, et je me contenterai de donner quelques éléments que j'ai trouvés tout particulièrement amusants. On apprend que, dans ce monde, les savants du passé qui font telle ou telle découverte, en particulier en physique ou en astronomie, portent souvent les mêmes noms que ceux que nous connaissons, mais tout semble s'être produit beaucoup plus tôt : la relativité c'est Newton, alors que les lois du mouvement c'est Galilée. Toute l'histoire est ainsi bousculée, avec un Empire britannique qui règne sur une grande partie de la planète, dont pratiquement toute l'Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'intrigue consiste essentiellement à suivre Jan à travers le temps et donc à travers les univers possibles, pour essayer de faire en sorte que le vrai univers, celui qui existe dans la réalité, ne soit pas celui où la révolution industrielle est arrivée trop tôt, avant que les humains aient été capables de comprendre leurs erreurs et, ils l'espèrent, de faire le nécessaire pour les corriger. Cela devient vite une course contre le temps en quelque sorte, alors que le voyageur se multiplie et se croise lui-même, au point qu'il ne sait plus trop quel Matt, ou quel chef, a dit ou fait telle ou telle chose et dans quel univers. On remonte donc d'abord de trois cents ans, puis de six cents, puis de neuf cents... Arrivée en 1066, même moi, nulle en histoire, je savais à quel événement d'importance on allait assister.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le tout est fort bien enlevé et le mélange de vraie science actuelle et d'une solide aventure, avec séjours dans diverses périodes d'un passé qui n'est pas tout à fait le nôtre, donne un récit qui rappele la bonne vieille SF classique agréablement remise au goût du jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Recommandé aux amateurs qui lisent en VO, en attendant une très hypothétique traduction.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Michael Flynn : Up Jim River</title>
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    <pubDate>Mon, 02 May 2011 10:17:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>EllenH</dc:creator>
        <category>Lectures</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.quarante-deux.org/cosmos/herzfeld/public/Up_Jim_River.jpg&quot; alt=&quot;Up Jim River&quot; title=&quot;Up Jim River&quot; /&gt;En rédigeant mes impressions après avoir terminé un livre, j'ai jusqu'à présent fait attention à ne pas dévoiler des éléments qui pourraient gâcher le plaisir de futurs lecteurs. C'est une attitude que j'ai peut-être apprise à force de lire, depuis des années, les critiques dans &lt;cite&gt;Locus&lt;/cite&gt; où les chroniqueurs évitent en principe les &lt;em&gt;spoilers&lt;/em&gt; (terme qui serait traduit par béquet, mais que je n'ai jamais vu ou entendu utiliser en pratique).&lt;a href=&quot;http://www.quarante-deux.org/cosmos/herzfeld/index.php/post/2011/05/02/Michael-Flynn%C2%A0%3A-Up-Jim-River#pnote-162-1&quot; id=&quot;rev-pnote-162-1&quot;&gt;&lt;sup&gt;[1]&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt; C'est sans doute une bonne chose pour les lecteurs, mais dans mon cas, ça a des inconvénients. Car si j'écris, c'est un peu pour moi, pour pouvoir me remémorer mes impressions d'un roman. Mais comme je ne raconte pas l'histoire dans sa totalité ni jusqu'au bout, si j'oublie les détails de l'intrigue et même le dénouement, ce n'est pas la relecture de mes écrits qui va m'aider. Ce qui n'a en général pas beaucoup d'importance, sauf dans le cas précis d'un deuxième tome qui est publié assez longtemps après le premier et où la connaissance des événements du premier est utile pour bien comprendre la suite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ce qui s'est passé avec &lt;cite&gt;Up Jim River&lt;/cite&gt;, qui est une suite directe de &lt;a href=&quot;http://www.quarante-deux.org/cosmos/herzfeld/index.php/post/2009/03/09/61-michael-flynn-the-january-dancer&quot;&gt;&lt;cite&gt;the January dancer&lt;/cite&gt;&lt;/a&gt;, que j'ai lu il y a plus de deux ans. De sorte qu'après avoir commencé le nouveau, je suis partie relire les dernières pages du premier pour pouvoir m'y retrouver. J'aurais pu me douter que l'auteur n'en avait pas terminé car la fin de &lt;cite&gt;the January dancer&lt;/cite&gt; m'avait parue incomplète, comme je l'ai écrit à l'époque. Lorsque je sais d'avance qu'il y aura une suite, j'attends d'avoir l'ensemble avant de me lancer. Par exemple, j'ai lu &lt;a href=&quot;http://www.quarante-deux.org/cosmos/herzfeld/index.php/post/2005/08/27/24-robert-charles-wilson-spin&quot;&gt;&lt;cite&gt;Spin&lt;/cite&gt;&lt;/a&gt; de Robert Charles Wilson sans savoir que ce n'était pas tout (l'auteur ne le savait peut-être pas lui-même au départ). Mais quand &lt;cite&gt;Axis&lt;/cite&gt; est sorti, je ne l'ai pas lu car je savais qu'un troisième volume était prévu. &lt;cite&gt;Vortex&lt;/cite&gt; est imminent et je me demande bien si je ne vais pas carrément relire &lt;cite&gt;Spin&lt;/cite&gt; avant de commencer. C'est un suffisamment bon livre pour que ce soit envisageable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour en revenir au sujet de ce billet, les événements d'&lt;cite&gt;Up Jim River&lt;/cite&gt; commencent vingt ans après l'affaire du &lt;em&gt;January Dancer&lt;/em&gt;. Dans le premier volume, un chapitre sur deux se passe sur la planète Jéhovah, où l'homme balafré raconte à la jeune harpiste l'histoire du Danceur qui remonte à vingt ans, mais qu'on suit comme si on y était dans les autres chapitres. Donc ici, on retrouve la harpiste et l'homme balafré qui a fini son récit. La harpiste, Méarana — née après les événements décrits —, est la fille de Bridget ban, héroïne du précédent volume. Celle-ci a disparu deux ans auparavant, sans laisser de trace. Elle a été recherchée pendant un temps par ses collègues Hounds mais ils la croient morte, car une Hound ne reste pas absente si longtemps sans donner de nouvelles au “chenil”. Méarana s'est mis en tête de retrouver sa mère, ou du moins de savoir où, comment et pourquoi elle est morte, si c'est le cas. Car une Hound ne part pas comme ça sans bonne raison, et ne rate pas sa mission pour des broutilles. Donc, elle cherchait forcément quelque chose d'important, et si elle a péri ça devait être dans des circonstances hors de l'ordinaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle arrive à convaincre l'homme balafré de l'accompagner. Il s'agit en fait du personnage principal du précédent livre, tantôt le Fudir, tantôt Donovan, qui à la fin s'était approprié le Danceur convoité par tous et, ayant compris le danger qu'il représentait, l'avait fait disparaître. Mais il a été pris par Ceux du Nom, maîtres de la Confédération qu'il avait trahis. Ceux-ci, pour le punir, lui ont littéralement découpé le cerveau de telle manière qu'il est maintenant habité par sept personnalités partielles, parfois antagonistes mais en fait complémentaires. Elles vont plus ou moins se chamailler pendant une bonne partie du roman, et prennent, pour quelques-unes d'entre elles, tour à tour les rênes du corps qu'elles partagent. Par exemple, le Pédant, celui qui dispose de la très excellente mémoire à long terme du héros, est toujours en train de la ramener car il a engrangé beaucoup de connaissances au fil du années. Son attitude — à l'origine de son surnom — agace les personnalités dominantes, celles de Donovan et du Fudir, qui l'envoient parfois balader, avec comme résultat qu'il boude et se retire, refusant de participer aux affaires et privant de ce fait le personnage d'informations qui seraient très utiles. De même, le Limier qui concentre les capacités de déduction, se fait parfois désirer et ne livre pas ses cogitations au moment opportun. Il y a l'Enfant intérieur, qui a peur de tout et cherche toujours la solution la moins risquée, et la Brute, celui qui se régale quand il y a de la castagne. Ce dernier arrive même a prendre le contrôle du corps pendant que les autres dorment et va à la salle de gym pour se maintenir en forme. Le résultat est que l'être multiple n'est pas toujours très opérationnel, mais c'est aussi un des aspects les plus intéressants et amusants de l'histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils partent donc avec l'idée de suivre le chemin qu'a parcouru Bridget afin de récolter le plus d'indices possible sur sa trajectoire finale. Ce qui est l'occasion de visiter des planètes hautes en couleur et fort variées, à bord de vaisseaux où ils voyagent tantôt en première classe, tantôt quasiment dans la soute. (Il y a une carte au début du livre mais je ne l'ai pas trouvée très utile.) Sur l'une, Harpaloon, ils prennent la défense d'un pauvre type, Billy Chins, sur le point de se faire lyncher par une bande de voyous. Comme celui-ci est tenu par ses coutumes de servir, quasiment comme un esclave, celui qui lui a sauvé la vie, ils se retrouvent à voyager à trois. Sur une autre, Boldly Go, matriarchie interdite aux mâles sous peine de mort (après avoir fait office de fournisseur de matériel génétique), ils arrivent à obtenir la libération d'un homme, Teodorq Nagarajan, qui deviendra leur garde du corps. Et ainsi de suite jusqu'au dénouement final.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les premiers deux tiers du livre l'intrigue avance à très petits pas et a eu du mal à maintenir mon intérêt. L'essentiel est dans le décor et la description des lieux et des personnages, l'action consiste en grande partie à suivre les protagonistes qui vont d'un endroit à un autre, en espérant trouver à chaque étape un petit quelque chose qui leur indique où aller ensuite. Il leur faut décrypter des messages sibyllins laissés par Bridget et comprendre pourquoi elle s'était intéressé à certains livres anciens. Finalement, ils partent vers les contrées sauvages, hors des chemins habituels qui relient les planètes civilisées et technologiquement avancées. Là, sur une planète dont les habitants sont encore très primitifs, dans une zone extrêmement difficile d'accès, il y aurait un objet céleste étrange, considéré comme un dieu par les indigènes, qui viendrait régulièrement les visiter, pour féconder la terre mais aussi apporter la destruction. Ils ont des raisons de penser que c'est cet artefact qui intéressait la mère de Méarana. Pour parvenir à l'endroit en question, il faut remonter une rivière avec de nombreuses gorges et chutes d'eau impraticables et ils doivent, pour y parvenir, être aidés par les membres pas très engageants des tribus successives trouvées sur le chemin. Les aventures s'accumulent donc dans le dernier tiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[Un paragraphe, qui aurait été le suivant, est reporté en note&lt;a href=&quot;http://www.quarante-deux.org/cosmos/herzfeld/index.php/post/2011/05/02/Michael-Flynn%C2%A0%3A-Up-Jim-River#pnote-162-2&quot; id=&quot;rev-pnote-162-2&quot;&gt;&lt;sup&gt;[2]&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt; car j'y raconte tout jusqu'à la fin. Donc, &lt;em&gt;caveat lector&lt;/em&gt;.]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'écriture n'est pas pour rien dans l'attrait de ce livre. Le style est indiscutablement de niveau supérieur avec un quelque chose de rythmé et d'archaïque qui crée une ambiance très spécifique et marquante, ce que j'avais déjà noté dans le premier volume et que j'ai instantanément reconnu ici. Les divers langages et dialectes sont rendus en partie par des néologismes astucieux, en partie par des jeux sur la syntaxe et la grammaire, le tout assaisonné d'une forte sauce celtique que j'ai trouvée très bien faite et même amusante à décrypter. Un autre point fort est la façon très soigneuse dont l'auteur construit l'intrigue. Chaque événement compte, rien de ce qui est présenté n'est inutile et des incidents apparemment peu importants du début s'avèrent être des éléments nécessaires pour la suite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, malgré l'habillage somptueux, le fond se résume à une histoire de voyages et d'aventure, bien faite, avec quelques retournements, quelques personnages qui ne sont pas ce qu'ils semblent être et un dénouement bien mené mais un peu décevant. Mon problème principal est qu'il n'y a pas beaucoup de philosophie ni de “spéculation” au sens où je l'entends, c'est-à-dire de la réflexion sur le devenir de l'homme face au changement. Les protagonistes ne sont pas très introspectifs, même pas l'homme balafré, avec ses personnalités multiples. Méarana ne sort pas tellement du rôle de petite fille à la recherche de sa maman et c'est tout, même si elle est pleine de courage et sait manier l'arme blanche. Et malgré les nombreux systèmes visités et les descriptions parfois à rallonge de toutes les zones de la région du bras de la galaxie où ça se passe, je n'y ai absolument rien trouvé de cosmique. De sorte que je n'ai pas l'impression d'avoir été récompensée à la hauteur des efforts que j'ai dû fournir du fait de la complexité de l'écriture. C'est pour ça que finalement, tout en reconnaissant ses multiples qualités, je n'ai aimé ce livre que moyennement. Ce qui ne veut pas dire que je ne lirai pas le prochaine épisode, car Donovan-Fudir reste un héros inhabituel et attachant, et ma curiosité naturelle me poussera certainement à vouloir connaître la suite de ses aventures.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&quot;footnotes&quot;&gt;&lt;h4&gt;Notes&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.quarante-deux.org/cosmos/herzfeld/index.php/post/2011/05/02/Michael-Flynn%C2%A0%3A-Up-Jim-River#rev-pnote-162-1&quot; id=&quot;pnote-162-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;] Il y a un endroit où j'ai lu des vrais résumés qui dévoilent tout : &lt;cite&gt;l'Année de la Fiction&lt;/cite&gt; chez Encrage. En général, ça me coupait complètement l'envie de lire le livre. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.quarante-deux.org/cosmos/herzfeld/index.php/post/2011/05/02/Michael-Flynn%C2%A0%3A-Up-Jim-River#rev-pnote-162-2&quot; id=&quot;pnote-162-2&quot;&gt;2&lt;/a&gt;] Le dieu de la légende s'avère être en fait un gigantesque vaisseau de l'ancienne civilisation du Commonwealth, parti avec une cargaison de colons qui auraient dû s'installer sur une nouvelle planète dès que les machines avait fini de la terraformer. Manifestement, une première vague de colons a pu être débarquée et les habitants actuels sont leurs lointains descendants. Mais avant que le projet n'ait pu être mené à son terme quelque chose a endommagé le vaisseau et ses systèmes internes tournent maintenant en boucle. Les colons restés à bord en hibernation sont pour la plupart morts. L'intelligence artificielle qui gérait tout ça n'a plus la notion du temps passé et pense à chaque cycle qu'elle arrive tout juste pour terraformer la planète. C'était bien ça que Bridget cherchait car les technologies du Commonwealth étaient dans certains domaines très en avance sur celles actuellement en cours. Ce qui explique qu'elle ait pu être capturée par l'IA psychotique du vaisseau. Le petit groupe a réussi à monter à bord du vaisseau ancien et découvre Bridget dans un module d'hibernation car l'IA est persuadée que tout humain qu'elle trouve en train de circuler ne peut être qu'un colon qui s'est réveillé avant l'heure. Après une bataille épique ou Bridget, Méarana et Donovan-Fudir doivent échapper d'un côté à une machine monstrueuse activée par l'IA pour les attraper et d'un autre à Billy Chins qui s'avère être un vrai ou faux traître selon son point de vue (on savait déjà qu'il était en réalité un agent de la Confédération mais il avait apparemment tourné sa veste). Donovan-Fudir (qui a avoué être le père de Méarana) est presque tué mais lui et les deux femmes arrivent à s'échapper, au prix de la destruction du vaisseau qui était le but de la quête de Bridget. Une destruction de merveille technologique que ne renierait pas Jules Verne. Méarana et Bridget repartent chez eux, Donovan-Fudir retourne sur Jéhovah où il se retrouve dans son bar habituel. Et à la dernière minute, un autre des personnages du premier volume réapparaît, Ravn Olafsdottr, agent de la Confédération qui vient informer Donovan que Ceux du Nom ont de nouveau besoin de lui. Voilà qui annonce clairement une suite.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Charles Yu : How to live safely in a science fictional universe</title>
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    <pubDate>Sun, 03 Apr 2011 14:05:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>EllenH</dc:creator>
        <category>Lectures</category>
            
    <description>    &lt;img width=&quot;180&quot; src=&quot;http://www.quarante-deux.org/cosmos/herzfeld/public/How_to_live_safely.jpg&quot; alt=&quot;How to live safely in a science fictional  universe&quot; title=&quot;How to live safely in a science fictional  universe&quot; /&gt;&lt;p&gt;C'est très difficile de parler de ce livre, &lt;cite&gt;How to live safely in a science fictional universe&lt;/cite&gt;, titre qu'on peut traduire littéralement par &lt;cite&gt;Comment vivre en sécurité dans un univers science-fictif&lt;/cite&gt;, premier roman surprenant de Charles Yu. Mais je vais essayer quand même.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a une histoire, si l'on peut dire. Le narrateur — son nom est Charles Yu — est un «&amp;nbsp;technicien certifié pour véhicules chronogrammaticaux à usage personnel de class T&amp;nbsp;», plus simplement un réparateur de machines à voyager dans le temps. Son travail consiste à porter secours aux clients de son employeur qui ont loué un véhicule temporel pour s'amuser et qui se sont retrouvés dans une mauvaise passe, en général parce qu'ils n'ont pas respecté les consignes et ont essayé de changer le passé. Ce qui de toute façon était vain car ce n'est pas possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le plan personnel, il a décidé de ne plus vivre de façon chronologique — pour lui, dans un sens ou dans un autre, c'est pareil — et passe son temps enfermé dans sa machine (un modèle TM-31 de base qui a la forme d'une boîte allongée) dans une zone intermédiaire, entre les “temps”. Son problème est qu'il ne sait pas trop quoi faire de sa vie. Son seul but concret est de retrouver son père, qui a disparu, parti il ne sait ni où ni quand.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les notions de fiction et de science-fiction prennent une signification toute particulière avec une interpénétration de la réalité, de l'histoire elle-même mais aussi de la narration, et par ricochet une superposition de tout ça dans la tête du lecteur. L'univers du livre est explicitement science-fictif — au sens propre — car il s'agit de l'univers mineur 31 (structure spatio-temporelle appartenant à Time Warner Time), qui a été un peu raté lors de sa construction et qui n'a jamais été terminé. Il est donc un peu bancal et ses habitants pas toujours très au point.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une bonne partie du livre consiste en des réminiscences de scènes de l'enfance du narrateur. Enfance passée à aider son père, génie méconnu, à mettre au point, dans leur garage, une machine à voyager dans le temps. Ce père, triste et distant mais admiré, avec lequel il n'a jamais pu vraiment communiquer, le hante en permanence. Il revoit dans le plus infime détail les scènes de bonheur (rares) et de peine, et rumine les moments où il a peut-être fait le mauvais choix, pris la mauvaise décision, où il aurait peut-être pu faire en sorte que la suite des événements soit différente. On rend visite aussi à sa mère qui, elle, a décidé de passer le reste de ses jours dans une sorte de boucle temporelle où elle revit indéfiniment la même heure idéalisée (plus long c'est trop cher) de sa vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;À la première page, le narrateur vient de se rencontrer lui-même et a tiré une balle dans le ventre de son incarnation future. C'est-à-dire qu'il s'est tué lui-même. On saura plus tard que cet acte l'a placé dans une boucle temporelle et qu'à la dernière minute, le Charles du futur (celui qui reçoit la balle) donnera au Charles du passé (celui qui tire et qu'on suit depuis le début… mais c'est évidemment le même) un livre, devinez lequel… Ce livre qu'il a écrit et qu'il devra écrire, au mot près. Bref des paradoxes à tiroir qui sont en fait l'occasion de disserter sur la vie, l'univers et le reste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout le livre est une sorte de méta-fiction à propos de la science-fiction elle-même, avec de nombreuses références, des jeux de mots, des jeux sur la langue (bonjour pour la traduction). On y trouve du jargon pseudo-scientifique qui ne se prend pas au sérieux mais qui parfois pourtant ressemble à de la vraie &lt;em&gt;hard SF&lt;/em&gt;, et aussi une intelligence artificielle de sexe féminin et un chien. L'IA, nommée TAMMY, est en fait le système d'exploitation de sa machine — on choisit son sexe lors de la première mise en route — mais c'est aussi quasiment la seule compagnie “humaine” du narrateur. Le chien, Ed, n'a pas d'existence réelle mais est quand même bien présent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est également, et sans doute essentiellement, une réflexion psychologique et philosophique sur la vie, sur ce qu'on en fait, comment on peut la passer sans jamais vraiment exister au présent, et sur ce qu'il faudrait peut-être faire pour mieux la vivre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est donc un livre étonnant, qui sort vraiment des sentiers battus — du moins des miens. Par certains côtés, il se rapproche de la littérature “ordinaire” par sa préoccupation centrée sur la très petite histoire personnelle du narrateur et par son côté métaphorique certain. Heureusement, les éléments de SF sont suffisamment indiscutables et solides pour ne pas passer du mauvais côté de la barrière. Le tout est, à mon avis, très original&amp;nbsp;; la seule comparaison qui me vienne à l'esprit sur le plan de l'impression générale c'est Kurt Vonnegut, ce qui, de ma part, est un compliment de taille.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Jack McDevitt : Echo</title>
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    <pubDate>Wed, 02 Feb 2011 14:18:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>EllenH</dc:creator>
        <category>Lectures</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;&lt;cite&gt;Echo&lt;/cite&gt; est le cinquième livre dans la série de McDevitt qui raconte les aventures de l'antiquaire-archéologue Alex Benedict et de son assistante-pilote Chase Kolpath. Manifestement, l'auteur a trouvé un filon qu'il exploite avec allégresse. Il y a toujours un mystère à élucider, souvent initié par un objet ancien ou inconnu. Pour résoudre l'énigme, Chase et Alex doivent se déplacer à travers la galaxie, parfois en prenant de gros risques, et ce qu'ils découvrent apporte en général des informations nouvelles sur le passé plus ou moins ancien de l'Humanité.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette fois-ci, l'affaire est lancée lorsque Chase tombe par hasard sur une petite annonce qui propose gratuitement, à qui voudra se donner la peine de l'emporter, une sorte de stèle en pierre, d'apparence ancienne, portant des inscriptions dans une langue inconnue. Mais avant qu'elle n'ait eu le temps d'aller le chercher, l'objet est embarqué par quelqu'un d'autre. Intrigués, nos deux amis entreprennent de le retrouver pour pouvoir au moins l'examiner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils découvrent ainsi que la pierre appartenait à un certain Somerset Tuttle, mort depuis près de trente ans, qui avait consacré sa vie à la recherche d'extraterrestres autres que les Ashiyyurs, rencontrés plusieurs fois dans les épisodes précédents, en particulier dans &lt;a href=&quot;http://www.quarante-deux.org/cosmos/herzfeld/index.php/post/2010/06/04/72-jack-mcdevitt-the-devil-s-eye&quot;&gt;&lt;cite&gt;the Devil's eye&lt;/cite&gt;&lt;/a&gt;. C'était un excentrique, connu surtout pour son obstination à poursuivre cette quête que beaucoup estiment vaine, convaincus qu'ils sont qu'en dehors des humains et de leurs multiples colonies, certaines perdues et oubliées, et des Ashiyyurs, il n'y a rien à trouver nulle part. Néanmoins, pour des raisons inconnues, Tuttle avait pris sa retraite prématurément et était mort peu de temps après.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La stèle a été récupérée par Rachel Bannister, une ancienne pilote et amie de Tuttle. Elle avait, bizarrement, abandonné son métier à peu près à l'époque où Tuttle cessait ses recherches. Interrogée par Alex, elle prétend avoir fait jeter la pierre dans la rivière, mais ses explications sont peu convaincantes. Elle se montre particulièrement peu disposée à répondre à leurs questions, ce qui ne fait, bien évidemment, qu'attiser leur curiosité. Alex et Chase se mettent donc à enquêter sérieusement sur tout ce qui tourne autour de Tuttle et de Bannister. Ils fouillent les archives, rencontrent des gens qui ont pu les connaître à l'époque et découvrent ainsi peu à peu un faisceau d'éléments qui laissent penser qu'il s'est passé quelque chose de grave il y a une trentaine d'années, quelque chose qui a marqué de façon indélébile la vie d'un certain nombre de personnes, toutes plus réticentes les unes que les autres à s'étendre sur le sujet. Alex pense qu'en fait Tuttle a trouvé trace d'une civilisation extraterrestre inconnue et qu'il a, de manière inexplicable, caché sa découverte. De même, ils n'arrivent pas à comprendre l'attitude étrange de ceux qui ont été au contact de Tuttle et de Bannister au moment des événements supposés. S'y ajoutent rapidement quelques tentatives d'assassinat d'allure professionnelle qui rendent la poursuite de leurs recherches de plus en plus dangereuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;À la fin, tout est expliqué, et on comprend pourquoi la découverte — car découverte d'une civilisation il y a bien eu — a été tue par tous ceux qui en avaient eu connaissance. Il y a de plus une surprise finale qui n'est qu'une cerise sur le gâteau, mais que j'avais devinée bien avant. Je n'en dis pas plus pour ne pas gâcher le plaisir du lecteur futur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc, au total, une enquête intéressante et bien ficelée qui, comme les fois précédentes, est l'occasion de visiter des coins inconnus de la galaxie et de rencontrer une brochette variée de plus ou moins gentils et de plus ou moins méchants. Tout au long du roman, on trouve des passages qui décrivent une ambiance bien vue de tristesse devant le vide apparent de notre vaste univers, au point que l'esprit de découverte des humains semble s'être en grande partie atrophié. Les possibilités techniques qui permettent de parcourir des années-lumière en quelques semaines ne servent plus qu'à faire des allers-retours sans surprises pour transporter marchandises et voyageurs sur des parcours balisés. S'il s'agit d'aller dans des zones inexplorées, ce n'est jamais que pour vérifier rapidement qu'on peut y amener sans danger quelques touristes huppés pour une croisière de luxe, où ils seront plus occupés à festoyer qu'à visiter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgré le côté indiscutablement agréable et distrayant de l'histoire, j'ai eu quelques problèmes de dissonance assez sérieux en cours de lecture, surtout pendant les passages plus lents lorsque je n'étais pas prise par l'action. Premièrement, où est passée la relativité&amp;nbsp;? Alex et Chase vivent apparemment à une époque située à plusieurs milliers d'années dans l'avenir. Le voyage et la transmission de messages plus vite que la lumière sont des acquis de longue date. Il n'y a jamais aucune explication, ce qui peut se comprendre, car il n'est guère utile d'entrer dans le détail du fonctionnement d'un moteur à combustion dans un roman situé à notre époque. Mais ce qui me gêne, c'est qu'il n'y a apparemment pas plus de conséquences en rapport avec la relativité qu'il y en a pour des voyages sur Terre aujourd'hui. Là, j'ai quand même du mal. Il y a, me semble-t-il, de la place entre des textes de &lt;em&gt;hard science&lt;/em&gt; pur jus où les lois de la physique telle que nous la connaissons sont respectées au maximum — donc &lt;em&gt;c&lt;/em&gt; est la limite ultime — et l'attitude qui consiste à esquiver complètement le problème, comme le fait McDevitt ici. Baxter et Stross ont besoin, pour certaines de leurs histoires, du voyage supraluminique, mais ils arrivent habilement à sauvegarder et la chèvre et le chou.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je passe rapidement sur le fait que les gens vivent plusieurs centaines d'années, au moins deux cents, mais on ne voit guère d'impact sur la structure de la société.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le plus dur à avaler pour moi, c'est le fait qu'en sept ou huit mille ans (ce n'est jamais dit clairement, mais c'est au moins ça), beaucoup de choses de la vie courante n'ont quasiment pas changé&amp;nbsp;: les gens lisent des livres en papier, vont dans des restaurants et des boîtes de nuit qui ressemblent comme deux gouttes d'eau à ce qu'on connaît maintenant. Il y a toujours un “web”, des &lt;em&gt;talk shows&lt;/em&gt; sur une télé qui est apparemment plus ou moins en 3D ou holographique, mais c'est tout, le fond étant toujours le même. Et j'en passe. On visite un village qui a une église et une synagogue. Pourquoi uniquement ces deux-là ? Et pas un mot de l'évolution des religions. Et ainsi de suite. J'ai eu un peu la même impression qu'en lisant je ne me souviens plus quel texte &lt;a href=&quot;http://www.quarante-deux.org/cosmos/herzfeld/index.php/post/2011/02/02/Jack-McDevitt%C2%A0%3A-Echo#pnote-160-1&quot; id=&quot;rev-pnote-160-1&quot;&gt;&lt;sup&gt;[1]&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt; qui se passe dans des milliers d'années et où l'utilisateur doit taper F1 sur le clavier de son ordinateur pour obtenir de l'aide… À l'époque, j'avais ouvert des yeux ronds… était-ce vraiment possible d'écrire ça ? Manifestement, oui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout ceci est en contraste extrême avec d'autres livres que j'ai lus ces dernières années (ceux de Wright, et certains de Stross en particulier) où, au contraire, le lecteur se prend le choc du futur de plein fouet avec un monde et une histoire tellement “autres” qu'ils en deviennent difficiles à comprendre, ou bien tellement éloignés de notre vécu qu'il n'est plus possible de s'identifier aux protagonistes, quand ce n'est pas les deux à la fois. Finalement, j'ai l'impression que l'écriture d'une Science-Fiction située dans l'avenir un peu lointain est un art très exigeant où toute la difficulté est de trouver un équilibre intellectuellement et esthétiquement satisfaisant entre le trop étrange, trop différent, et le pas assez. Mais pour dire vrai, si je préfère évidemment quand cet équilibre est trouvé, ce qui arrive tout de même souvent, quand il s'agit de lire pour le plaisir et la détente, la solution, que l'appellerais de facilité, m'est tout à fait acceptable. Ce qui veut dire que, malgré ces réserves, j'ai bien aimé ce roman sans prétention, que je pardonne à McDevitt ce que je considère comme de petites fausses notes, et que je lirai certainement, dès sa sortie, la suite des aventures d'Alex et de Chase, dans le roman &lt;a href=&quot;http://www.quarante-deux.org/cosmos/herzfeld/index.php/post/2012/01/21/Jack-McDevitt%C2%A0%3A-Firebird&quot;&gt;&lt;cite&gt;Firebird&lt;/cite&gt;&lt;/a&gt;, qu'il vient de terminer.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&quot;footnotes&quot;&gt;&lt;h4&gt;Notes&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.quarante-deux.org/cosmos/herzfeld/index.php/post/2011/02/02/Jack-McDevitt%C2%A0%3A-Echo#rev-pnote-160-1&quot; id=&quot;pnote-160-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;] En fait si, je me souviens quand même&amp;nbsp;: c'est dans une nouvelle d'Ayerdhal au sommaire de l'anthologie &lt;cite&gt;Genèse&lt;/cite&gt;…&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Hannu Rajaniemi : the Quantum thief</title>
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    <pubDate>Sun, 02 Jan 2011 11:54:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>EllenH</dc:creator>
        <category>Lectures</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;&lt;cite&gt;The Quantum thief&lt;/cite&gt; est un premier roman spectaculaire mais plutôt difficile. Spectaculaire par les images et les idées absolument foisonnantes. Difficile parce que l'auteur n'explique rien, et fonce droit devant, en laissant parfois le lecteur loin derrière lui.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Ça se passe dans un avenir lointain, dans notre système solaire, essentiellement sur la planète Mars, dans une ville au nom évocateur : Oubliette, qui se déplace continuellement à la surface. L'auteur étant un fan de Maurice Leblanc, de très nombreux personnages portent des noms français : Isidore Beautrelet, le jeune détective prodige, Jean le Flambeur, le voleur, héros principal de l'histoire, mais aussi Raymonde, Joséphine, Marcel et d'autres. C'est amusant quand on le lit en V.O. ; dans la traduction ça perdra nécessairement de son charme.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;L'histoire commence avec Jean le Flambeur enfermé dans une prison bien particulière, où il subit un châtiment bizarre consistant en l'obligation de tirer avec un pistolet sur un autre prisonnier avant que celui-ci ne tire sur lui, tout en tentant d'obtenir de la part de l'autre une sorte de “coopération” qui aboutirait à ce qu'aucun des deux ne tire. Heureusement, il est secouru par une jeune femme, Mieli (et son acolyte, le vaisseau vivant et pensant &lt;i&gt;Perhonen&lt;/i&gt;, un des personnages que j'ai trouvé le plus attachant du livre), qui vient de la zone du nuage d'Oort. Mieli s'est engagée auprès d'une espèce de “déesse” qu'elle porte dans sa tête à faire des choses en échange, on le suppose, d'une récompense qui semble en rapport avec un amoureux perdu. Le but de la manœuvre est d'obtenir l'aide de ce voleur tout particulièrement doué pour subtiliser quelque chose qui intéresse les employeurs de Mieli. Ceux-ci sont des “post-humains” qui se sont transformés en des sortes de dieux en montant leur “esprit”, ou du moins le contenu de leur cerveau dans un environnement virtuel. Ce grand cerveau plus ou moins collectif, le Sobornost, semble être l'entité qui gouverne plus ou moins tout. Ce “tout” étant un enchevêtrement de réalités plus ou moins virtuelles.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Mieli et Jean vont donc sur Mars, dans la ville Oubliette, où Jean a manifestement vécu dans une existence antérieure, pour faire leurs petites affaires. La vie à Oubliette est ce que j'ai trouvé le plus intéressant. La société semble s'être construite après une révolution qui est censée avoir libéré les citoyens du joug d'un Roi qui les maintenait en esclavage. Tout ceci, bien entendu, dans un monde où le virtuel et le réel s'interpénètrent et se confondent souvent. Les gens vivent dans un système élaboré de niveaux d'accès et de barrières, nommé &quot;gevulot&quot; (mot qui vient de l'hébreu et qui signifie &quot;frontière&quot; ou &quot;barrière&quot;), qui protègent la vie privée des citoyens. Il permet des échanges contractuels façonnés au fur et à mesure en fonction des besoins et des choix, et donne accès à l'exomémoire, commune à tous. On ouvre ou on ferme son gevulot à volonté, et on partage des informations en se passant des morceaux de mémoire qui font qu'on se “souvient” de ce qu'on ne savait pas une minute plus tôt.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;La monnaie d'échange, c'est le Temps. Chacun a une Montre qui sert de porte-monnaie — on paie en nanosecondes, en secondes, en minutes — mais qui décompte aussi le temps restant à vivre sous une forme humaine normale. Quand on a épuisé son stock de Temps on “meurt” et on devient un &lt;i&gt;Quiet&lt;/i&gt;, un être silencieux animé par l'esprit du “mort“. Ce sont des sortes de robots de toutes les tailles et de toutes les formes dont le rôle est d'assurer l'ensemble des fonctions de maintenance nécessaires à la vie de la ville — dont celle de la faire circuler en permanence à la surface de la planète Mars — et aussi de la protéger des méchants qui cherchent à l'envahir. Après un certain temps à trimer en tant que &lt;i&gt;Quiet&lt;/i&gt;, on a droit à une nouvelle période dans un corps humain avec une nouvelle quantité de Temps à écouler.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Il y a des intrigues parfois compliquées, des histoires d'amour, des traîtrises, des guerres, et j'en passe. C'est un feu d'artifice permanent, mais pas toujours facile à suivre. Souvent les images ont suffi à soutenir mon intérêt, car l'histoire elle-même, finalement assez mince, malgré les complications et retournements, ne m'a pas tellement intéressée. De même, les personnages, pourtant variés, originaux et bien structurés n'étaient pas vraiment attachants, peut-être par leur apparente invulnérabilité (on peut être ressuscité sans trop de mal dans ce monde), peut-être parce que je ne savais pas trop si c'était de “vraies” personnes, ou des avatars ou des constructions virtuelles, éventuellement copiables à volonté. Qui est qui, et quand ? Pas toujours évident.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;La plupart des commentaires que j'ai lus à propos de ce livre le comparent à Stross (dans sa veine &lt;cite&gt;Accelerando&lt;/cite&gt;) et à John C. Wright dans le cycle de &lt;a href=&quot;http://www.quarante-deux.org/cosmos/herzfeld/index.php/post/2005/08/07/20-l-cumene-d-or&quot;&gt;&lt;cite&gt;l'Âge d'or&lt;/cite&gt;&lt;/a&gt;. Je suis tout à fait d'accord (et il faut dire que ce sont des textes que je n'ai que moyennement aimés). Par contre, quand il est comparé à Iain M. Banks et surtout à Greg Egan, je ne comprends pas. À la rigueur, Banks, dans certains de ses romans hauts en couleur, mais la texture me semble être totalement différente. Quant à Egan, il y a toujours chez ce dernier un fond philosophique, une analyse profonde de la condition humaine (et une rage contre sa fréquente stupidité affligeante), une réflexion sur la conscience, sur l'éthique, associée à une vision sur l'évolution possible à court et à long terme de la société. Très peu de tout ça ici. Certes, Egan fait parfois évoluer ses personnages dans des mondes virtuels et utilise, dans certains textes, les données à la pointe de la physique et de la mécanique quantique, comme le fait ici Rajaniemi — qui sait aussi de quoi il cause : il a un doctorat en physique mathématique et a fait sa thèse sur la théorie des cordes — mais la ressemblance s'arrête là. Rajaniemi nous donne bien un peu de réflexion sur l'évolution de la société en expliquant que le projet de terraformation de Mars avait pour but de recréer une Terre sans les problèmes qui l'ont minée, et nous met une pincée de politique avec les quelques passages sur la révolution martienne. Mais c'est vraiment très accessoire, la substance du roman étant, d'un côté, le décor absolument flamboyant et surréaliste, au fond assez Dickien, avec des réalités qui vacillent et des virtualités qui se concrétisent et, d'un autre, des intrigues à la petite semaine, genre roman policier, aux enjeux finalement ordinaires. Le fonctionnement de la société autour du gevulot et de l'exomémoire est peut-être la seule chose que je qualifierai de véritablement eganienne, et c'est d'ailleurs, comme je l'ai dit plus haut, ce qui m'a paru le plus intéressant. J'ajouterai que je n'ai jamais eu le moindre mal à suivre et à comprendre un texte d'Egan, même les plus &lt;i&gt;hard&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Donc, un roman que tout le monde classe bien évidemment dans la catégorie &lt;i&gt;hard science&lt;/i&gt;, avec mention “très hard” dans la mesure où il utilise &lt;i&gt;larga manu&lt;/i&gt; le vocabulaire idoine, mais il va tellement loin qu'il passe carrément de l'autre côté — de la singularité en quelque sorte — où il n'est plus vraiment besoin d'expliquer ce qui nous dépasse manifestement. Je ne le conseillerai qu'aux amateurs éclairés et aguerris à ce type de texte. Pour les autres, je crains qu'il ne soit totalement incompréhensible.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Pour bien faire, je pense qu'il aurait fallu que je le lise une deuxième fois dans la foulée. Je m'aperçois que j'ai déjà dit la même chose pour &lt;a href=&quot;http://www.quarante-deux.org/cosmos/herzfeld/index.php/post/2010/11/08/Ian-McDonald%C2%A0%3A-le-Fleuve-des-dieux-%28River-of-gods%29&quot;&gt;&lt;cite&gt;le Fleuve des dieux&lt;/cite&gt;&lt;/a&gt;, et que je l'ai effectivement fait pour &lt;a href=&quot;http://www.quarante-deux.org/cosmos/herzfeld/index.php/post/2009/04/10/62-peter-watts-vision-aveugle-blindsight&quot;&gt;&lt;cite&gt;Vision aveugle&lt;/cite&gt;&lt;/a&gt;. Soit les livres deviennent de plus en plus difficiles, soit je deviens gâteuse… Allez savoir. Mais pour lire un livre deux fois de suite il faut vraiment qu'il m'ait déjà beaucoup plu la première fois et que j'espère en tirer un plus grand plaisir au deuxième passage. Ce n'est pas tout à fait le cas ici. Alors on en restera là, et tant pis si je n'ai pas tout bien vu.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Ian McDonald : le Fleuve des dieux (River of gods)</title>
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    <pubDate>Mon, 08 Nov 2010 18:17:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>EllenH</dc:creator>
        <category>Lectures</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://www.quarante-deux.org/exliibris/oeuvres/m/Ian_McDonald/le_Fleuve_des_dieux/&quot;&gt;Le Fleuve des dieux&lt;/a&gt;. C'est le Gange. Et ça décrit bien ce livre. Un mélange étonnant du pire et du meilleur. J'ai failli abandonner avant la fin de la première moitié, mais la lecture de nombreuses critiques très favorables m'avait convaincu que l'effort devait valoir le coup et j'ai donc persévéré jusqu'au bout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire se passe en Inde en 2047, l'année du centième anniversaire de l'indépendance du pays. Mais en fait, il ne s'agit plus que d'un ensemble d'états disparates qui n'entretiennent pas toujours des relations amicales. La mousson est en retard de trois ans et la sécheresse est terrible, ce qui attise les tensions entre Bharat et Awadh à propos d'un barrage. Les intelligences artificielles sont partout, mais les IA de niveau trois — de loin supérieures en intelligence à leurs créateurs (ce qui, finalement, n'est peut-être pas un exploit si impressionnant) — sont interdites par des accords internationaux. Celles qui existaient ont presque toutes été détruites et celles qui persistent sont pourchassées et “excommuniées” par des policiers spécialisés. Un astéroïde proche de la Terre est découvert&amp;nbsp;et il s'avère que c'est en fait un artefact artificiel bien mystérieux&amp;nbsp;: il est plus ancien que le système solaire et il contient les images de trois personnes contemporaines… Celles-ci pourraient peut-être comprendre de quoi il s'agit. Un politicien de haut niveau, le conseiller personnel de la première ministre, risque beaucoup du fait de son attirance pour un être étrange, ni femme ni homme, un &quot;neutre&quot; par choix et chirurgie clandestine, et pourtant pas du tout sans pulsions érotiques. Un fils de famille s'est exilé en Angleterre où il commence une carrière de comédien, mais est rappelé au pays pour prendre la tête de l'entreprise familiale avec ses frères, entreprise qui travaille sur une technologie qui, si elle marche, aura des répercussions planétaires. Un spécialiste en informatique quantique à tout abandonné et s'est réfugié en Inde où il cherche à se faire oublier. Une jeune fille qui a apparemment d'étranges pouvoirs quasi divinatoires (mais en rien surnaturels) cherche à retrouver ses vraies racines, n'ayant connu que ses parents adoptifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les chapitres successifs suivent chacun un des personnages principaux, et il y en a bien une dizaine. Au début, leurs histoires sont totalement séparées, ils ne se connaissent pas et n'ont rien en commun. Ainsi, quand c'était de nouveau le tour de l'un d'entre eux, le chapitre précédent où il apparaissait remontait à tellement loin que j'en avais déjà oublié les détails. Ces personnages sont pourtant tous intéressants et très bien décrits, certains tout à fait mémorables, et je n'ai jamais eu l'impression de les mélanger. Mais pour suivre leur histoire correctement il me fallait régulièrement retourner en arrière.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le tout baigne dans une description foisonnante, parfois extravagante, de l'Inde, ses villes, sa culture, ses traditions, ses religions, ses contradictions, ses foules grouillantes, ses politiciens qui magouillent, les armées qui avancent, les robots tueurs qui attaquent, le bruit, la chaleur, la poussière… On peut dire que ce pays, tel que l'a fantasmé l'auteur, est peut-être le personnage principal du livre. Il faut tirer son chapeau à McDonald qui, n'étant pas né là-bas et n'y ayant sans doute pas vécu longuement, réussit à donner une impression très crédible&lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.quarante-deux.org/cosmos/herzfeld/index.php/post/2010/11/08/Ian-McDonald%C2%A0%3A-le-Fleuve-des-dieux-%28River-of-gods%29#pnote-157-1&quot; id=&quot;rev-pnote-157-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;, du moins à une personne — moi — qui n'y connais pas grand-chose. Mais l'intrigue, déjà complexe, est rendue encore plus difficile à suivre par l'utilisation permanente d'un vocabulaire fabriqué à partie de l'Hindi de sorte que de nombreuses phrases sont à moitié ou totalement incompréhensibles, d'autant plus que la plupart de ces mots ne figurent même pas dans le glossaire à la fin du livre. J'en ai trouvé beaucoup sur Wikipédia, mais passer sont temps à chercher la signification des mots ne correspond pas à mon idée d'une lecture agréable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Après quatre cents pages de fils narratifs séparés, ils ont enfin commencé à se rejoindre et à former un tout un peu plus cohérent. Et là, le rythme devient nettement plus frénétique, de sorte que, à ce stade, j'ai cessé de chercher à comprendre tous les mots et je me suis contentée de me laisser entraîner par l'empilement d'imagerie haute en couleur et complètement chaotique que l'auteur déversait encore et encore. C'est finalement un tour de force osé, il n'y a pas de doute. Mais de plaisir de lecture, je n'en ai eu que très peu. C'est peut-être un livre qu'il faut lire deux fois, comme j'avais fait pour &lt;a href=&quot;http://www.quarante-deux.org/cosmos/herzfeld/index.php/post/2009/04/10/62-peter-watts-vision-aveugle-blindsight&quot;&gt;&lt;cite&gt;Vision aveugle&lt;/cite&gt;&lt;/a&gt; de Peter Watts. Seulement là, il n'y avait pas l'obstacle quasi insurmontable du vocabulaire exotique surabondant. Il est certain que je comprendrais mieux au second passage — rien que pour écrire ces quelques lignes, j'ai parcouru quelques pages de nouveau et c'était déjà nettement plus clair —, mais vraiment, je n'en ai aucune envie et j'ai d'autres livres qui m'appellent qui, j'espère, seront plus jouissifs à lire.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&quot;footnotes&quot;&gt;&lt;h4&gt;Notes&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.quarante-deux.org/cosmos/herzfeld/index.php/post/2010/11/08/Ian-McDonald%C2%A0%3A-le-Fleuve-des-dieux-%28River-of-gods%29#rev-pnote-157-1&quot; id=&quot;pnote-157-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;] Parmi les commentaires de lecteurs sur Amazon &lt;a href=&quot;http://www.amazon.com/review/R138FFNG4GUP64/ref=cm_cr_pr_perm?ie=UTF8&amp;amp;ASIN=B002DGROGW&amp;amp;nodeID=&amp;amp;tag=&amp;amp;linkCode=&quot;&gt;quelqu'un qui dit être Indien&lt;/a&gt; affirme que McDonald se trompe sur un tas de détails qu'un natif aurait vus tout de suite. Il déplore qu'il n'y ait eu personne chez l'éditeur pour proposer des corrections. Je ne sais pas si ce qu'il dit est vrai mais je sais que quand un auteur anglo-saxon s'aventure dans le domaine de la France ou du français, c'est souvent très approximatif, donc ça me paraît crédible. Cela dit, ça n'a aucune importance, s'agissant d'un texte de fiction situé dans l'avenir, dont on ne sait rien de toute façon. L'ambiance y est sûrement, et c'est ça qui compte.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Alastair Reynolds : the Six directions of space</title>
    <link>http://www.quarante-deux.org/cosmos/herzfeld/index.php/post/2010/10/03/Alastair-Reynolds-%3A-the-Six-directions-of-space</link>
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    <pubDate>Sun, 03 Oct 2010 15:59:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>EllenH</dc:creator>
        <category>Lectures</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;Cette novella est parue en premier en 2008 dans l'anthologie originale &lt;cite&gt;Galactic empires&lt;/cite&gt;, dirigée par Gardner Dozois, puis en 2009 en volume, publiée par Subterranean Press. Elle a été ensuite été reprise dans le gros &lt;cite&gt;Year's Best Science Fiction&lt;/cite&gt; de cette année du même Dozois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire est centrée sur l'existence de l'“infrastructure”, sorte de réseau de tunnels créé par une ancienne race, maintenant disparue, qui permet de voyager à travers la galaxie sans avoir besoin d'aller plus vite que la lumière. Mais elle semble être en train de se détériorer, avec des failles qui laissent passer les gens d'un univers parallèle à un autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le point de vue est celui d'une femme, Ariunaa, agent secret de l'Empire mongol qui, dans sa branche, est maître de la Terre. Elle enquête, en se faisant passer pour une dame riche et un peu nunuche, dans une colonie éloignée et peu soumise à l'autorité du pouvoir central, sur la réalité des vaisseaux fantômes qui auraient été aperçus dans les tunnels de l'infrastructure. Elle est accompagnée de son fidèle poney, Goyo, et d'un eunuque, Tisza, qui lui sert de majordome et de garde du corps. En usant de divers subterfuges, dont l'un consiste à empoisonner Tisza (il est solide et en réchappe), elle découvre qu'ils existent bel et bien et qu'il s'agit tout simplement de voyageurs en provenance d'univers parallèles, qui sont passés, volontairement ou non, par les failles et qui sont le plus souvent perdus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Juste au moment où elle a enfin les informations qu'elle est venue chercher, elle est démasquée, et se retrouve aux mains du commandant Quilian, horrible personnage sadique qui règne sur les lieux, et qui use sans le moindre scrupule de torture physique et mentale (dont l'assassinat, parfaitement gratuit et inutile, sous ses yeux, de Goyo) pour la convaincre de travailler avec lui. Ils capturent un vaisseau qui vient d'une autre branche (piloté par des sortes de lémuriens intelligents, issus d'une évolution divergente) dans lequel ils trouvent un prisonnier, Muhunnad, qui vient encore d'un autre monde qu'il appelle le &lt;em&gt;Shining Caliphate.&lt;/em&gt; C'est un pilote qui a subi des modifications pour pouvoir être relié directement aux commandes et aux senseurs du vaisseau et qui sait tout particulièrement bien naviguer dans l'infrastructure. Lui aussi est forcé, par des moyens simples et ayant fait leurs preuves à travers l'histoire de l'humanité, d'obéir à Quilian. Les civilisations de tous ces univers parallèles qui circulent dans les tunnels sont forcément technologiquement avancées (il faut savoir aller dans l'espace pour accéder aux voies d'entrées) mais éthiquement ils semblent tous à peu près aussi nuls que nous, si ce n'est pire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par un juste retournement des choses, à la fin, ils sont attaqués par encore une autre espèce, des reptiles intelligents, les &lt;em&gt;Smiling Ones&lt;/em&gt;, qui considèrent les êtres à sang chaud comme un affront. Après une bataille dans l'espace où apparemment leur vaisseau est gravement endommagé, Quilian prend le seul canot de sauvetage utilisable et part, pensant s'échapper. Ariunaa et Muhunnad, qui se sont liés d'amitié, se retrouvent donc seuls à bord. En fait, Muhunnad a fait croire que le vaisseau était mort pour se débarrasser de Quilian qui va certainement être capturé par les reptiles, sort fort peu enviable. Ariunna pense un instant faire un geste charitable et pulvériser la capsule dans laquelle il se trouve, mais finalement, non, elle le laisse se débrouiller. Et les deux gentils partent pour de nouvelles aventures dans des mondes nouveaux dont ils ne savent rien, avec l'espoir de faire fleurir l'amitié entre les univers. Vu le tableau qu'on nous a dépeint, j'ai un gros doute.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes ces aventures auraient pu constituer une lecture intéressante et agréable si l'auteur ne s'était pas senti poussé à décrire par le menu des scènes de torture qui, certes, sont utiles à l'intrigue, mais qui m'ont totalement gâché le plaisir. Le pire c'est que la torture est présentée comme la seule méthode efficace pour obtenir rapidement ce qu'on veut. En fait, c'est aussi — et peut-être surtout — un moyen d'éviter à l'auteur de chercher comment rendre crédible la coopération des protagonistes avec l'horrible commandant Quilian. Évidemment, les victimes n'apprécient pas trop et ne portent pas leur tortionnaire dans leur cœur, mais c'est tout. C'est accepté comme une chose “normale” de la vie. Ceux que ces détails ne rebutent pas (ça doit être le cas de Gardner Dozois) trouveront sans doute que c'est un bon texte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le problème, c'est que j'avais l'intention de lire les gros pavés de cet auteur (je n'en ai lu qu'un, &lt;cite&gt;Revelation Space&lt;/cite&gt; (&lt;cite&gt;l'Espace de la révélation&lt;/cite&gt;), dont je ne garde qu'un très vague souvenir, mais que j'avais trouvé pas mal). Maintenant j'hésite.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Charles Stross : the Fuller memorandum</title>
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    <pubDate>Mon, 20 Sep 2010 11:55:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>EllenH</dc:creator>
        <category>Lectures</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;Stross reprend avec &lt;cite&gt;the Fuller memorandum&lt;/cite&gt; les aventures de Bob Howard, commencées dans &lt;cite&gt;the Atrocity archives&lt;/cite&gt;  (&lt;a href=&quot;http://www.quarante-deux.org/cosmos/herzfeld/index.php/post/2005/08/21/22-the-atrocity-archives&quot;&gt;&lt;cite&gt;le Bureau des atrocités&lt;/cite&gt;&lt;/a&gt;) et poursuivies dans &lt;cite&gt;the Jennifer morgue&lt;/cite&gt; (que j'ai lu mais dont je n'ai pas parlé ici). Le concept de base est amusant : il existe des univers parallèles où vivent des entités vastes et puissantes, des sortes de démons (ou de dieux, selon son point de vue) mangeurs de cervelles, comme il se doit, qui ne demandent qu'à venir nous voir pour un petit casse-croûte, si ce n’est carrément pour s'emparer de nos corps et s'y installer après avoir délogé l'occupant légitime. Ces êtres portent les noms lovecraftiens des grands anciens et se comportent comme les horreurs indicibles qu'ils sont. Ils circulent dans les failles entre les univers et nous visitent depuis la nuit des temps, mais les gens au courant ont toujours été peu nombreux. Pour les invoquer ou les repousser, il faut savoir s'y prendre en utilisant un mélange d'occultisme traditionnel et de mathématiques. D'ailleurs, la magie n'est en fait qu'une branche, peu connue et dangereuse, des mathématiques appliquées. Ce lien intime avec les maths explique leurs incursions nettement plus fréquentes depuis l'invention des ordinateurs avec leurs phénoménales capacités de calcul. On croit en toute innocence essayer de démontrer un théorème un peu coriace, alors que, sans le savoir, on est en fait en train d'ouvrir une voie à deux sens vers le salon d'un pote à Chtulhu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bob Howard, qu'on pourrait qualifier de spécialiste en informatique démonologique, travaille pour une branche des services secrets britanniques dénommée &lt;em&gt;the Laundry&lt;/em&gt; (que je traduirais bien par la Laverie) encore plus secrète que les autres, et dont la mission est d'empêcher les monstruosités venues d'ailleurs d'entrer chez nous. Son existence même est inconnue du grand public et aussi d'une bonne partie des autorités en place, ce qui permet à la société de poursuivre son train-train normal dans l'ignorance totale des dangers qui la menacent. Et elle fonctionne, bien sûr, comme toute administration qui se respecte, en accumulant les entraves bureaucratiques à toute activité efficace. Ce qui est l'occasion de satires bien classiques dans le domaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette nouvelle aventure m'a fait découvrir un épisode tout à fait réel des années vingt où un certain baron von Ungern-Sternberg, mégalomane sadique et psychopathe, se retrouve dictateur de Mongolie, avant d'être finalement trahi par ses officiers et exécuté par les bolcheviques. Ici, un des soldats de ce charmant monsieur met la main sur un manuscrit ancien qui aboutit à ce qu'il soit possédé par un démon, ce qui ne fait d’ailleurs qu’accroître son efficacité. Le document mystérieux est envoyé par le baron à sa mère restée au pays dans l'espoir qu'il soit déchiffré mais, évidemment, il tombe entre d'autres mains et arrive sans encombre jusqu'à notre époque. S'y mêlent ensuite les services secrets russes, des taupes infiltrées au sein même de la Laverie et des sectes qui pratiquent la démonologie sans filet. La femme de Howard, Dominique “Mo” O'Brien, elle-même spécialiste de premier ordre dans le domaine, armée de son violon fabriqué avec des ossements humains, affronte les pires situations avec une détermination à toute épreuve, et ce malgré la déconfiture progressive de tous ses associés et collègues. Le patron dudit service secret, Angleton, personnage lugubre et étrange à souhait, est porté disparu tout en restant pourtant présent et actif, et on ne sait pas trop finalement ce qu'il est vraiment.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'impression est que Stross, comme les fois précédentes, s'amuse follement avec cette histoire pleine de bruit et de fureur, mais que j'ai souvent eu un peu du mal à suivre dans la confusion générale. Elle fourmille aussi d'allusions, parfois complètement gratuites et hors contexte, compréhensibles uniquement par des geeks patentés… Il est probable qu'un certain nombre m'ont échappé, mais je me suis bien amusée avec lui pour celles que j'ai vues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela dit, autant les précédentes histoires de la série étaient globalement plutôt agréables et bien enlevées, autant celle-ci m'a paru nettement plus laborieuse et parfois carrément pénible. Il y a des longueurs, surtout vers la fin, où l'auteur décrit par le menu les rites d'une secte qui veut accélérer la venue de la fin du monde en invoquant des démons et entités diverses des autres mondes, certes en espérant les contrôler, mais n'en est pas capable qui veut. Les scènes d'horreur — la dernière dans un cimetière-nécropole — n'en finissent pas avec des descriptions de torture suivies d'un remake de la nuit des morts vivants. Je suppose qu'il y a une clientèle pour ça, mais je n'en fais pas partie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc, mon avis final est plutôt mitigé. Stross tire un peu à la ligne&amp;nbsp;; il doit se sentir obligé d'en faire encore plus à chaque nouvel épisode pour aboutir à en faire trop, ce qui est dommage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'en reste pas moins que je lirai sans doute le prochain roman dans la série, s’il y en a un, ne serait-ce pour voir ce qu'est devenu ce pauvre Bob Howard, sympathique et attachant héros malgré lui, après toutes les tribulations qu'il vient de traverser.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Paolo Bacigalupi : the Windup girl</title>
    <link>http://www.quarante-deux.org/cosmos/herzfeld/index.php/post/2010/09/18/Paolo-Bacigalupi%C2%A0%3A-the-Windup-girl</link>
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    <pubDate>Sat, 18 Sep 2010 19:24:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>EllenH</dc:creator>
        <category>Lectures</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;Imaginez un monde comme celui qui semble effectivement se préparer&amp;nbsp;: réchauffement climatique avec les eaux qui montent et qui inondent les zones côtières de la planète, pratiquement plus de pétrole, très peu de charbon, et, en plus, pour couronner le tout, les multinationales qui fabriquent les semences génétiquement modifiées et stériles sont, de fait, les maîtres du monde, car des maladies tout aussi génétiquement modifiées ont détruit quasiment toute l'agriculture telle qu'on la connaît. Sans parler des épidémies de maladies humaines diverses et variées qui ont décimé les populations. L'unité de valeur, c'est la &quot;calorie&quot; car pour faire marcher les machines, les ordinateurs, les véhicules, il faut que des hommes où des bêtes pédalent pour engranger de l'énergie dans des systèmes mécaniques à ressort qui permettent de l'utiliser immédiatement ou de la garder pour plus tard. Et tant qu'à fabriquer des organismes génétiquement modifiés, il ne faut pas s'arrêter à l'agriculture : les megodonts (sorte d'éléphants monstrueux) sont utilisés pour faire tourner les usines et les &quot;New People&quot;, eux, servent, dans les pays qui en ont besoin, d'esclaves. Ces derniers sont, sur certains plans, très améliorés par rapport à l'&lt;em&gt;homo sapiens&lt;/em&gt; standard (force, rapidité, solidité, immunité), mais afin qu'ils restent à leur place, ils sont conditionnés — génétiquement et par leur éducation, disons leur dressage — pour ressentir un désir absolu d'obéir et de plaire à leur maître. Enfin, pour qu'on ne les confonde pas avec des “vrais” humains, leurs créateurs les ont affublés d'une anomalie physique qui rend tous leurs mouvements saccadés, et qui rappellent ceux de ces jouets qui fonctionnement avec un ressort qu'il faut remonter (d'où le nom &lt;em&gt;windup&lt;/em&gt;) .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le monde selon Paolo Bacigalupi, qu'on a pu découvrir dans ses nouvelles rassemblées dans l'excellent recueil &lt;cite&gt;Pump six and other stories&lt;/cite&gt;. Malgré l'ambiance de catastrophe planétaire, je n'en avais pas tiré une impression de pessimisme, bien au contraire. Car les humains de cet avenir lugubre ont su s'adapter physiquement et psychologiquement et ne perçoivent pas nécessairement leurs circonstances comme tragiques. Du moins dans certains textes. L'un d'entre eux, peut-être le plus noir de tous, &quot;Yellow card man&quot;, est en quelque sorte un prélude au roman, &lt;cite&gt;the Windup girl&lt;/cite&gt;, qui vient d'égaler ou de battre (selon sa manière de compter), en gagnant le Hugo, le record du premier roman le plus primé de toute l'histoire de la Science-Fiction (l'autre c'est &lt;cite&gt;Neuromancer&lt;/cite&gt; de William Gibson).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une histoire complexe qui se déroule dans le royaume de Thaïlande, apparemment le seul pays qui ait réussi à garder à distance les multinationales aux noms évocateurs : AgriGen, SoyPro, etc. Leurs semences sont encore fertiles et saines et pour qu'elles le restent, ils surveillent tout ce qui passe les frontières pour éviter les contaminations, mais ils doivent quand même ouvrir un tout petit peu les portes car les technologies étrangères leur sont, quoi qu'ils fassent, nécessaires. À l'intérieur du pays, les factions s'opposent de façon de plus en plus violente, tout en restant, en principe, fidèles aux préceptes des rois passés qui veulent que le pays reste libre. Il y a d'un côté les &lt;em&gt;white shirts&lt;/em&gt;, sorte d'émanation policière du ministère de l'Environnement, qui contrôlent les imports et les exports et les agissements des étrangers. Ils nettoient aussi tout soupçon de contamination, que ce soit par les OGM ou par les maladies nouvelles, humaines ou végétales. Leurs méthodes sont simples et directes, archi radicales et violentes — on rase tout et on cause après — mais apparemment ce n'est pas par vice, mais par nécessité absolue d'être efficace. Ils s'opposent à un autre groupe constitué plus ou moins par les gens du ministère du Commerce et qui, on s'en doute, seraient bien plus coulants. L'un et l'autre fonctionnent sur un mode plus ou moins mafieux, avec confiscations, extorsion de fonds, pots-de-vin, etc. Tout ça au nom de la Reine-enfant, vénérée de tous, et protégée par un régent, le Somdet Chaopraya, qui se retrouve de ce fait être l'homme le plus puissant du royaume. Le tout infusé de la religion, de la langue et des traditions du sud-est asiatique qui colorent d'exotisme (pour nous) le comportement des locaux, et tranchent sérieusement avec l'attitude grossière (mais familière) des occidentaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &lt;em&gt;windup girl&lt;/em&gt; du titre, c'est Emiko, une splendide créature artificielle qui a été un temps la compagne et l'assistante d'un magnat japonais. Tout se passait au mieux jusqu'au jour où, à l'occasion d'un voyage en Thaïlande, son propriétaire s'est rendu compte qu'il serait plus économique de ne pas payer le voyage de retour de sa poupée vivante, mais de l'abandonner sur place et d'en prendre une autre une fois de retour au Japon. Pour les Thaïs, l'existence même d'Emiko est une abomination et elle ne pouvait résider dans le pays que grâce à une exception en faveur des partenaires commerciaux japonais. De sorte qu'elle se retrouve non seulement abandonnée mais en plus totalement hors la loi. Elle est recueillie par un tenancier de bar louche où elle est, entre autres, obligée de subir les pires outrages lors de spectacles sadomasos insoutenables. Petit à petit elle va prendre conscience de ses instincts d'esclave, de son conditionnement à obéir et elle va tenter de s'en affranchir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un autre côté on suit un vieil homme d'origine chinoise, ancien commerçant prospère dans un pays voisin, mais qui a été contraint de se réfugier en Thaïlande après une révolution où tous les étrangers ont été ou massacrés ou chassés. Il a perdu toute sa famille, sa femme et ses enfants ont été assassinés et il se retrouve tout seul à essayer de remonter la pente. C'est manifestement le même qu'on a suivi, sous un autre nom, dans la nouvelle &quot;the Yellow Card Man&quot;. La carte jaune est le signe distinctif de tous ces réfugiés chinois tout juste tolérés, entassés dans des tours en décrépitude de l'ancien régime, sous la vague protection des mafieux du coin, ce qui ne les empêche pas de mourir de faim et de maladie. Hock Seng a des connaissances et des capacités qui lui permettent de survivre un peu mieux que les autres. Lui aussi va chercher à s'en sortir, à survivre à tout prix aux violences encore plus terribles qui s'annoncent, dans l'espoir de se refaire un jour une vraie vie, de recréer une famille et d'honorer ses ancêtres, ce qui semble être la valeur la plus fondamentale pour lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autres personnages mériteraient qu'on en parle : Jaidee, le capitaine des &quot;white shirts&quot;, ancien champion de lutte, et héros adulé de ses troupes, son lieutenant, Kayla, dont le village fut jadis rasé par les hommes de Jaidee… Jake Anderson, le &lt;em&gt;farang&lt;/em&gt;, l'étranger, l'américain qui est là, apparemment pour faire tourner une usine à remonter les ressorts source d'énergie et pour améliorer les méthodes, mais dont l'objectif et en fait de mettre la main sur des semences vierges et saines afin que son entreprise, AgriGen, puisse continuer à fabriquer les OGM qui fondent son pouvoir et sa fortune et, accessoirement, nourrissent le monde. Et qui va se prendre d'affection pour Emiko, la &lt;em&gt;windup&lt;/em&gt;…&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc, un roman très haut en couleur, complexe et violent. L'auteur donne l'impression de très bien connaître le sud-est asiatique, ses mœurs, son histoire et ses traditions, et on y croit totalement — même quand il présente des fantômes comme des entités banales dont l'existence va de soi. Il y a peut-être, à mon goût, un peu trop de terminologie locale non traduite (on trouve les explications assez facilement avec Google, mais ça coupe la lecture). L'avenir dépeint, pas rose du tout, est pour une grande part parfaitement crédible et, de ce fait, terrifiant. Mais finalement, malgré ses descriptions apocalyptiques, ses scènes parfois insoutenables, ses intrigues diverses, pour moi, le véritable sujet de ce livre hors du commun, c'est la prise de conscience par certains des personnages, surtout Emiko et Kayla, de leurs entraves intériorisées, et leurs efforts héroïques pour s'en libérer, avec des résultats inattendus. Et bien que je ne puisse nier les aspects indiscutablement noirs et inquiétants, j'en ai finalement tiré un message plutôt positif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le recueil et le roman sont en cours de traduction. Donc, si vous ne lisez pas l'anglais, il faudra patienter encore un peu.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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  <item>
    <title>La rentrée des petits éditeurs de l'Imaginaire 2010</title>
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    <pubDate>Sat, 11 Sep 2010 21:56:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>EllenH</dc:creator>
        <category>Photo</category>
            
    <description>    &lt;div class=&quot;picasa&quot;&gt;
&lt;a class=&quot;picasa-album-image&quot; href=&quot;http://picasaweb.google.com/quarante.deux.org/SalonDesPetitsEditeursDeLImaginaire2010?feat=embedwebsite&quot;&gt;
&lt;img src=&quot;http://lh6.ggpht.com/_Gk_JUZDhGHA/TIvBYIdTu9E/AAAAAAAAAvQ/ga5f8xvnoEI/s160-c/SalonDesPetitsEditeursDeLImaginaire2010.jpg&quot; /&gt;
&lt;/a&gt;
&lt;div class=&quot;picasa-album-name&quot;&gt;
&lt;a href=&quot;http://picasaweb.google.com/quarante.deux.org/SalonDesPetitsEditeursDeLImaginaire2010?feat=embedwebsite&quot;&gt;
Salon des petits éditeurs de l'Imaginaire 2010
&lt;/a&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;
Aujourd'hui, se tenait, dans le parc des Buttes Chaumont, la rentrée des petits éditeurs de l'Imaginaire. Un salon de petite dimension dans un cadre très agréable (juste à côté du Pavillon du lac) où nous avons pu acheter quelques livres (et récupérer directement ceux déjà commandés). C'était comme toujours un lieu de bavardage, de discussions et parfois de rigolades. J'ai eu le plaisir de pouvoir converser en anglais un moment avec Laurent Whale. J'ai si rarement l'occasion de dérouiller mon anglais parlé qu'il n'y échappera dorénavant pas.
&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;
J'ai pris quelques photos (en tyrannisant parfois les récalcitrants) que vous pouvez voir soit sur &lt;a href=&quot;http://picasaweb.google.com/quarante.deux.org/SalonDesPetitsEditeursDeLImaginaire2010?feat=directlink&quot;&gt;Picasa&lt;/a&gt;, soit sur &lt;a href=&quot;http://www.flickr.com/photos/quarante-deux/sets/72157624933568738/&quot;&gt;Flickr&lt;/a&gt;, au choix, car je n'ai pas encore décidé lequel je préfère. En fait je n'aime vraiment ni l'un ni l'autre, mais je n'ai pas le temps de m'occuper de monter ma propre galerie photo sur le site en ce moment. Et puis, ces lieux de partage de photos sont à la mode, alors soyons moderne, allons dans le &lt;em&gt;cloud&lt;/em&gt;…
&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;
Sur les conseils d'une personne avec qui j'ai discuté au Salon mais dont je ne connais pas le nom (il se reconnaîtra s'il lit ceci), j'ai fait un essai avec les photos au format carré. Ce n'est pas mal du tout, surtout pour les portraits, mais dans certains cas cela ne convient vraiment pas ; il y en a donc quelques-unes en 2x3. Ça fait désordre, je sais, mais c'est comme ça…
&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>La Convention nationale de Science-Fiction à Grenoble</title>
    <link>http://www.quarante-deux.org/cosmos/herzfeld/index.php/post/2010/09/01/La-Convention-nationale-de-Science-Fiction-%C3%A0-Grenoble</link>
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    <pubDate>Wed, 01 Sep 2010 17:55:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>EllenH</dc:creator>
        <category>Photo</category>
            
    <description>    &lt;div class=&quot;picasa&quot;&gt;
&lt;a class=&quot;picasa-album-image&quot; href=&quot;http://picasaweb.google.com/quarante.deux.org/37eConventionDeSFGrenoble2010?feat=embedwebsite&quot;&gt;
&lt;img src=&quot;http://lh6.ggpht.com/_Gk_JUZDhGHA/TH5ldHgc66E/AAAAAAAAAqQ/M3GH79DFHug/s160-c/37eConventionDeSFGrenoble2010.jpg&quot; /&gt;
&lt;/a&gt;
&lt;div class=&quot;picasa-album-name&quot;&gt;
&lt;a href=&quot;http://picasaweb.google.com/quarante.deux.org/37eConventionDeSFGrenoble2010?feat=embedwebsite&quot;&gt;
37&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; convention de Science-Fiction, Grenoble 2010
&lt;/a&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Cette année, la 37&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; convention nationale française de Science-Fiction (et la première de &lt;em&gt;Fantasy&lt;/em&gt;) se tenait à Grenoble (en fait à Saint-Martin-d'Hères), du 26 au 29 août 2010, sur le campus de l'université, à l'Espace Vie Étudiante. Voilà de quoi en rajeunir certains, dont moi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lieu était agréable et, contrairement à ce qu'on pourrait penser au premier abord, très bien adapté à ce genre de manifestations (surtout quand il fait beau, ce qui a été le cas). Pas trop grand, pas trop petit, bien isolé et loin de tout, de sorte qu'une fois sur place, on y reste. Pas de restaurant à proximité, donc tout le monde reste là pour les repas en commun ce qui est particulièrement bien pour discuter avec les vieilles connaissances et rencontrer les nouveaux ou moins nouveaux mais qu'on connaît peu. Car finalement, le but d'une convention, en ce qui nous concerne, c'est presque uniquement ça. Je dis “presque” car il y a quand même un programme. Celui de cette année était loin d'être chargé (mais de qualité)&amp;nbsp;de sorte que si le temps imparti était un peu dépassé on ne risquait pas de manquer la conférence suivante. Aucun déchirement entre deux sujets simultanés non plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Félicitations aux courageux organisateurs, à qui il n'a pas été épargné de subir la défection de dernière minute de certains invités. J'espère pour leur karma qu'ils avaient de bonnes raisons. Les “trous” ainsi produits ont été comblés sans que ça se voit. De toute façon, aucun problème de programme ne pourra jamais rivaliser avec le sommet atteint lors de la convention de Paris de 1988… dont je garde de très bons souvenirs (les mauvais, je les oublie rapidement).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a même eu des activités non programmées&amp;nbsp;: Raymond Milési a animé le jeu traditionnel (qui doit avoir un nom, mais il m'échappe) bien qu'il n'ait rien préparé. Il avait quand même amené les documents des années précédentes ce qui n'a manifestement gêné personne, d'autant qu'il n'y avait rien à gagner, mais juste un bon moment à passer. Je suis totalement nulle dans ces jeux et j'admire les ténors, toujours pratiquement les mêmes, qui répondent en deux millisecondes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour nous, la convention s'est terminée avec la vente aux enchères du samedi soir, animée comme chaque année par Georges Pierru en veste rouge, gros maillet à la main. Je ne sais pas combien elle a engrangé, mais ça avait l'air pas mal. J'ai remporté deux ou trois enchères, mais hélas, j'ai raté le petit robot car j'étais dissipée et je ne l'ai pas vu passer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De retour à la maison, j'ai fait un tri (134) dans les presque quatre cents photos que j'ai prises. Elles sont visibles sur &lt;a href=&quot;http://picasaweb.google.com/quarante.deux.org/37eConventionDeSFGrenoble2010?feat=directlink&quot;&gt;Picasa&lt;/a&gt;. Si quelqu'un en veut quelques-unes dans un autre format (tiff, png) ou à une taille plus grande, il suffit de demander. Les originaux font 3734 x 2480 pixels, ce qui fait lourd en non compressé. Là elles font 1024 x 680 en jpeg. C'est bien pour l'écran mais pas terrible pour l'impression papier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme je n'ai pas tout mis, si vous avez l'impression que j'ai pris des photos de vous qui n'y sont pas mais que vous aimeriez voir, il suffit aussi de demander.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://www.quarante-deux.org/cosmos/herzfeld/index.php/post/2010/09/01/La-Convention-nationale-de-Science-Fiction-%C3%A0-Grenoble#comment-form</comments>
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    <title>Nancy Kress : Crucible</title>
    <link>http://www.quarante-deux.org/cosmos/herzfeld/index.php/post/2010/08/14/Nancy-Kress%C2%A0%3A-Crucible</link>
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    <pubDate>Sat, 14 Aug 2010 15:03:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>EllenH</dc:creator>
        <category>Lectures</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;&lt;cite&gt;Crucible&lt;/cite&gt; (paru en 2004 et non traduit à ce jour) fait suite à &lt;a href=&quot;http://www.quarante-deux.org/cosmos/herzfeld/index.php/post/2010/07/04/73-nancy-kress-crossfire&quot;&gt;&lt;cite&gt;Feux croisés&lt;/cite&gt;&lt;/a&gt; et se passe environ quarante ans plus tard. C'est la fête du cinquantième anniversaire de l'arrivée des colons sur Greentrees et les inquiétudes provoquées par la guerre entre les deux espèces d'extraterrestres, les Vignes et les Fourrures, sont presque oubliées. Les années passant sans l'ombre d'une menace du ciel, les grands projets de mise en place de défenses de la planète présentés à la fin de &lt;cite&gt;Feux croisés&lt;/cite&gt; ont été pratiquement abandonnés. Mira City est devenue une vraie ville avec une vraie vie, des commerces, des industries, de la politique, des regroupements plus ou moins ethniques, et… forcément, des frictions entre les habitants, pour les raisons habituelles. Certains colons d'origine chinoise se sentent relégués à une position inférieure du fait qu'ils étaient au départ moins riches que les autres groupes, et ont donc moins d'influence, moins de possibilités de monter dans l'échelle sociale, ce qui aboutit à la formation d'une bande de dissidents aux agissements violents. Alex Cutler, descendante de Gail Cutler, fondatrice de la colonie, fait partie des dirigeants. Jake Holman, l'autre fondateur, est toujours vivant, mais très vieux et physiquement très affaibli, même si son cerveau est encore fidèle au poste. C'est une des caractéristiques intéressantes du livre que d'avoir un vieillard cacochyme comme protagoniste important et actif. (Nancy Kress est coutumière du fait, sa nouvelle &quot;the Erdmann nexus&quot; parue dans Asimov's, qui a gagné le prix Hugo 2009 de la meilleure novella, est aussi une histoire de vieux qui sont encore utiles à quelque chose…)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un autre côté, Lucy et Karim, rencontrés également dans le volume précédent, sont partis dans l'espace des années auparavant pour une mission de première importance. Ils ont une cargaison de prisonniers Fourrures qui ont été rendus inoffensifs grâce à un virus fabriqué par les Vignes. L'idée est d'attirer les méchants Fourrures de l'espace et de leur faire attraper la maladie qui leur ôtera leurs instincts sanguinaires. Mais la situation se complique quand ils sont capturés et emmenés sur la planète des Vignes où ils découvrent, autant que faire se peut, la véritable nature de ces êtres qui ne sont ni animal ni végétal et dont la science très avancée est surtout d'ordre biologique. Car ils sont tellement étranges et différents que les deux humains arrivent à peine à communiquer avec eux et ne savent même pas trop si c'est un ou plusieurs êtres ni quelles fonctions ont les parties des choses vivantes qu'ils voient. Ils se retrouvent prisonniers, nourris et soignés, mais sont plongés dans un milieu qu'ils ne comprennent absolument pas, ce qui, ajouté au silence total des lieux et à leur inactivité forcée, menace de les rendre fous. Cette partie du roman est celle que j'ai préférée. Il n'est pas courant de trouver décrites des formes de vie aussi véritablement &quot;autres&quot; qui arrivent à avoir malgré tout des interactions tout à fait crédibles avec les humains. Heureusement, le peu de communication qui s'instaure aboutit à ce que les deux jeunes gens soient ramenés sur leur planète. Les effets relativistes font que, pour les deux voyageurs, il s'est passé quelques mois, alors que sur Greentrees, leur départ remonte à près de quarante ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur Greentrees, la situation est transformée par l'arrivée,&amp;nbsp;totalement inattendu,&amp;nbsp;du vaisseau &lt;cite&gt;Crucible&amp;nbsp;&lt;/cite&gt;en provenance de la Terre, apportant une technologie bien plus avancée que celle des colons et un équipage physiquement très amélioré grâce aux manipulations génétiques. Le commandant, un certain Julian Martin, va faire son chemin rapidement car il sait organiser la défense de la cité contre une attaque qui reste toujours très possible, et sait aussi faire face aux dissidents. Il arrive très vite à se rendre indispensable et, en apparence du moins, très sympathique aux colons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et effectivement, on voit approcher d'abord un premier vaisseau extraterrestre — c'est en fait les Vignes qui ramènent Karim et Lucy —, puis un deuxième, cette fois les Fourrures sanguinaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'intrigue concerne surtout Julian Martin, son comportement et sa prise progressive et insidieuse du pouvoir par des machinations très terriennes, dont les colons, retournés à une certaine innocence infantile, avaient perdu la notion. Et c'est cette partie, pourtant centrale au roman, que j'ai trouvée particulièrement pénible. Car en fait ce Julian était manifestement trop beau — au sens propre comme au figuré — pour être vrai et la description de ses agissements était bien trop transparente pour moi. Je voyais donc, sans la moindre surprise mais avec peine, les gentils colons se faire rouler dans la farine. Il faut dire que si j'ai trouvé ça difficilement supportable, c'est sans doute parce que l'auteur avait réussi à mettre en place des personnages crédibles et attachants, avec lesquels je pouvais m'identifier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les pseudo-Cheyennes qui, dans le premier roman, étaient partis sur un autre continent pour recréer une société tribale simple et en harmonie avec la nature, se retrouvent au premier rang à la fin du deuxième. Les Fourrures sauvages, victimes à répétition car produits au départ pour les expérimentations des Vignes qui cherchaient une arme contre les Fourrures de l'espace puis pourchassés implacablement par ces derniers, et qu'on avait peu vus de près, ont une petite place de choix à la fin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc, un roman solide très bien ficelé, où il n'y a quasiment pas de fils qui pendent et peu de questions importantes sans réponse. Certes, j'aurais aimé voir encore les Vignes, d'autant qu'il s'avère qu'il y en a — un ? plusieurs ? la question n'a pas nécessairement de sens avec eux — caché(s) sur Greentrees. Mais tout ce qui a été mis en place a été utilisé et la fin est une vraie fin, pas une porte grande ouverte pour un troisième volume.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dire que j'ai eu un grand plaisir à le lire serait un peu exagéré, sauf les parties avec les Vignes et les cinquante dernières pages. Mais c'est sans doute là une faiblesse personnelle — il ne correspondait peut-être pas à mon humeur du moment — et non un défaut du livre lui-même. Ce qui ne m'empêchera pas de lire d'autres romans de l'auteur qui reste une de mes préférées.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Nancy Kress : Feux croisés (Crossfire)</title>
    <link>http://www.quarante-deux.org/cosmos/herzfeld/index.php/post/2010/07/04/73-nancy-kress-crossfire</link>
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    <pubDate>Sun, 04 Jul 2010 21:57:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>EllenH</dc:creator>
        <category>Lectures</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://www.quarante-deux.org/exliibris/oeuvres/k/Nancy_Kress/Feux_croises/&quot;&gt;&lt;cite&gt;Feux croisés&lt;/cite&gt;&lt;/a&gt;, premier d'une série de deux romans et seul traduit à ce jour, est paru en 2003.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans quelques siècles, la situation sur Terre n'est pas brillante, et certaines personnes pensent que la seule solution pour eux, c'est de partir et de recommencer une vie ailleurs, sur une autre planète. Les technologies pour ce faire existent et quelques groupes ont déjà tenté l'aventure, mais c'est surtout les moyens économiques qui manquent sur une Terre qui sombre progressivement dans le chaos. Jake Holman, avocat et milliardaire, a créé avec Gail Cutler, membre d'une nombreuse et riche famille idéaliste, la société Mira Corp, dont le but est d'affréter un grand vaisseau spatial, et de partir fonder une colonie à une soixantaine d'années-lumière de la Terre, sur une planète susceptible de les accueillir car habitable mais non habitée. Les colons, contrairement à ce qui s'est souvent passé sur Terre, sont tous nécessairement riches, ou sponsorisés par quelqu'un qui l'est, car ils doivent apporter leur contribution financière à l'expédition. Lors du départ, ils sont au total six mille personnes formant plusieurs groupes très divers&amp;nbsp;: un prince arabe déposé avec son entourage conséquent, une soi-disant tribu Cheyenne reconstituée qui veut vivre en harmonie avec la nature, une sorte de secte, les &lt;em&gt;New Quakers&lt;/em&gt; qui prônent, entre autre, la vie simple et la communion dans le silence, une communauté de Chinois effacés et industrieux, et aussi des scientifiques, des aventuriers, etc. L'équipage, lui, est formé d'anciens militaires suisses, d'une efficacité et d'une rigueur redoutables… Chaque groupe, si ce n'est chaque personne, a sa motivation particulière pour vouloir faire ce voyage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voyage qui prendra environ sept ans subjectifs alors que, sur Terre, soixante-dix ans se seront écoulés. C'est donc un départ sans espoir de retour. Quelques personnes restent éveillées pendant toute la durée, soit par choix soit par obligation, mais la grande majorité est plongée dans un sommeil cryogénique. Pendant le trajet, qui s'avère ne pas être de tout repos, on a l'occasion d'apprendre à connaître les personnages principaux, Jake et Gail, qui ont tous deux des malheurs personnels à laisser derrière eux, et aussi le docteur Shipley, vieil homme à la psychologie complexe, chef spirituel des &lt;em&gt;New Quakers, et&lt;/em&gt; qui a bien du mal avec sa fille Nan, rebelle et insupportable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Arrivé sur Greentrees, tout se passe pour le mieux au début, la planète a un climat agréable, une végétation qui est soit comestible soit modifiable pour le devenir. Mais les choses se gâtent quand ils découvrent plusieurs groupes d'êtres humanoïdes primitifs alors que les sondes n'avaient trouvé personne. Ceux-ci sont bipèdes, avec une longue queue et sont recouverts de fourrure de sorte que les humains les nomment les &lt;em&gt;Furs&lt;/em&gt;, les “Fourrures”. La situation se corse quand il apparaît qu'ils ne sont pas originaires de cette planète&amp;nbsp;; ils ont donc forcément été amenés ici par quelqu'un d'autre, mais par qui et pour quelle raison&amp;nbsp;? Puis, un vaisseau arrive, et à bord il y a d'autres extraterrestres, encore plus étranges et incompréhensibles, qui ressemblent, sans en être, à des plantes, à des “vignes”. Quelque temps plus tard, un deuxième vaisseau se présente, cette fois avec des êtres identiques aux Fourrures locales, mais pas primitifs du tout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Petit à petit, les humains se rendent compte qu'ils se trouvent en fait au milieu d'une guerre entre les deux espèces qui dure depuis des millénaires. Les Fourrures sont assez proches des Humains sur plusieurs plans&amp;nbsp;: leur biologie est basée sur l'ADN, leurs structures anatomiques s'apparentent aux nôtres et, psychologiquement, ils sont, de toute évidence, naturellement fourbes et violents. Ils tuent sans scrupule les Vignes qu'ils rencontrent et prennent des Humains prisonniers pour les obliger à servir d'espions. Les Vignes, bien plus bizarres — sont-ils même des individus distincts —, semblent, au contraire, totalement pacifiques et honnêtes&amp;nbsp;; ils répugnent à tuer même si leur vie en dépend, ils répondent avec franchise à toutes les questions que les Humains leur posent et ils n'aspirent qu'à réver silencieusement au soleil. Mais ce sont eux qui sont à l'origine des petits groupes de Fourrures primitifs trouvés sur Greentrees&amp;nbsp;: il s'agit en fait de colonies expérimentales, dans le but de rendre les Fourrures inoffensives sans avoir à les massacrer. Les deux ont des technologies très en avance par rapport aux Humains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De leur côté, les Humains font face à leurs propres problèmes. Ils doivent construire et faire fonctionner une colonie, certes, mais leur tâche n'est pas simplifiée par l'existence de certains sombres secrets et par celle de gens qui ne sont pas ce qu'ils prétendaient être. Le début de relations amoureuses délicates n'aide pas non plus. Kress est tout particulièrement douée pour créer des personnages vivants et crédibles et les mettre dans des situations où ils vont devoir évoluer, changer, se dépasser, pour le plus grand bonheur du lecteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'intrigue est assez complexe, sans l'être trop, et fort bien ficelée, avec des surprises et des retournements que je ne voyais pas venir. Les protagonistes humains ne sont jamais ni tout noir ni tout blanc et les extraterrestres sont tout aussi étonnants et ambigus. Même les Vignes, apparemment totalement non violentes, agissent néanmoins vis-à-vis de leurs ennemis d'une façon que certains considèrent comme absolument non éthique. Les situations ainsi mises en place permettent des questionnements philosophiques complexes, des remises en question répétées des présupposés et des préjugés de chacun, ce qui fait d'ailleurs une grande partie de l'intérêt du livre. Ce qui ne surprendra guère les lecteurs qui connaissent les autres textes de l'auteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au total, un roman riche et intéressant, de la fiction spéculative scientifique de qualité (autrement dit, de la bonne Science-Fiction…), dans une lignée néanmoins assez classique, et qui donne envie de lire la suite, &lt;cite&gt;&lt;a href=&quot;http://www.quarante-deux.org/cosmos/herzfeld/index.php/post/2010/08/14/Nancy-Kress%C2%A0%3A-Crucible&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Crucible&lt;/a&gt;&lt;/cite&gt;.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Jack McDevitt : The Devil's eye</title>
    <link>http://www.quarante-deux.org/cosmos/herzfeld/index.php/post/2010/06/04/72-jack-mcdevitt-the-devil-s-eye</link>
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    <pubDate>Fri, 04 Jun 2010 12:18:20 +0000</pubDate>
    <dc:creator>EllenH</dc:creator>
        <category>Lectures</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;McDevitt poursuit ici une de ses deux séries, avec le quatrième épisode des aventures d'Alex Benedict, antiquaire, archéologue, aventurier, et son assistante, Chase Kolpath, charmante jeune femme, pilote de vaisseau supraluminique de son état. J'avais bien aimé les trois précédents, &lt;a href=&quot;http://www.quarante-deux.org/cosmos/herzfeld/index.php/2005/10/26/28-jack-mcdevitt-a-talent-for-war&quot;&gt;&lt;cite&gt;a Talent for war&lt;/cite&gt;&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;http://www.quarante-deux.org/cosmos/herzfeld/index.php/2006/05/01/33-jack-mc-devitt-polaris&quot;&gt;&lt;cite&gt;Polaris&lt;/cite&gt;&lt;/a&gt; et &lt;a href=&quot;http://www.quarante-deux.org/cosmos/herzfeld/index.php/2006/06/25/35-jack-mcdevitt-seeker&quot;&gt;&lt;cite&gt;Seeker&lt;/cite&gt;&lt;/a&gt; qui, sans être des chefs-d'œuvre inoubliables, sont des textes de SF distrayants et sans prétention.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;L'histoire de &lt;cite&gt;the Devil's eye&lt;/cite&gt; commence lorsqu'Alex, de retour sur son vaisseau après des vacances passées à Atlantis, prend connaissance d'un message peu explicite que lui a laissé Vicki Greene, romancière célèbre, spécialiste des récits d'horreur et de fantastique. Elle paraît toute retournée, dépassée par les événements, et lui demande son aide, sans aucune précision. Le message se termine par « Mon dieu, ils sont tous morts. ». Alex n'a aucune raison de donner suite, mais quand il découvre qu'elle lui a viré, sans explication, une très forte somme d'argent, il se sent obligé d'aller plus loin. Mais Greene est introuvable et Alex apprend, par le frère de celle-ci, qu'elle s'est fait faire une “extraction mnémonique”, c'est-à-dire un effacement total de la mémoire, ce qui revient en quelque sorte à un suicide, le tout étant parfaitement légal et admis. Le corps vit toujours et, après un traitement adéquat, poursuit son existence sur une nouvelle route, avec une histoire et une personnalité différentes, et tout est fait pour que personne de la vie précédente ne puisse retrouver sa trace. D'ailleurs, sa famille organise une cérémonie qui a tout d'un enterrement, malgré l'absence de cercueil.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Donc, Alex et Chase vont partir à la recherche de la raison qui a pu pousser Vicki Greene à cette extrémité. Ils apprennent qu'elle avait subi, contre sa volonté, un “bloc linéal”, procédé en principe médical utilisé uniquement pour traiter des maladies mentales sévères, qui consiste à isoler un ensemble de souvenirs de telle manière à ce que le patient ne puisse plus agir sous leur impulsion. Le résultat est que le souvenir est toujours présent, mais la personne ne peut même plus en parler. C'est cette situation qui a apparemment abouti à ce que Greene préfère le suicide psychologique plutôt que de garder la mémoire de quelque chose et de ne rien pouvoir faire à son propos.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Pour comprendre ce qui a bien pu se passer, ils vont retracer les pas de la romancière pendant son dernier périple, à Salud Afar, planète dans un système très isolé tout au bord de la galaxie, à plus de trente mille années-lumière, donc à un mois de voyage de l’endroit où habite Alex. Ils pensent qu'elle a certainement dû découvrir quelque chose que certains voulaient garder secret, et que ça a mal tourné. Pendant cette quête, on va visiter divers coins touristiques sur Salud Afar — tous plus ou moins orientés vers des légendes empreintes de fantastique ou d'horreur, avec des mises en scène à la Disney —, on va également apprendre plein de choses sur sa longue histoire pas toujours très rose. Après moult péripéties, et quelques épisodes où il apparaît clairement que quelqu'un en veut à leur peau, ou du moins cherche à leur faire comprendre qu'ils feraient mieux de cesser de se mêler de ce qui ne les regarde pas, Chase découvre enfin le secret sur lequel Vicki Greene était manifestement tombée elle aussi.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Le mystère est donc éclairci, et nous ne sommes qu'à la page 210, sur 359… Car il se trouve que c'est en réalité un roman à tiroirs, et la deuxième partie est, pour moi, la plus substantielle, au sens propre. Salud Afar, monde comprenant plusieurs milliards d'habitants, est manifestement en danger de mort ; il n'a en fait plus que trois ans à vivre. Il serait possible de sauver une grande partie de la population, peut-être la planète elle-même, sous réserve que les politiciens arrivent à dépasser leurs petites querelles intestines, et que la guerre larvée avec les Ashiyyurs, extraterrestres déjà rencontrés dans les épisodes précédents, soit mise en veilleuse par les deux côtés, du moins temporairement. Pour ça, il faut obtenir un accord bilatéral de cesser le feu, ce qui n'est guère commode. Car les Humains et les Ashiyyurs (êtres de grande taille à l'aspect un peu insectoïde) se trouvent mutuellement abominablement répugnants, chacun ressentant une répulsion véritablement physique en présence de l'autre. De plus, les Ashiyyurs, qui ne communiquent entre eux que par télépathie, lisent avec tout autant d’aisance dans la tête des Humains, qu'ils considèrent d'ailleurs comme une espèce inférieure. Ce qui ne facilite pas la confiance mutuelle et les bonnes relations diplomatiques.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Alex et Chase, qui ont déjà rencontré les extraterrestres en question et qui se sont même liés d'amitié avec certains d'entre eux, sont envoyés là-bas en ambassadeurs pour essayer d'obtenir un accord de cesser le feu, prélude possible à une paix plus durable. C'est l'occasion d'explorer les implications personnelles et politiques d'une société où il n'y a pas de secrets, où les pensées de tous sont en permanence étalées au grand jour. Pour les Humains qui ont l'habitude d'être seuls et bien isolés dans leur tête, c'est une expérience difficile et déroutante, et les règles de la politesse et de la diplomatie sont nécessairement remises en question. Avec les Ashiyyurs, c'est plutôt la sincérité qui paie, à condition que les sentiments effectifs soient les bons. Heureusement, Chase, candide, empathique et généreuse est à la hauteur. De même, McDevitt étudie les conséquences d'une répulsion viscérale engendrée par l'autre et les possibilités de la surmonter. Ces deux aspects étaient, pour moi, les parties les plus intéressantes du roman, et de loin.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Les derniers chapitres comportent encore un tiroir en quelque sorte, mais je le voyais quand même venir de loin. Je n'en dis pas plus, comme ci-dessus à propos du secret, pour ne pas gâcher le plaisir du lecteur éventuel…&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;La fin, du moins pour l'aspect “planétaire”, est un peu rapide et on ne voit pas grand-chose du dénouement qui est présenté en quelques lignes.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Au total, un roman typique de McDevitt, avec de l'aventure, quelques personnages sympathiques, un peu de réflexion, mais tout de même quelques faiblesses. En particulier, la première partie est un peu trop longue à mon goût — le tourisme planétaire, ce n'est pas ce que je préfère — alors que la deuxième partie, et aussi la fin, auraient pu être un peu plus détaillées. Mais il n'y a rien là de rédhibitoire. Si vous avez aimé les précédentes aventures d'Alex et Chase, celle-ci vous fera passer aussi quelques bonnes soirées.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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