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Comme par technologie : les pensées du bibliographe

lundi 23 janvier 2006

Vrac 026 : Prix Pépin 2005

Pierre Gévart s'agite beaucoup dans le nord de la France où il désire organiser la prochaine convention de Science-Fiction.

Pour ceux qui ne le savent pas, il s'agit d'une réunion d'amateurs où les conversations de bar ont bien plus d'intérêt que le programme officiel de la manifestation (exposition, débats, stands, etc.). On peut, par exemple, y entendre le dialogue suivant, lors d'une présentation du genre au sein de l'école de quartier qui s'est malencontreusement montrée intéressée, alors qu'un enfant solitaire a l'air de s'agiter au fond de la cour de récréation :

— « Qu'est-ce qu'il fabrique, le môme, là-bas ?
— Oh, il est sans doute en train de manger des fourmis… ».

Les lecteurs de "Cristal qui songe" de Theodore Sturgeon apprécieront certainement toute la finesse de la référence…

Pierre Gévart publie également un fanzine, Géante rouge, mais c'est sa petite anthologie de textes très courts et le prix associé qui sont la véritable raison de ce Vrac. Prix Pépin 2005 contient en effet vingt-cinq nouvelles illustrées de quelques lignes qui sont également lisibles en ligne.

dimanche 22 janvier 2006

Vrac 025 : Série B

exliibris ne recense ou n'encense en principe pas systématiquement les livres d'art ou d'illustration SF, du moins pour le moment, sauf lorsque l'on y trouve préface, postface ou autres, bref de quoi compléter les entrées d'un auteur du corpus déjà présent dans la base.

Les volumes de la collection spécialisée "Série B" chez Guy Delcourt entrent donc dans ce cadre puisque Roland C. Wagner ou Gérard Klein s'y extasient longuement sur l'œuvre de Caza ou de Manchu. On remarque que l'éditeur n'est pas trop sûr du nom générique de ces albums puisque sur son site on parle plutôt de série "Art-Of" et de collection "Hors collection".

samedi 21 janvier 2006

Règles du jeu des Quarante-Deux

Une stratégie intéressante pour aborder une exposition d'art consiste à suivre systématiquement toutes les visites guidées, ou tout au moins celles qui sont menées par des personnes différentes. Bien qu'il y ait souvent des points de fixation communs sur tel ou tel tableau, les commentaires sont extrêmement variés à tel point qu'on se demande parfois si l'on est bien en train de regarder la même chose, ce qui est justement le but du jeu.

La qualité du discours varie aussi grandement : on passe de l'interprétation pseudo-psychanalytique nombriliste où l'intervenant ne nous apprend absolument rien et ne parle en fait que de lui face à cette œuvre, à une remise en perspective variée, cultivée, documentée qui est souvent aussi très personnelle mais bien plus fascinante.

Mais dans tous les cas, un phénomène tout à fait particulier s'observe lorsque l'on vient à passer devant certaines réalisations qu'il n'est pourtant guère difficile de qualifier. Immédiatement, l'orateur disjoncte : comme s'il était soudain frappé de cécité, comme s'il s'agissait d'une forme aiguë de daltonisme, il a recours à tous les exercices de style, à toutes les métaphores lyriques pour exprimer l'inexprimable, ce pour quoi il n'y a pas de mot, ce pour quoi il n'a pas de mot, ce pour quoi le mot qu'il a sans doute quand même ne saurait convenir puisque vulgaire, méprisable, haïssable, honni par qui bien y pense.

Et si jamais, dans l'assistance, quelqu'un suggère qu'il s'agirait peut-être simplement de Science-Fiction, tout est alors fait, dans l'hystérie la plus complète, pour réfuter la proposition. Au mieux, c'est le surréalisme qui sera convoqué, dont la SF n'est qu'un abâtardissement tardif, c'est bien connu, et si l'on fait remarquer que les deux mouvements sont parallèles au vingtième siècle, que l'un ne descend pas de l'autre, que leur essence même est foncièrement et intrinsèquement différente (liberté sans contrainte aucune selon André Breton pour l'une, règles du jeu bien définies et bien cernables pour Hugo Gernsback de l'autre), qu'il ne saurait donc y avoir confusion, et que là, justement là, c'est l'une et pas l'autre, le robot présentateur fait immédiatement appel à sa troisième loi et se disconnecte derechef alors que dans l'assistance on bougonne, on murmure au scandale.

Une stratégie intéressante pour aborder une exposition d'art consiste donc à repérer rapidement au préalable, c'est tellement facile lorsque l'on sait voir, les points de friction, là, là et là, à s'embusquer dans le voisinage, et à semer la panique en un mot lorsqu'un groupe s'approche. Cela peut s'envisager en solo, en couple ou en commando, de quoi passer une agréable après-midi après un Déjeuner du lundi ou un mercredi de la SF. Ces règles exposées, il ne reste donc plus qu'à donner un nom à cette délicieuse activité — très modestement, proposons donc "Jouer aux Quarante-Deux" — et nous voilà partis.

La préparation du terrain est une occupation à part entière que d'autres mèneront sans doute à bien, avec site internet à l'appui listant pour la communauté entière les bacs à sables putatifs illustrés de photos sans flash puisque cela semble maintenant autorisé dans certains musées. Contentons-nous, pour lancer les choses, de signaler qu'en ce moment c'est possible à Beaubourg dans l'accrochage actuel, au moins à trois endroits. Par exemple dans l'immédiate entrée, un peu sur la droite, une statue sans titre, vif-argent et assez impressionnante il faut le dire, peut sans problème s'assimiler à un terminateur T-1000 en phase semi-liquide tentant de se recombiner. Un peu plus loin, vers le milieu de l'étage, une valise à forme tout à fait caractéristique se propose de servir pour le transport d'un corps qu'on imagine sans peine plus ou moins cryogénisé. Enfin, dans un des couloirs latéraux qui séparent chaque étape de l'exposition, à notre grande surprise, trois livres détonnent affreusement parmi les chefs-d'œuvre de la littérature mondiale : la Vie sur Epsilon de Claude Ollier, Fiction philosophiques et Science-Fiction de Guy Lardreau, le Monde du Ā d'A.E. Van Vogt en édition "Rayon fantastique".

Holà ! mais dans ce dernier cas, il ne s'agit plus d'interprétation plus ou moins bien intentionnée de notre part, il ne s'agit pas d'apposer vicieusement l'étiquette "anticipation à court terme" à l'Europe après la pluie de Max Ernst, ou "contact avec des extraterrestres" aux Asperges de la Lune du même. Les trois ouvrages sont sans conteste aucun en rapport direct avec la SF, font partie du corpus, et l'un d'entre eux porte même explicitement la marque d'infamie. Qu'a bien pu traverser la tête du commissaire de l'exposition pour une telle mise en place ? S'agirait-il de la première occurrence d'un passage tardif mais inéluctable à la respectabilité ? Rendons-nous compte : les aventures de Gilbert Gosseyn au Musée National d'Art Moderne ?

On croit rêver ? Pendant un certain temps du moins, puis on revient sur Terre en se disant que ces trois livres, foutus là comme ça, c'est bien, c'est un début, c'est encourageant, ça fait date, mais pourquoi ces trois-là, justement, en vrac, n'importe comment, n'importe quoi ? Mais en y réfléchissant, on finit néanmoins par se dire que le choix n'est pas si aléatoire que ça, qu'il fait parfaitement sens : un roman bien dans le cœur du sujet, que n'importe quel amateur reconnaît pour sien immédiatement ; une récupération et une perversion amicale du genre qui le porte en quelque sorte un cran plus loin, un discours philosophique sur le signifiant des thèmes qui lui rend justice. Que demander de plus, tout est là, tout est dit.

Mais un autre jour, en parcourant l'exposition Dada, dans le même bâtiment, face à son gigantisme, à sa variété, à sa magnificence, on se dit que dans le domaine de la Science-Fction il y aurait aussi matière à faire aussi beau, aussi grand, aussi divers, que trois livres qui expriment la quintessence des choses, c'est bien, ça soulage, ça met un peu de baume sur le cœur, mais que lorsque l'on pourra un jour passer, en ces mêmes lieux, de la salle "voyage dans le temps" à l'installation "uchronie", en passant par "vision des autres mondes", ça sera quand même mieux, et qu'il n'y aura plus lieu dans ce monde, enfin, de jouer aux Quarante-Deux.

mardi 17 janvier 2006

Réduction du paquet d'onde

Il arrive parfois, lors d'un travail bibliographique, que l'on n'ait à sa disposition que des indications vagues pour l'origine d'un texte. Par exemple, un universitaire se spécialisant dans l'à peu près littéraire, ce qui est somme toute fort courant, vous informe qu'il a vu quelque chose d'intéressant, mais il ne sait plus quoi ni où ni de qui… Il confond de plus le numéro du fascicule avec le quantième du mois, et, pour parachever le tout, l'année avancée paraît également fortement improbable…

Que faire face à une telle situation ? Toujours de bon conseil, c'est Greg Egan qui nous sauve, plus particulièrement dans Isolation, en nous conseillant d'avoir recours à la mécanique quantique pour réduire le paquet d'ondes en notre faveur. Ça a l'air compliqué en théorie mais, en pratique, il suffit tout bonnement de s'avancer globalement dans la direction vaguement indiquée par l'informateur, d'ouvrir un livre au hasard parmi ceux qui traînent là, et voilà, c'était ça, c'était là.

Mais parfois, la réduction ne s'opère pas dans le sens souhaité. Ainsi, notre bibliographie des textes courts de Michel Jeury, en ligne depuis des années sur la toile, contenait une faiblesse déshonorante en 1984, pour une nouvelle supposément titrée sur manuscrit "la Grand-mère du jour", parue dans un journal qui s'appelait le Matin ou le Soir. Tout ce qui nous avions de certain, c'était une photocopie illisible un peu mal cadrée où l'on voyait surtout l'illustration, et qui nous confortait cependant dans l'existence effective de l'objet recherché, ce qui est, dans ce contexte, quand même la moindre des choses.

Déterminer le moment de la journée incriminé, au lever ou au coucher du soleil, ne fut pas simple mais, vers 1984, la réponse la plus probable était le Matin de Paris, et non le Soir de Bruxelles. Ce d'autant que, après vérification, la position générale des filets de mise en page semblait tout à fait correspondre sur la période. Il n'en restait donc plus que trois cent soixante-cinq à feuilleter. À Beaubourg, ou à la Bibliothèque nationale, c'est possible mais par où commencer ? Selon gregegan, n'importe où. C'est donc ce que nous avons fait : février. Mais là, surprise, rien qui ressemble immédiatement à l'objet de nos désirs. Nous avons donc poursuivi jusqu'en septembre, lorsque la mise en page du journal change, pour revenir sur janvier et nous retrouver finalement bredouille :-(

Et puis, en y réfléchissant, on s'aperçoit que toutes les années ne sont pas nées égales. 1968, par exemple, déborde largement sur le début des années 70. Quand pouvait-on donc parler avec insistance de 1984 pour une certaine affaire Orwell ? Quand pouvait-on penser qu'on y était de plain-pied, tout en se trouvant ailleurs ? Mais juste avant, bien sûr, quand nous avions encore affaire à une anticipation, et pas encore à une uchronie. Un survol de novembre et de décembre 1983 s'imposait donc, et "Tolstoï t'emmerde" a finalement été déniché mais, vraiment, vraiment, dans la toute dernière phase, le 29 décembre, quand l'espoir était pratiquement réduit à néant, méritant ainsi, on le remarque, parfaitement bien le titre imposé par la rédaction.

Gregou, sur ce coup-là, tu n'as pas été sympa.

lundi 16 janvier 2006

IA contre BN

On ne voit que lui au rayon dictionnaire des librairies, sous forme d'un présentoir en carton grandeur nature nous invitant à acheter son dernier né. Lui, c'est Alain Rey, responsable du tout nouveau Dictionnaire culturel en langue française en quatre volumes. Le A-D est en général en démonstration, mais voilà, nous, on préfère consulter le R-Z pour l'article sur la Science-Fiction.

Et ce n'est pas une mince affaire. Il faut apprivoiser le vendeur pendant des mois pour qu'enfin il vous sorte l'objet, et là, bien sûr, on ne trouve que trois mots ne nous apprenant pas grand-chose, si ce n'est que le terme a peut-être précédé Gernsback puisqu'on en trouve des traces auparavant chez un auteur dont nous avons oublié de noter le nom. Nous aurions dû car ça ne va pas être évident à retrouver… Un certain Wilson..?

Cependant, la mise en page a certainement été réalisée dans FrameMaker ou un logiciel technique du même acabit qui calcule automatiquement la valeur du titre courant en belle page (à droite) à partir de la dernière entrée de ladite page. Et comme la bonne dizaine de feuilles suivante est consacrée sans intitulé à un encadré culturel et circonstancié sur la science avec une grande scie, c'est la mention "Science-Fiction" qui chapeaute systématiquement le tout de manière justifiée et bienvenue, certes, mais cependant un peu perturbante.

Il faut sans doute voir là une des premières manifestations de l'Intelligence Artificielle que nous attendons tous avec impatience. Là où la Bêtise Naturelle se montre lacunaire, elle saura, comme ici, intervenir à bon escient. Vaste programme, cependant…

dimanche 15 janvier 2006

Une version moderne de R.U.R., comédie utopiste en trois actes et sans prologue

Acte I

Scène I : Daniel Ichbiah est présent lors d'une convention de Science-Fiction. À Nancy, sans doute ? Il n'y fait pas forte impression : journaliste tendance manifestement people, se vantant benoîtement d'être le biographe officiel de Bill Gates, il bafouille quelques faussetés éphémères lors d'une conférence d'où ressort surtout son approche mystico-machinchose du monde : le ressenti, oui, la réflexion, non. Par saint Frusquin, que fout-il donc là ? Rangeons-le définitivement dans un trou noir de poche, de ceux dont on ressort difficilement, ou alors de l'autre côté, très loin.

Scène II : Bud Plant gère depuis une trentaine d'années aux États-Unis une librairie de vente par correspondance spécialisée dans les livres d'art et tout ce qui tourne autour du graphisme. Dans son catalogue régulier, impressionnant passage en revue commenté de son fond ou des publications nouvelles, il est toujours possible de repérer un ouvrage dans le domaine de la Science-Fiction, comme le dernier album de Jim Burns, le douzième Spectrum ou la nouvelle série des Exposé consacrée à l'imagerie numérique. Le voilà justement qui revient de la Poste où il vient d'expédier le dernier état des stocks.

Scène III : la Maison du Japon organise une présentation d'Asimo, le robot humanoïde Honda. Après quelques exercices au trapèze et à la montée d'escalier, la machine vient en ronronnant de tous ses gyroscopes saluer la foule, et là, bonheur, un instant de grâce plane sur l'amphithéâtre : l'humanité ancienne rend, pour la première fois en quelque sorte, par son silence assourdissant et prolongé puis par ses applaudissements généreux, hommage à son successeur ; on croit presque, la larme à l'œil, les mains en sang et le cœur chaviré, à l'imminence de la singularité si chère à Vernor Vinge…

Acte II

Scène I : le nouveau catalogue BP arrive. Un rapide coup d'œil à la rubrique F&SF permet immédiatement d'envisager et de finaliser l'achat de Robots : from science fiction to technological revolution, qui semble très prometteur. Sur plus de cinq cents pages, tout sur notre futur compagnon artificiel, dans la fiction, la science et l'industrie. Et de plus, c'est en couleur !

Scène II : arrive un beau paquet — y en a-t-il qui ne le soient pas ? Et ce qui se présente mérite en effet trois mois de traversée transatlantique : un formidable travail de recherche pour une iconographie très variée et en grande partie inédite, semble-t-il, et avec une photo d'Asimo, c'est déjà ça. De quoi regarder et parcourir pendant des heures par tranches de cinq minutes en attendant le soir que tout le monde soit installé pour le prochain épisode de Farscape. Le texte et les commentaires ont même l'air intéressants, c'est dire !

Scène III : « C'est quoi, ce bouquin impressionnant de Daniel Ichbiah qui traîne sur la table à café ?
— …biah..?
— Oui, l'album sur les robots. Très intéressant ! Il y a même page 185 la rencontre entre Aibo et un vrai chien à la Simak ; un véritable point d'interrogation à la place de la truffe :-)
— …biah..?
— Hum, tu l'as déjà dit ; il va falloir appuyer sur reset, manifestement…
— …biaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaah..!

Acte III

Scène I : on trouve tout sur amazon.fr. Voyons voyons, …biah, il écrit en français, en principe. Alors, là, pour Robots, il n'y aurait pas une édition française, par hasard. Déduction complexe et hasardeuse. Et puis personne n'en a parlé sur sf-infos, sur sf-franco, sur actu-sf, sur sf-news, sur sf-flash… Ou alors mal lu, ou plutôt pas vu, trou noir trou noir trou noir. Un mot-clef, deux mots-clefs, hop, hop, voilà !

Scène II : on trouve tout d'occase chez Gibert Jeune ou Joseph.
« Heu, auriez-vous Robots : genèse d'un peuple artificiel de Daniel…
— Daniel qui ?
— Robots, Genèse… voilà le numéro d'ISBN si vous préférez.
— Oui, nous en avons trois dont un d'occasion, rayon Ingénierie industrielle.
— Rayon Ingénierie industrielle ? Il paraît que vous avez Robots : genèse d'un peuple artificiel de Daniel…
— Daniel qui ?
— …biah. Voilà le numéro d'ISBN si vous préférez.
— Oui, nous en avons trois dont un d'occasion, rayon Intelligence artificielle.
— Rayon Intelligence artificielle ? Il paraît que vous avez Robots : genèse d'un peuple artificiel de Daniel… »

Scène III : « C'est quoi, ces deux bouquins impressionnants de Daniel Ichbiah qui traînent sur la table à café ? »

Rideau

mercredi 9 novembre 2005

Vrac 024 : les Argolides

Armand Farrachi, à l'insu de Thomas Day, a entrepris voici quelques années, sous le titre général de cycle des Romanesques, la rédaction d'une série de nouvelles situées chacune dans un genre particulier, policier, fantastique, Science-Fiction, etc. L'une donc nous concerne surtout, "les Argolides", un space opera en bonne et due forme.

mardi 8 novembre 2005

Vrac 023 : Exemplaire de démonstration

Nous n'avions jamais entendu parler de Philippe Vasset précédemment, même pas par Gilles Dumay. Jusqu'à ce que son nom apparaisse soudain dans Locus à l'occasion de la traduction en anglais de ses textes, nous apprenant ainsi qu'ils avaient un rapport certain avec la Science-Fiction. Après lecture, on constate que c'est surtout vrai pour "Exemplaire de démonstration", le premier tome de son cycle consacré aux machines, à la machine. Il s'agit ici du bien connu ordinateur-écrivain qui rédige les best sellers à la demande, mais l'évocation est plus subtile, sous forme de plaquette publicitaire ventant les possibilités du processeur, avec une analyse assez fine du marché et de ses exigences “littéraires” à prendre en compte lors de la configuration.

lundi 7 novembre 2005

Vrac 022 : le Point d'orgue

Le héros de "le Point d'orgue" de Nicholson Baker, dont Gilles Day aurait pu nous parler s'il y avait pensé, a le pouvoir d'arrêter le temps, ce qui lui donne l'occasion de quelques tripotages féminins sur plus de trois cents pages. Jean-Pierre Andrevon, éjaculateur très précoce nécessitant moins de travaux préliminaires, nous a également fait ça mais sur vingt pages seulement dans la nouvelle "un Enfant solitaire".

dimanche 6 novembre 2005

Vrac 021 : Écrits fantômes

On avait l'habitude de constater que la Science-Fiction n'avait guère de succès en littérature mais envahissait néanmoins la société en entrant par la porte de derrière, notamment dans la publicité. Thomas Dumay nous explique le contraire dans Libération du jeudi 7 octobre 2004, p. XI, en réponse aux questions de Frédérique Roussel : « La littérature générale a bouffé la Science-Fiction. Il y en a désormais partout (Dantec, David Mitchell, etc.). ». Si l'on fait l'impasse sur "etc.", dans l'immense majorité des deux qui étaient à table, Dantec, Maurice G., on voit, mais Mitchell, David, c'est qui qu'on le dépouille, qu'on le récupère, qu'on le classe, qu'on l'indexe, qu'on le bibliographe..? Après enquête, il s'agit de l'auteur du chef-d'œuvre post-moderne "Écrits fantômes" où l'on reconnaît en effet une histoire de parasite mental qui va jusqu'à évoquer le cyberspace. Merci, Gillou, ta grande culture nous a à nouveau bien servis.