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velléitaire et fantasque

Un journal à parution kantonpeusuelle, et quelques photos…

dimanche 25 juin 2006

Jack McDevitt : les Machines de Dieu (the Engines of God)

McDevitt donne dans les cycles qui se suivent et de plus se ressemblent : du space-op archéologique. Après avoir lu la série des aventures d'Alex Benedict et Chase Kolpath (a Talent for war, Polaris et Seeker), j'ai entrepris celle de Priscilla Hutchins — Hutch pour les intimes. Le premier, les Machines de Dieu, se passe environ deux cents ans dans l'avenir.

Sur terre, malgré diverses catastrophes prévisibles dont le réchauffement climatique, on a réussi à mettre au point le voyage supraluminique, ce qui a permis d'explorer notre système solaire et d'en découvrir d'autres, avec des planètes susceptibles d'héberger la vie telle que nous la connaissons. Sur une lune de Jupiter, on a trouvé un monument artificiel, manifestement construit par une race d'extraterrestres très ancienne et très évoluée. Ailleurs, on a découvert d'autres monuments étranges : des “lunes” cubiques qui orbitent autour d'une planète à la civilisation primitive et violente ; sur la lune d'une autre planète, Quraqua, dont les habitants ont disparu depuis longtemps, il y a une sorte de fausse ville, faite de gigantesques blocs de pierre disposés de façon symétrique. Curieusement, ces divers monuments que les savants pensent avoir été construits par la même race, portent tous des traces de ce qui semble être des bombardements.

Quraqua est un site archéologique de premier choix et les recherches, qui se poursuivent depuis des années, ont permis d'apprendre que ce ne sont pas les indigènes qui ont construit la fausse ville sur leur lune, mais bien une autre race qui est venue leur rendre visite. Cependant, certains terriens s'intéressent à Quraqua pour une autre raison : la terraformation. En effet, sur Terre, la situation se dégrade et il est urgent de trouver un autre lieu pour accueillir les humains qui — bien entendu — ont la ferme intention de ne pas reproduire les erreurs qui les obligent à chercher un nouveau domicile. Et cette terraformation, qui est prioritaire, va entraîner de tels bouleversements à l'échelle de la planète que toutes les fouilles archéologiques devront cesser et que tous les vestiges seront irrémédiablement détruits.

Hutch, notre héroïne, une jolie petite personne au caractère affirmé, est pilote de vaisseau supraluminique. Elle travaille pour l'Académie qui subventionne les recherches et est copine avec les archéologues qui s'intéressent aux Monuments mystérieux et participent aux fouilles sur Quraqua. C'est donc une course contre la montre qui s'engage pour obtenir un maximum de renseignements scientifiques avant le début des explosions nucléaires qui vont fondre les calottes glaciaires et transformer la planète.

Parallèlement, divers indices sont découverts qui laissent penser que les systèmes où des monuments ont été découverts ont subi des événements cataclysmiques à des intervalles réguliers d'environ 8000 ans. Le départ précipité de Quraqua se passe moyennement bien — pour les protagonistes — et l'histoire se poursuit à la recherche de l'origine des monuments et de leurs créateurs. Il faut dire que j'ai parfois eu du mal à suivre les explications — dont finalement je me moque un peu — et descriptions, et à garder en tête qui était qui parmi les personnages secondaires. Ceci est peut-être lié à mon rythme de lecture : quelques pages le soir dans mon lit.

Les aventures, dont certaines dans le genre cinéma catastrophe — ou même SF matinée d'horreur — à grand spectacle, se succèdent. Hutch se retrouve à plusieurs reprises dans des situations très très limite mais, comme on sait qu'elle va avoir d'autres aventures dans les livres suivants, on peut en profiter sans être trop angoissé. Il y a quand même des personnages centraux qui trépassent, faut pas croire. Il n'en reste pas moins que l'ambiance exploration de territoires inconnus de l'espace profond fait penser qu'ils poursuivent la tradition d'un certain groupe qui, courageusement, partait « là où aucun homme n'est jamais allé ». Ceux qui connaissent mes goûts savent que c'est, de ma part, plutôt un compliment. La fin apporte une solution qui paraît un peu fabriquée et qui, en fait, ne fait que repousser le mystère un cran plus loin. C'est un peu décevant, sauf si l'on considère — si l'on espère — que ce n'est que partie remise, pour un autre roman.

Jack McDevitt : Seeker

La troisième aventure de Chase Kolpath et Alex Benedict, antiquaires aventuriers, continu la tradition commencée dans les deux prédédents, a Talent for war et Polaris. Cette fois, il s'agit d'une enquête portant sur une colonie disparue et mythique. C'est toujours Chase qui raconte, et heureusement, car Alex reste souvent tranquillement chez lui alors qu'elle part en mission dans des endroits divers et variés, chez les Ashiyyur, seule espèce extraterrestre connue, et sur Terre, cette planète qui est en partie un musée d'histoire — très — ancienne.

L'affaire commence avec Amy, qui se présente chez l'antiquaire pour proposer une tasse qui, apparemment, daterait de 9000 ans. Il y a une inscription dessus — dans une langue morte : l'anglais — qui permet finalement de la rattacher à un vaisseau mythique, dénommé "Seeker", qui a servi à l'émigration d'un groupe de gens qui voulaient fonder une société nouvelle et utopique loin de la Terre, à l'époque dominée par des gouvernements peu sympathiques. L'idée était de partir sans laisser d'adresse — autre que le nom : Margolia — afin d'être définitivement à l'abri de l'intolérance terrienne. Comme personne n'avait plus jamais entendu parler d'eux, il était impossible de savoir s'ils avaient réussi et prosperaient dans leur coin ou s'il leur était arrivé malheur. Et voici donc qu'il y a une piste pour éclaircir le mystère. Nos intrépides héros, toujours prêts à tout pour trouver une nouvelle civilisation ou un nouveau site archéologique, tant pour faire avancer la connaissance que pour alimenter l'inventaire de l'entreprise, partent en exploration.

Un élément m'a laissée perplexe : l'existence d'avatars, de constructions informatiques qui représentent une personne, vivante ou décédée. Le résultat est plus ou moins fidèle, en fonction de ce qui est connu de la personne. Les contemporains de l'histoire peuvent avoir des avatars très proches de la personne réelle car tout est prévu pour ça, mais pour des personnages historiques, c'est plus aléatoire. Il n'empêche que l'IA de service arrive à reconstruire un avatar de Harry Williams, le chef du groupe des Margoliens. Et celui-ci, bien qu'il ne sache rien qui ne soit pas dans les bases de données connues, bien qu'il "ait conscience" de n'être qu'un programme, bien qu'il n'ait peut-être qu'une ressemblance lointaine avec le vrai Harry Williams, est présenté comme un interlocuteur valable et sérieux, et Alex et Chase discutent longuement avec lui à plusieurs reprises, comme s'il était vraiment le Harry Williams de 9000 ans auparavant. C'est un concept assez courant dans la SF mais, ici, quelque chose m'a dérangée. Je pense que c'est l'absence de questionnement — par lui-même ou par les autres — sur la nature de son être, l'absence de toute interrogation philosophique qui m'a manqué. Peut-être que c'est plutôt bon signe que j'ai été perturbée. Cela pourrait vouloir dire que l'approche était originale, et même réussie. En effet, pourquoi des gens d'une société 9000 ans dans le futur, pour qui les avatars sont totalement banalisés, devraient-ils se poser des questions sur le sujet ? Est-ce qu'on se pose des questions philosophiques sur la nature de la photographie ou du cinéma ?

Pour le reste, l'histoire est pleine d'aventures et de rebondissements, dont certains assez spéctaculaires. Les personnages sont sympathiques et intéressants. Le tout est globalement agréable et distrayant. C'est le meilleur des trois de la série. Du space-op non militaire bien fait.

dimanche 11 juin 2006

Le dixième anniversaire des éditions du Bélial'

Comme les trois personnes qui lisent ce blog ont pu le constater, je ne fais pas grand-chose en ce moment. J'ai quand même pris le temps aujourd'hui de trier les photos prises lors de la petite fête organisée par la librairie Millepages à Vincennes pour le dixième anniversaire des éditions du Bélial'. C'était le 1er juin vers 19h30.

Il y avait bien plus de monde que ce qui apparaît dans ces quelques photos retenues parmi la centaine que j'ai prises. Bénédicte Lombardo m'a affirmé qu'il était très difficile de la prendre en photo car elle fermait toujours involontairement les yeux. J'y suis quand même à peu près parvenu. Serge Lehman — qui réapparaît de plus en plus souvent — était là dans son rôle habituel de charmeur de ces dames. Olivier Girard, toujours débordant d'énergie, s'occupait des chips et des boissons… Thibault Eliroff, le nouveau maître des collections créées par Jacques Sadoul chez J'ai lui, était d'une discrétion impressionnante. Gilles Dumay portait son T-shirt des grandes occasions. J'ai eu bien du mal à faire une photo de Catherine Dufour où elle ne mâchait pas allègrement un biscuit, ce qui nuisait quand même à l'esthétique… Roland Lehoucq, astrophysicien qui écrit des articles scientifiques dans Bifrost, est chevalier dans la lutte contre l'obscurantisme. De la vieille garde, il n'y avait que Philippe Curval, toujours vaillant. Et enfin, j'ai raté Pascal Godbillon, le cheveu court et en costume dans son nouveau rôle de directeur de Folio SF. Ce sera pour la prochaine fois.