Quarante-Deux

Cosmos privés : carnets personnels

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Comme par technologie…

samedi 5 novembre 2005

Vrac 020 : Espace et spasmes

En l'espace d'une petite année, nous en sommes déjà à deux versions différentes pour le recueil Espace et spasmes d'Emmanuel Guillot. Ce français né en Équateur se fait éditer au Québéc et l'on peut se faire une idée de son style en lisant "le Plasmode", nouvelle extraite dudit recueil et disponible en ligne.

L'intérêt science fictif de "the Memory of elephants" de Boman Desai est assez limité : le personnage principal a bien inventé une machine à activer les souvenirs, mais ce n'est que prétexte ensuite pour l'auteur à descriptions détaillées de la diaspora Parsi aux différentes époques de sa propre histoire familiale, sans plus aucun élément spéculatif. Nous est fournie une information pratique, néanmoins, quant aux climats respectifs de Bombay et Delhi, le premier torride, dégoulinant et invivable, le deuxième brûlant, arride mais supportable. C'est utile à savoir lorsque, pour des raisons de délocalisation des compétences informatiques, on est obligé d'aller travailler à l'étranger et que l'on a le choix entre les deux :-) Cette connaissance prépare également à aborder "le Procès de l'Homme blanc" de Yann Quero chez Arkuiris, une maison d'édition toulousaine toujours vouée aux choses orientales, qui publie ici un roman SF dont la photo de couverture présente justement un quartier peu favorisé de Bombay où l'on n'aimerait guère survivre au premier coup d'œil, surtout quand on ressent déjà la pression de l'air, torride, dégoulinant et invivable. Le lecteur est donc en condition pour se lancer dans le texte…

jeudi 3 novembre 2005

Vrac 018 : les Souterriens

Toute une génération d'amateurs a orbité voici plus de vingt ans autour du Rayon SF, avec force articles listant les oublis ou dénonçant les inclusions abusives de ce catalogue de cotes engendré par un médecin et un libraire qui, si l'on en croit leur photo en quatrième de couverture, ne savaient pourtant manifestement pas dans quel sens se lit un livre :-) Il faut dire que la recherche des hors-collection est le sport national de certains dans l'après-guerre, et l'occupation exclusive des amateurs d'anticipation ancienne. Contribuons à l'expérience en identifiant dans les Vrac qui suivent un certain nombre d'objets solitaires qui se doivent d'être collectionnés…

Et commençons par les Souterriens d'Hervé Thiellement, premier tome d'un roman par nouvelles dont la couverture sympathique est signée Thiriet. Des clones, des clones, mais pas des Panzanoff puisqu'il s'agit ici de Fernando, un soldat pacifique du monde d'après la bombe qui aide l'Humanité résiduelle à revenir aux valeurs premières de l'amour et de l'amitié. Vaste programme.

mercredi 2 novembre 2005

Vrac 017 : Sable

Fermín Moreno González, à ne pas confondre avec le Fermín González-Bernardo qui fricotait voici un quart de siècle avec Richard Delano Nolane dans l'édition de textes fantastiques horrifiques, Fermín Moreno González, donc, est un fanéditeur espagnol qui s'intéresse aux littératures de l'imaginaire au sens international des termes. Quel insecte l'a cependant piqué pour qu'il se décide soudain à publier entièrement en français un numéro de Sable, son fanzine princeps, et ce d'autant qu'il s'attend ce faisant à déboucher — la belle formule est de lui — sur un petit hara-kiri commercial. L'affaire est d'autant plus étrange qu'au sommaire on trouve des textes francophones bien repérés qui n'ouvriront guère l'horizon hexagonal. Heureusement, on remarque aussi des nouvelles de Victor Miguel Gallardo Barragán, Alan W. Wolf, Sergio Gaut vel Hartman et… Fermín Moreno González lui-même que nous n'aurions pas pu lire autrement.

Roland Nazarène Stragliati (ne pas prononcer le "g") a toujours soutenu mordicus que le mouvement surréaliste avait produit ses textes les plus intéressants en Belgique. C'est un peu dans cette tradition que se situe l'Éphémère immortel, recueil de Frank Roger publié par het Zindend schip, éditeur dont il semble que cela soit le seul titre en français. D'abord dans sa facture, puisqu'il se présente sous forme de feuilles libres de papier grisâtre sous emboîtage avec titraille découpée façon lettre anonyme. Dans son contenu, ensuite, puisque chaque cahier est précédé d'une illustration hommage à cette période de l'art moderne, en référence notamment à Magritte ou, de manière ironique, au cubisme et à Mondriaan tel que Magritte aurait pu les pervertir. Mais qu'on se rassure, les textes sont aussi de Science-Fiction…

vendredi 21 octobre 2005

Vrac 015 : Aucun être humain

Il y a comme ça des livres que l'on entrouvre dans le secret espoir de pouvoir les refermer aussitôt. On se demande d'ailleurs pour commencer ce qui a poussé à les prendre en main puisque rien vraiment n'y prédisposait.

C'est le cas, par exemple, de l'anthologie Noir en rade publiée en 2004 par l'association Mauvais genres de la rade de Brest. Quoi de plus éloigné de la Science-Fiction, en effet, que cette série de textes glauques et très contemporains par des auteurs de romans policiers bretons en prise avec l'immédiat ? Et c'est là qu'une phrase de la préface attire l'attention, qui condamne définitivement à la lecture, si ce n'est pas à l'inclusion définitive du livre dans la bibliothèque et à sa prise en compte partielle dans la base de données : « […] nous n'aurions pas pu espérer vous faire découvrir de meilleure manière le talent de ces écrivains qui nous tiennent tous à cœur. Futuriste, tragi-comique, cruel ou fantasmatique, noir à souhait, chaque texte est un petit bijou ciselé. ».

Futuriste ? ARgHh !!! Coincé… Il faut y aller ! Et après le rythme de lecture effréné d'un texte tout au plus par semaine, là, dans les toutes toutes dernières pages, que trouve-t-on, sous la plume de Yannick Letty : "Aucun être humain ne saura que vous avez lu ce texte •", qui relève bien de la SF, avec une fantaisie typographique dont il n'est presque rien dit ici mais qui fait sourire et même revenir en arrière sur la première page de la nouvelle qui avait été manifestement mal lue, ou tout au moins lue de manière incomplète…

jeudi 20 octobre 2005

Vrac 014 : Ailleurs et demain

On sait depuis un temps certain déjà qu'"Ailleurs et demain" est spécialisée en Fantasy, “mauvais genre” où va la préférence de son directeur. Les titres, d'abord, qui ne laissent pas de doute : le Lait de la chimère, la Reine des anges, les Sorciers de Majipoor, le Roi des rêves, le Frère des dragons, les Dieux du grand loin, l'Œuf du dragon, le Gnome ! Le contenu, ensuite, cristallisé dans Éon où l'un des personnages sort d'un coup un seul un pimètre, forme de baguette magique nous transférant dans un univers pseudo-médiéval où π n'est pas égal à 355/113, c'est-à-dire où π n'est pas égal à π, où sans doute 3 n'est pas égal à 3 non plus…

Fallait-il donc référencer cette collection qui, de plus, et c'est un comble, ne publie plus de Greg Egan depuis que celui-ci a plus ou moins cessé d'écrire ? Robert Silverberg, Kevin J. Anderson, Robert Silverberg, Kevin J. Anderson et Robert Silverberg ne nous y encourageaient guère..!

Quand soudain, une avalanche de talents nouveaux est venue nous attendrir : Edward Whittemore, Charles Stross, Paul Di Filippo, Sean McMullen, accompagnés par Georges Panchard, excellent auteur suisse très souvent publié par nous dans les anthologies francophones du Livre de poche.

Devant un tel renouveau dont on ignore la véritable motivation mais qui paraît fort bienvenu, une énergie nouvelle nous a saisis, et nous avons donc mis en ligne une bonne partie des dépouillements bibliographiques qui font la jonction entre ces publications récentes et les informations contenues dans "Alibi et crastino" (Alibi crastinoque ?), notre index général publié dans "Ailleurs et demain" a vingt ans, dépouillements qui étaient pratiquement terminés depuis des années, plus précisément depuis la sortie de notre catalogue 2001 du Livre de poche (550 K).

Nous attendons la suite de pied ferme, en espérant rapidement combler les trous jusqu'au Vagabond.

mercredi 19 octobre 2005

Vrac 013 : Espace(s)

À la sortie de Gibert Joseph, si l'on a été par trop agressé par les piles de livres, les entassements de cartons, les mouvements de tables, les envolées de vendeurs, les enfilades de réserves, les écroulements de balivernes, les sonneries intempestives des portiques de contrôle, bref le théâtre du monde, on peut toujours aller se reposer dans l'infinie civilisation de la librairie Compagnie.

Là, tout et calme, reposé ; on n'entend rien tintinnabuler : pas un souffle, pas un gramme de poussière, pas un livre qui déborde ou que l'on n'arrive pas à situer. Le rayon Science-Fiction, peu fourni mais deupécable, se repère facilement au sous-sol dans la pièce des revues en tout genre, et l'on peut dont en profiter pour faire des découvertes sur les tables d'exposition. Comme par exemple le premier numéro d'Espace(s) de l'Observatoire de l'espace du Centre National d'Études Spatiales, qui se présente sous la forme d'une anthologie entièrement consacrée à l'Expérience du récit scientifique, et donc à la SF, autour de dix mots choisis par le ministère de l'Aculture (complexité, cristal, désenchevêtrement, élémentaire, hélice, icône, miroir, ondelette, rayonnement et variation) mais détournés pour l'occasion.

Mais tout n'est pas là : après s'être ressourcé, retour au boulevard, direction Gibert Jeune :-)

mardi 18 octobre 2005

Vrac 012 : Brian W. Aldiss

Les vendeurs de littérature blafarde chez Gibert Joseph n'ont jamais entendu parler de toi, Brian W., et même lorsqu'Anne Marie Métailié s'est lancée à ton propos dans une frénésie de publications voici trois-quatre ans, ils n'avaient de conseil pour le lecteur ou le collectionneur avides de trouver leur manne que d'aller voir dans les rayons à la lettre A… Que tu avais raison en suggérant, en 1999 à Poitiers, que :

« Même s'il semble que nous n'ayons pas de soutien
Et que notre travail ne survivra pas,
Les armées de nos fils et de nos filles
Des temps futurs se battent pour notre camp.
Courage ! Oublions la fierté et la tristesse.
Nous sommes les porteurs de lendemains. »

Pendant que tu t'y emploies avec ton propre site, nous tentons donc d'infecter irrémédiablement l'internet avec des références francophones te concernant, et ce faisant nous remarquons :

  • qu'il y a deux éditions différentes de ton recueil SuperToys malgré le même numéro d'ISBN : l'une à trouver en librairie au rayon A mentionné ci-dessus ; l'autre, au sommaire plus réduit, cachée dans le coffret de l'édition de luxe du film Intelligence Artificielle du science-fantaisiste Steven Spielberg ;
  • que ta nouvelle "Rien dans la vie n'est jamais suffisant", au sommaire du même SuperToys, avait précédemment paru dans l'anthologie anniversaire Quand on aime…, toujours chez Métailié ;
  • qu'une préface de toi se cache dans le recueil contenant le très dystopique "Neige" d'Anna Kavan.

Haut les cœurs !

Référencer les nouvelles au sommaire des anthologies Alfred Hitchcock présente peut sembler simple a priori : 1) lire tous les textes ; 2) repérer ceux qui relèvent de la Science-Fiction ; 3) y ajouter pour bien faire ceux qui ne sont pas SF mais de la plume d'auteurs nous concernant. Seulement, voilà, la lecture d'un tel amoncellement dépasse les limites de notre motivation, pourtant grande : un sentiment d'angoisse profonde ne tarde pas à monter dès la première page du premier volume, et l'idée du suicide ne paraît soudain pas si mal venue. Deux solutions s'envisagent donc pour échapper à un tel destin :

  • celle adoptée voici de nombreuses années par Bernard Goorden dans ses index annuels et critiquée sans commisération aucune par Jean-Luc Buard qui n'avait pas bien pesé l'ampleur du sujet, c'est-à-dire lister sans réfléchir l'intégralité des sommaires, polluant ainsi l'infosphère science-fictive des références avancées mais sans en manquer aucune ;
  • ne s'occuper que des auteurs et des nouvelles que l'on connaît par ailleurs, en ajoutant quelques textes par ci par là dont le titre a intrigué, a laissé penser — à bon escient après vérification — que, mais en en manquant à coup sûr..!

Soucieux de notre santé mentale, c'est cette dernière méthode que nous avons adoptée, en passant en revue les volumes de Pocket, du Livre de poche et de la "Bibliothèque verte". Nous avons été un jour conforté dans cette voie par une rencontre autour d'une photocopieuse avec Maurice Bernard Endrèbe, le responsable des sommaires français de cette série, qui nous a dit éliminer systématiquement la SF de ses choix puisque le public visé n'en était pas lecteur. Voilà une sage décision de sa part, qui nous aide à mieux dormir. Si quelqu'un repère un vide béant dans le pointage effectué, que nous considérons maintenant comme terminé, qu'il nous le signale : il sera toujours temps d'intervenir…

dimanche 16 octobre 2005

Vrac 010 : Fiction numéro 2

Le numéro 2 de Fiction est sorti. En dehors des nouvelles au sommaire, on remarque l'intérêt porté par la rédaction à la création artistique, d'abord en raison de l'allure générale de la revue dont la facture est plus dans la tradition surréaliste ou Dada du siècle passé que de l'hyperréalisme hi-tech habituel, ensuite par l'article sur Mark Rothko, le portfolio Gahan Wilson ou les nombreux dessins d'humour qui entrecoupent la lecture. À tout cela s'ajoute l'éternel blog de Francis Paul de Valeri-Mallinger casas de Rũa-Dostert clan Ramsay qui cette fois-ci encense Gilles Dumay y Thomas Day en hésitant néanmoins un peu sur l'orthographe de "la Voi(e|x) du sabre" qu'il prétend pourtant avoir relu attentivement :-) Les abonnés reçoivent un numéro 2 bis en supplément contenant deux nouvelles dont une de John Crowley retraduite pour l'occasion.

samedi 15 octobre 2005

Vrac 009 : Bonnes nouvelles

Bonnes nouvelles est une anthologie à fins pédagogiques parue en 1997 dans une collection de petits classiques et qui contient, entre autres nouvelles générales, des textes connus de Damon Knight, Ray Bradbury et Robert Sheckley. Elle est assortie d'un parcours de lecture publié à part, et l'on remarque que récemment, lors d'une réimpression, son titre est devenu Bonnes nouvelles 1 et qu'un deuxième volume est donc attendu pour bientôt qui contiendra peut-être aussi de quoi nous intéresser. Ne pas se laisser impressionner par l'argumentation commerciale de l'éditeur qui qualifie cet ouvrage de « véritable propédeutique à la démarche interprétative des textes littéraires ».

vendredi 14 octobre 2005

Vrac 008 : Éco-fiction

Libération a publié, dans son supplément de cet été, Éco-fiction, une série d'articles romancés présentant des scénarios du futur proche assez humoristiques. On retiendra surtout "un Monde parfait, sans échanges" qui évoque la société qui nous attend, c'est-à-dire celle où tout sera sous copyright et où il faudra payer si l'on veut chanter sous la douche ou défiler au son d'un hymne guerrier. En principe, tous ces suppléments sont disponibles comme d'habitude pendant six mois, sauf peut-être celui du samedi 27 qui a eu le malheur de paraître en même temps que la bande dessinée du week end. L'archiviste n'en a plus mais il en reste peut-être sous le comptoir dans l'entrée, thésaurisés par les hôtesses de l'accueil, et si l'on est très poli…

mardi 11 octobre 2005

Vrac 007 : la Planète noire

On n'hésitait pas, dans Jours de France en 1955, à prendre n'importe quel paperback de SF en anglais qui traînait par là et à le faire traduire en feuilleton à destination des lectrices modernes. C'est ainsi que l'illustrissime roman "Dark dominion" de David Duncan a donné "la Planète noire", mise en français qui aurait paru fort peu probable dans un tout autre contexte.

Au début, il s'agissait de publier toutes les nouvelles de Philip K. Dick dans la collection "Présence du futur", d'où l'appellation Intégrale affichée par les documents publicitaires de l'époque. Ensuite, "10 | 18" s'y mettant aussi, cette série de livres est devenue Intégrale des “indisponibles” et n'a connu finalement que huit volumes. L'affaire s'est alors un peu compliquée parce que la traduction de ces textes a été revue par Hélène Collon pour la véritable intégrale de la collection "Présences", et que certains volumes initiaux — mais pas tous — ont été réimprimés par Denoël avec le même sommaire mais composé des nouvelles traductions. C'est alors qu'est arrivée "Folio SF" qui a aussi commencé par reprendre les mêmes sommaires avec les nouvelles traductions, pour ensuite refondre ceux qui restaient à paraître en trois volumes thématiques. Un bonheur pour le bibliographe. En principe, le dépouillement acrobatique de l'ensemble ayant été réalisé, il devrait maintenant être possible de finalement s'y retrouver.

dimanche 9 octobre 2005

Vrac 005 : Fantasy à particule

Si on laisse traîner l'oreille dans les locaux de la librairie Scylla, pour espionner les conversations des amateurs de Fantasy, on s'aperçoit qu'ils insistent souvent sur l'immersion totale que ce genre leur procure : dans tel ou tel texte, ils ont vraiment eu l'impression d'être un troll, dans tel autre, la magie était vraiment à leur service, etc. Ce besoin d'identification se confirme à la lecture des chapôs introductifs des textes dans les anthologies spécialisées, chez Nestiveqnen, l'Oxymore, Parchemins & traverses ou autres, pratiquement toutes cataloguées dans exliibris. D'abord, comme dans un jeu de rôle, les auteurs présentés utilisent souvent des peudonymes en rapport avec leurs textes et à forte résonance nobilière ou mythologique ; ensuite, leur vie personnelle et leur psychologie particulière sont souvent évoquées sur un mode fictionnel, presque affabulé : on a l'impression d'avoir affaire à des êtres plus grands que soi, d'un autre niveau d'inconscience, perdus et exilés chez les Hommes leurs lecteurs, et quand on les connaît personnellement, on est parfois surpris d'être manifestement passé à côté de tant de magnificence. Un exemple : « À l'orée de la forêt ancestrale, Denys de Bondeville et Izlindir se sont retrouvés pour couler leur âme dans l'obsidienne de ce parchemin. Laissant éclater leur cœur d'amour infini et pour notre plus grand émoi, ils parsèment de magie les pages qui suivent où l'on retrouve leur héros Vivie'n, toujours en apprentissage sur les terres du Baron Noir. » Sommes-nous d'accord : Denys de Bondeville et Izlindir sont les auteurs du texte, et Vivie'n n'en est que le personnage, mais cela pourrait parfaitement être l'inverse… Si le texte était de Science-Fiction, on aurait lu : « Plombier-zingueur dans le sud de la France, Roger Martin échappe à son quotidien quelque peu aliénant en écrivant des textes spéculatifs où il réfléchit sur la place du labeur dans nos sociétés hypermécanisées. Le texte que nous vous présentons ici, comme à son habitude dans la grande variété de son inspiration, redéfinit quelques notions que nous pensions pourtant bien acquises. ». On peut se demander s'il serait possible d'introduire de manière aussi impliquée qu'en Fantasy un texte SF, et on y parvient en fait assez facilement dans le cadre d'un cycle ou d'un sous-genre bien balisé : « Enfourchant sa fusée transluminique, RogM nous transporte encore dans les lignes qui suivent sur les rivages galvaniques de l'empire Gris. Se mettant en scène lui-même, RogM parvient cette fois enfin à briser la secte désoxyribonucléique. ». Mais ça fait un peu ridicule, alors qu'en Fantasy ça passe à peu près et on se demande pourquoi.

samedi 8 octobre 2005

Vrac 004 : le Monde dimanche

Dans le supplément le Monde dimanche puis le Monde aujourd'hui, une série hebdomadaire de nouvelles a été publiée du 16 septembre 1979 au 1er juin 1986. Les textes nous concernant (une vingtaine) devraient maintenant être tous référencés dans exliibris, à découvrir à l'occasion des recherches…

vendredi 7 octobre 2005

Vrac 003 : Pensées secrètes

Une citation extraite d'un entretien avec David Lodge dans le numéro de février 2004 du Magazine littéraire, à propos de "Pensées secrètes" : « C'est très difficile de faire entrer l'argumentation non-narrative scientifique dans un roman, sans ennuyer le public, ou faire de la Science-Fiction. J'ai vraiment failli arrêter de l'écrire. ». C'eût été dommage, car si l'on fait abstraction des préoccupations essentiellement sexuelles quoiqu'universitaires du personnage principal, on trouve dans ce texte une dénonciation en bonne et due forme et nous l'espérons définitive du post-modernisme, repackaging moderne de toutes les traditions obscurantistes, et pour ce qui nous concerne un certain nombre de petites nouvelles “à la manière de” dont certaines sont fantastiques ou science-fictives.

jeudi 6 octobre 2005

Vrac 002 : la Chute finale

Christopher Priest passe son temps à affirmer qu'il n'est pas un écrivain de Science-Fiction. Lirait-il le français qu'il trouverait peut-être chez Francis Berthelot — qui transficte d'ailleurs "le Prestige" en en faisant une lecture onirique toute personnelle et donc intéressante même si inexacte — un vocable plus en rapport avec ses présentes ambitions. En tout cas, que foutait-il à la convention mondiale de Glasgow en tant qu'invité d'honneur ? On le retrouve en français au sommaire du supplément Livres du journal bruxellois le Soir avec la nouvelle "la Chute finale", écrite dans le cadre des cent soixante-quinze ans de la Belgique.

mercredi 5 octobre 2005

Vrac 001 : transfictions

Francis Berthelot vient de sortir ce qui lui vaudra sans doute le prochain prix spécial du Grand Prix de l'Imaginaire — qu'ils sont donc prévisibles ! —, à savoir Bibliothèque de l'entre-mondes, où il traite de ce qu'il nomme transfiction et que nous appelons depuis toujours fiction spéculative, genre à qui il voudrait donner une identité plus forte, ce qui est maintenant chose faite avec un tel nom plus médiatique et un tel manifeste. Quand la transfiction pourra se définir seule, sans avoir à en passer par l'opposition à ou la comparaison à la Science-Fiction, l'affaire sera complètement entendue mais ce n'est pas manifestement encore complètement le cas. Courage !

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