eliixir
Google  
     
 
Vous êtes ici : Quarante-Deux Cosmos privés eliixir

eliixir

Comme par technologie : les pensées du bibliographe

dimanche 16 octobre 2005

Vrac 010 : Fiction numéro 2

Le numéro 2 de Fiction est sorti. En dehors des nouvelles au sommaire, on remarque l'intérêt porté par la rédaction à la création artistique, d'abord en raison de l'allure générale de la revue dont la facture est plus dans la tradition surréaliste ou Dada du siècle passé que de l'hyperréalisme hi-tech habituel, ensuite par l'article sur Mark Rothko, le portfolio Gahan Wilson ou les nombreux dessins d'humour qui entrecoupent la lecture. À tout cela s'ajoute l'éternel blog de Francis Paul de Valeri-Mallinger casas de Rũa-Dostert clan Ramsay qui cette fois-ci encense Gilles Dumay y Thomas Day en hésitant néanmoins un peu sur l'orthographe de "la Voi(e|x) du sabre" qu'il prétend pourtant avoir relu attentivement :-) Les abonnés reçoivent un numéro 2 bis en supplément contenant deux nouvelles dont une de John Crowley retraduite pour l'occasion.

samedi 15 octobre 2005

Vrac 009 : Bonnes nouvelles

Bonnes nouvelles est une anthologie à fins pédagogiques parue en 1997 dans une collection de petits classiques et qui contient, entre autres nouvelles générales, des textes connus de Damon Knight, Ray Bradbury et Robert Sheckley. Elle est assortie d'un parcours de lecture publié à part, et l'on remarque que récemment, lors d'une réimpression, son titre est devenu Bonnes nouvelles 1 et qu'un deuxième volume est donc attendu pour bientôt qui contiendra peut-être aussi de quoi nous intéresser. Ne pas se laisser impressionner par l'argumentation commerciale de l'éditeur qui qualifie cet ouvrage de « véritable propédeutique à la démarche interprétative des textes littéraires ».

vendredi 14 octobre 2005

Vrac 008 : Éco-fiction

Libération a publié, dans son supplément de cet été, Éco-fiction, une série d'articles romancés présentant des scénarios du futur proche assez humoristiques. On retiendra surtout "un Monde parfait, sans échanges" qui évoque la société qui nous attend, c'est-à-dire celle où tout sera sous copyright et où il faudra payer si l'on veut chanter sous la douche ou défiler au son d'un hymne guerrier. En principe, tous ces suppléments sont disponibles comme d'habitude pendant six mois, sauf peut-être celui du samedi 27 qui a eu le malheur de paraître en même temps que la bande dessinée du week end. L'archiviste n'en a plus mais il en reste peut-être sous le comptoir dans l'entrée, thésaurisés par les hôtesses de l'accueil, et si l'on est très poli…

mardi 11 octobre 2005

Vrac 007 : la Planète noire

On n'hésitait pas, dans Jours de France en 1955, à prendre n'importe quel paperback de SF en anglais qui traînait par là et à le faire traduire en feuilleton à destination des lectrices modernes. C'est ainsi que l'illustrissime roman "Dark dominion" de David Duncan a donné "la Planète noire", mise en français qui aurait paru fort peu probable dans un tout autre contexte.

lundi 10 octobre 2005

Vrac 006 : Intégrale des “indisponibles” de Philip K. Dick

Au début, il s'agissait de publier toutes les nouvelles de Philip K. Dick dans la collection "Présence du futur", d'où l'appellation Intégrale affichée par les documents publicitaires de l'époque. Ensuite, "10 | 18" s'y mettant aussi, cette série de livres est devenue Intégrale des “indisponibles” et n'a connu finalement que huit volumes. L'affaire s'est alors un peu compliquée parce que la traduction de ces textes a été revue par Hélène Collon pour la véritable intégrale de la collection "Présences", et que certains volumes initiaux — mais pas tous — ont été réimprimés par Denoël avec le même sommaire mais composé des nouvelles traductions. C'est alors qu'est arrivée "Folio SF" qui a aussi commencé par reprendre les mêmes sommaires avec les nouvelles traductions, pour ensuite refondre ceux qui restaient à paraître en trois volumes thématiques. Un bonheur pour le bibliographe. En principe, le dépouillement acrobatique de l'ensemble ayant été réalisé, il devrait maintenant être possible de finalement s'y retrouver.

dimanche 9 octobre 2005

Vrac 005 : Fantasy à particule

Si on laisse traîner l'oreille dans les locaux de la librairie Scylla, pour espionner les conversations des amateurs de Fantasy, on s'aperçoit qu'ils insistent souvent sur l'immersion totale que ce genre leur procure : dans tel ou tel texte, ils ont vraiment eu l'impression d'être un troll, dans tel autre, la magie était vraiment à leur service, etc. Ce besoin d'identification se confirme à la lecture des chapôs introductifs des textes dans les anthologies spécialisées, chez Nestiveqnen, l'Oxymore, Parchemins & traverses ou autres, pratiquement toutes cataloguées dans exliibris. D'abord, comme dans un jeu de rôle, les auteurs présentés utilisent souvent des peudonymes en rapport avec leurs textes et à forte résonance nobilière ou mythologique ; ensuite, leur vie personnelle et leur psychologie particulière sont souvent évoquées sur un mode fictionnel, presque affabulé : on a l'impression d'avoir affaire à des êtres plus grands que soi, d'un autre niveau d'inconscience, perdus et exilés chez les Hommes leurs lecteurs, et quand on les connaît personnellement, on est parfois surpris d'être manifestement passé à côté de tant de magnificence. Un exemple : « À l'orée de la forêt ancestrale, Denys de Bondeville et Izlindir se sont retrouvés pour couler leur âme dans l'obsidienne de ce parchemin. Laissant éclater leur cœur d'amour infini et pour notre plus grand émoi, ils parsèment de magie les pages qui suivent où l'on retrouve leur héros Vivie'n, toujours en apprentissage sur les terres du Baron Noir. » Sommes-nous d'accord : Denys de Bondeville et Izlindir sont les auteurs du texte, et Vivie'n n'en est que le personnage, mais cela pourrait parfaitement être l'inverse… Si le texte était de Science-Fiction, on aurait lu : « Plombier-zingueur dans le sud de la France, Roger Martin échappe à son quotidien quelque peu aliénant en écrivant des textes spéculatifs où il réfléchit sur la place du labeur dans nos sociétés hypermécanisées. Le texte que nous vous présentons ici, comme à son habitude dans la grande variété de son inspiration, redéfinit quelques notions que nous pensions pourtant bien acquises. ». On peut se demander s'il serait possible d'introduire de manière aussi impliquée qu'en Fantasy un texte SF, et on y parvient en fait assez facilement dans le cadre d'un cycle ou d'un sous-genre bien balisé : « Enfourchant sa fusée transluminique, RogM nous transporte encore dans les lignes qui suivent sur les rivages galvaniques de l'empire Gris. Se mettant en scène lui-même, RogM parvient cette fois enfin à briser la secte désoxyribonucléique. ». Mais ça fait un peu ridicule, alors qu'en Fantasy ça passe à peu près et on se demande pourquoi.

samedi 8 octobre 2005

Vrac 004 : le Monde dimanche

Dans le supplément le Monde dimanche puis le Monde aujourd'hui, une série hebdomadaire de nouvelles a été publiée du 16 septembre 1979 au 1er juin 1986. Les textes nous concernant (une vingtaine) devraient maintenant être tous référencés dans exliibris, à découvrir à l'occasion des recherches…

vendredi 7 octobre 2005

Vrac 003 : Pensées secrètes

Une citation extraite d'un entretien avec David Lodge dans le numéro de février 2004 du Magazine littéraire, à propos de "Pensées secrètes" : « C'est très difficile de faire entrer l'argumentation non-narrative scientifique dans un roman, sans ennuyer le public, ou faire de la Science-Fiction. J'ai vraiment failli arrêter de l'écrire. ». C'eût été dommage, car si l'on fait abstraction des préoccupations essentiellement sexuelles quoiqu'universitaires du personnage principal, on trouve dans ce texte une dénonciation en bonne et due forme et nous l'espérons définitive du post-modernisme, repackaging moderne de toutes les traditions obscurantistes, et pour ce qui nous concerne un certain nombre de petites nouvelles “à la manière de” dont certaines sont fantastiques ou science-fictives.

jeudi 6 octobre 2005

Vrac 002 : la Chute finale

Christopher Priest passe son temps à affirmer qu'il n'est pas un écrivain de Science-Fiction. Lirait-il le français qu'il trouverait peut-être chez Francis Berthelot — qui transficte d'ailleurs "le Prestige" en en faisant une lecture onirique toute personnelle et donc intéressante même si inexacte — un vocable plus en rapport avec ses présentes ambitions. En tout cas, que foutait-il à la convention mondiale de Glasgow en tant qu'invité d'honneur ? On le retrouve en français au sommaire du supplément Livres du journal bruxellois le Soir avec la nouvelle "la Chute finale", écrite dans le cadre des cent soixante-quinze ans de la Belgique.

mercredi 5 octobre 2005

Vrac 001 : transfictions

Francis Berthelot vient de sortir ce qui lui vaudra sans doute le prochain prix spécial du Grand Prix de l'Imaginaire — qu'ils sont donc prévisibles ! —, à savoir Bibliothèque de l'entre-mondes, où il traite de ce qu'il nomme transfiction et que nous appelons depuis toujours fiction spéculative, genre à qui il voudrait donner une identité plus forte, ce qui est maintenant chose faite avec un tel nom plus médiatique et un tel manifeste. Quand la transfiction pourra se définir seule, sans avoir à en passer par l'opposition à ou la comparaison à la Science-Fiction, l'affaire sera complètement entendue mais ce n'est pas manifestement encore complètement le cas. Courage !