Martinique Domel : Comme par technologie…

Catégorie : Vrac

Lorsque le service commercial de Denoël rédigera la quatrième de couverture des Insulaires, l'empilement de notices géographiques, de précisions historiques, de fiches touristiques et de nouvelles à part entière (bénéficiant d'un titre bien à elles) qui constituent le prochain Christopher Priest à paraître plus tard dans l'année en "Lunes d'encre", en prétendant, pour en forcer l'achat comme c'est l'habitude dans la profession, qu'il est en relation avec l'Archipel du rêve mais peut tout à fait se lire indépendamment, n'en croyez surtout rien. Bien au contraire, on ne peut vraiment comprendre l'un en ignorant l'autre, et une relecture est même indispensable si l'on veut apprécier l'ensemble au mieux.

La réciproque est tout aussi vraie, d'ailleurs, ce qui nous amène à penser que ceux qui en France ont attendu la suite pour se lancer depuis 1981, et qui n'ont pas craqué en 2004, ont bien eu raison. Haut les cœurs : plus que quelques mois à attendre !

La dernière version originale de the Dream Archipelago, révisée et augmentée en 2009, contient une nouvelle de plus, "the Trace of him", mais on ne s'en inquiétera pas car elle a été intégrée à the Islanders.

Enfin, dans le cadre des anthologies virtuelles évoquées ici voici quelques mois — quelques années ? —, on pourra immédiatement se mettre à la lecture de Redrum de Jean-Pierre Ohl. Philippe Curval, dans son carnet, y voit lui l'Invention de Morel en filigrane, mais juste après les Insulaires, c'est tout simplement parfait.

Lorsqu'au cours d'un dépouillement bibliographique on constate en comparant au doigt qu'une nouvelle édition ne reprend pas la dernière version d'un texte, on peut envisager deux explications au phénomène :

  • l'éditeur ne le savait pas : ah bon, ce n'est pas la dernière ?
  • l'éditeur le savait : ah oui, ce n'est pas la dernière ?
Lorsqu'il s'est abstenu sciemment, on peut supposer qu'il y avait :
  • une difficulté d'accès ;
  • un problème de droits ;
  • une incompréhension tarifaire ;
  • une préférence esthétique.

Les éditions le passage clandestin, pour leur récente collection "Dyschroniques", avaient une autre bonne et agréable raison pour choisir l'original de la nouvelle de Philippe Curval, "le Testament d'un enfant mort". En effet, elles désirent porter à l'attention du plus grand nombre que tel ou tel texte ancien avait jeté un regard pertinent sur son avenir et notre présent, et elles ne peuvent donc en aucun cas proposer autre chose que la version de 1978 — on les en remercie ! L'édition entièrement remaniée et révisée de 2005 est cependant disponible en ligne pour les amateurs de comparaisons.

La Malédiction de Constantin décrit l'élimination physique et économique plus ou moins définitive de la Turquie à la suite d'une série de tremblements de terre. En tant que roman catastrophe puisque la pax americana ne tarde pas à montrer son nez, il a sa place dans exliibris, ce d'autant que c'est le premier texte turc que nous prenons en compte — ce qui nous oblige à modifier le formulaire de recherche —, et que de plus le nom de l'auteur contient un caractère que nous avons envie d'utiliser depuis des années puisqu'il appartient à la table standard Macintosh : Mine G. Kırıkkanat [1].

Au niveau littéraire, sa lecture peut intéresser également ceux qui se demandent si la mentalité turque a un quelconque rapport avec l'esprit européen. Qu'ils se rassurent immédiatement : l'intrigue est bourrée de clichés dans lesquels ils seront immédiatement à l'aise (on a le droit à un coup de foudre ici et à une demande en mariage là), et le style et ses métaphores sont à l'avenant : « Cet homme beau comme un dieu, solide comme un roc, avait vieilli en une seule journée… ».

Notes

[1] Ne le cherchez pas sur l'édition française, Métaılıé l'éditeur ne s'étant pas fatigué à le conserver…

jeudi 26 janvier 2006

Vrac 029 : prix Jules-Verne

Un des sports favoris des amateurs de Science-Fiction ancienne consiste à repérer les prises de position très volontairement personnelles de Pierre Versins dans son imposante Encyclopédie pour les tempérer, les nuancer, leur donner une coloration plus véridique même si parfois beaucoup moins intéressante [1].

Nous nous sommes pris au jeu pour l'article PRIX où l'on peut lire :

« En avril 1926 […], la librairie Hachette proposait en France, par le canal de Lectures pour tous, le prix Jules-Verne, qui fut décerné de 1927 à 1933. Les manuscrits étaient publiés en pré-originales dans Lectures pour tous, puis dans la "Collection du prix Jules-Verne". En voici la liste : »

Suit la liste, bien sûr, que nous avons vue recopiée mille fois depuis 1972, sur papier ou sur l'internet, avec toujours la même omission en 1932, le prix ayant été attribué à un « “Western” (Jules Verne n'ayant pas écrit que de l'anticipation) ».

Après vérification, si si, il s'avère qu'il s'agit effectivement d'un western, "l'Étrange disparition de James Butler" de Pierre Palau, qui reconnaît plutôt son inspirateur en Jack London. Par contre, tous les lauréats ne semblent pas avoir été repris dans la collection "Prix Jules-Verne" : deux des trois derniers n'auraient manifestement paru que façon "Bibliothèque verte", et le dernier, l'intérêt pour le prix faiblissant apparemment chez Hachette, s'étant retrouvé complètement ailleurs et beaucoup plus tard aux éditions des Loisirs en 1944.

Pendant que nous y étions, nous avons également regardé ce qu'il en était du concours Je sais tout, globalement équivalent au Jules-Verne. Pourquoi Pierre Versins ne mentionnait-il pas que ledit concours devait se transformer en prix dès 1922, récompense annuelle annoncée avec force trompettes pendant toute l'année 1921 ? Mais c'est tout simplement que Je sais tout a changé de formule en janvier 1922, que la nouvelle équipe en place n'a pas jugé qu'il y avait lieu de donner suite, et que toute l'affaire a été passée sous silence dans tous les numéros qui ont suivi.

Notes

[1] Ce faisant — juste retour des choses ? —, ils citent souvent de manière tronquée le titre de l'immense ouvrage. Donnons-le ici très exactement une bonne fois pour toutes, c'est-à-dire in extenso, Encyclopédie de l'Utopie, des voyages extraordinaires et de la science fiction, en respectant la graphie du maître c'est-à-dire sans trait d'union entre science et fiction, et en remarquant que face à la page de titre trône une reproduction de la couverture de "l'Homme qui peut tout" de Guy de Téramond en forme de message explicitement subliminal :-)

mercredi 25 janvier 2006

Vrac 028 : Les Six brumes

Manifestement, au Québec, même les petites maisons d'édition organisent aux quatre coins de la province des manifestations pour lancer tel ou tel de leurs derniers livres publiés, ici dans une librairie, là dans un bar, avec force exubérance et publicité.

Les Six brumes de la société secrète pratique cette coutume fort sympathique mais l'on regrette parfois de leur avoir donné une adrelle tant les communiqués de presse se succèdent alors pour annoncer de tels événements…

Soyons indulgents cependant, puisqu'ils font exclusivement dans le Policier et les littératures de l'Imaginaire. L'amateur de Science-Fiction retiendra plus particulièrement les anthologies l'Aurore et Équinoxe, où l'on trouve un peu de tout mais quand même une petite dizaine de textes de SF.

En plus de l'indispensable programme donnant précisément l'emplacement du bar, ses voies d'accès et ses faibles horaires de fermeture, il arrive qu'une anthologie soit publiée à l'occasion de la convention française/francophone de Science-Fiction, pour présenter les textes des invités d'honneur ou simplement parce que tel est le bon plaisir de l'organisateur.

Lorsqu'il s'agit d'Alain le Bussy à Esneux près de Liège, c'est toujours le cas. On doit certainement pouvoir encore se procurer auprès de lui l'Ivre souvenir et Libres souvenirs, qui ne datent après tout que de 2002 et 2005.

lundi 23 janvier 2006

Vrac 026 : Prix Pépin 2005

Pierre Gévart s'agite beaucoup dans le nord de la France où il désire organiser la prochaine convention de Science-Fiction.

Pour ceux qui ne le savent pas, il s'agit d'une réunion d'amateurs où les conversations de bar ont bien plus d'intérêt que le programme officiel de la manifestation (exposition, débats, stands, etc.). On peut, par exemple, y entendre le dialogue suivant, lors d'une présentation du genre au sein de l'école de quartier qui s'est malencontreusement montrée intéressée, alors qu'un enfant solitaire a l'air de s'agiter au fond de la cour de récréation :

— « Qu'est-ce qu'il fabrique, le môme, là-bas ?
— Oh, il est sans doute en train de manger des fourmis… ».

Les lecteurs de "Cristal qui songe" de Theodore Sturgeon apprécieront certainement toute la finesse de la référence…

Pierre Gévart publie également un fanzine, Géante rouge, mais c'est sa petite anthologie de textes très courts et le prix associé qui sont la véritable raison de ce Vrac. Prix Pépin 2005 contient en effet vingt-cinq nouvelles illustrées de quelques lignes qui sont également lisibles en ligne.

dimanche 22 janvier 2006

Vrac 025 : Série B

exliibris ne recense ou n'encense en principe pas systématiquement les livres d'art ou d'illustration SF, du moins pour le moment, sauf lorsque l'on y trouve préface, postface ou autres, bref de quoi compléter les entrées d'un auteur du corpus déjà présent dans la base.

Les volumes de la collection spécialisée "Série B" chez Guy Delcourt entrent donc dans ce cadre puisque Roland C. Wagner ou Gérard Klein s'y extasient longuement sur l'œuvre de Caza ou de Manchu. On remarque que l'éditeur n'est pas trop sûr du nom générique de ces albums puisque sur son site on parle plutôt de série "Art-Of" et de collection "Hors collection".

mercredi 9 novembre 2005

Vrac 024 : les Argolides

Armand Farrachi, à l'insu de Thomas Day, a entrepris voici quelques années, sous le titre général de cycle des Romanesques, la rédaction d'une série de nouvelles situées chacune dans un genre particulier, policier, fantastique, Science-Fiction, etc. L'une donc nous concerne surtout, "les Argolides", un space opera en bonne et due forme.

Nous n'avions jamais entendu parler de Philippe Vasset précédemment, même pas par Gilles Dumay. Jusqu'à ce que son nom apparaisse soudain dans Locus à l'occasion de la traduction en anglais de ses textes, nous apprenant ainsi qu'ils avaient un rapport certain avec la Science-Fiction. Après lecture, on constate que c'est surtout vrai pour "Exemplaire de démonstration", le premier tome de son cycle consacré aux machines, à la machine. Il s'agit ici du bien connu ordinateur-écrivain qui rédige les best sellers à la demande, mais l'évocation est plus subtile, sous forme de plaquette publicitaire ventant les possibilités du processeur, avec une analyse assez fine du marché et de ses exigences “littéraires” à prendre en compte lors de la configuration.

lundi 7 novembre 2005

Vrac 022 : le Point d'orgue

Le héros de "le Point d'orgue" de Nicholson Baker, dont Gilles Day aurait pu nous parler s'il y avait pensé, a le pouvoir d'arrêter le temps, ce qui lui donne l'occasion de quelques tripotages féminins sur plus de trois cents pages. Jean-Pierre Andrevon, éjaculateur très précoce nécessitant moins de travaux préliminaires, nous a également fait ça mais sur vingt pages seulement dans la nouvelle "un Enfant solitaire".

dimanche 6 novembre 2005

Vrac 021 : Écrits fantômes

On avait l'habitude de constater que la Science-Fiction n'avait guère de succès en littérature mais envahissait néanmoins la société en entrant par la porte de derrière, notamment dans la publicité. Thomas Dumay nous explique le contraire dans Libération du jeudi 7 octobre 2004, p. XI, en réponse aux questions de Frédérique Roussel : « La littérature générale a bouffé la Science-Fiction. Il y en a désormais partout (Dantec, David Mitchell, etc.). ». Si l'on fait l'impasse sur "etc.", dans l'immense majorité des deux qui étaient à table, Dantec, Maurice G., on voit, mais Mitchell, David, c'est qui qu'on le dépouille, qu'on le récupère, qu'on le classe, qu'on l'indexe, qu'on le bibliographe..? Après enquête, il s'agit de l'auteur du chef-d'œuvre post-moderne "Écrits fantômes" où l'on reconnaît en effet une histoire de parasite mental qui va jusqu'à évoquer le cyberspace. Merci, Gillou, ta grande culture nous a à nouveau bien servis.

samedi 5 novembre 2005

Vrac 020 : Espace et spasmes

En l'espace d'une petite année, nous en sommes déjà à deux versions différentes pour le recueil Espace et spasmes d'Emmanuel Guillot. Ce français né en Équateur se fait éditer au Québéc et l'on peut se faire une idée de son style en lisant "le Plasmode", nouvelle extraite dudit recueil et disponible en ligne.

L'intérêt science fictif de "the Memory of elephants" de Boman Desai est assez limité : le personnage principal a bien inventé une machine à activer les souvenirs, mais ce n'est que prétexte ensuite pour l'auteur à descriptions détaillées de la diaspora Parsi aux différentes époques de sa propre histoire familiale, sans plus aucun élément spéculatif. Nous est fournie une information pratique, néanmoins, quant aux climats respectifs de Bombay et Delhi, le premier torride, dégoulinant et invivable, le deuxième brûlant, arride mais supportable. C'est utile à savoir lorsque, pour des raisons de délocalisation des compétences informatiques, on est obligé d'aller travailler à l'étranger et que l'on a le choix entre les deux :-) Cette connaissance prépare également à aborder "le Procès de l'Homme blanc" de Yann Quero chez Arkuiris, une maison d'édition toulousaine toujours vouée aux choses orientales, qui publie ici un roman SF dont la photo de couverture présente justement un quartier peu favorisé de Bombay où l'on n'aimerait guère survivre au premier coup d'œil, surtout quand on ressent déjà la pression de l'air, torride, dégoulinant et invivable. Le lecteur est donc en condition pour se lancer dans le texte…

jeudi 3 novembre 2005

Vrac 018 : les Souterriens

Toute une génération d'amateurs a orbité voici plus de vingt ans autour du Rayon SF, avec force articles listant les oublis ou dénonçant les inclusions abusives de ce catalogue de cotes engendré par un médecin et un libraire qui, si l'on en croit leur photo en quatrième de couverture, ne savaient pourtant manifestement pas dans quel sens se lit un livre :-) Il faut dire que la recherche des hors-collection est le sport national de certains dans l'après-guerre, et l'occupation exclusive des amateurs d'anticipation ancienne. Contribuons à l'expérience en identifiant dans les Vrac qui suivent un certain nombre d'objets solitaires qui se doivent d'être collectionnés…

Et commençons par les Souterriens d'Hervé Thiellement, premier tome d'un roman par nouvelles dont la couverture sympathique est signée Thiriet. Des clones, des clones, mais pas des Panzanoff puisqu'il s'agit ici de Fernando, un soldat pacifique du monde d'après la bombe qui aide l'Humanité résiduelle à revenir aux valeurs premières de l'amour et de l'amitié. Vaste programme.

mercredi 2 novembre 2005

Vrac 017 : Sable

Fermín Moreno González, à ne pas confondre avec le Fermín González-Bernardo qui fricotait voici un quart de siècle avec Richard Delano Nolane dans l'édition de textes fantastiques horrifiques, Fermín Moreno González, donc, est un fanéditeur espagnol qui s'intéresse aux littératures de l'imaginaire au sens international des termes. Quel insecte l'a cependant piqué pour qu'il se décide soudain à publier entièrement en français un numéro de Sable, son fanzine princeps, et ce d'autant qu'il s'attend ce faisant à déboucher — la belle formule est de lui — sur un petit hara-kiri commercial. L'affaire est d'autant plus étrange qu'au sommaire on trouve des textes francophones bien repérés qui n'ouvriront guère l'horizon hexagonal. Heureusement, on remarque aussi des nouvelles de Victor Miguel Gallardo Barragán, Alan W. Wolf, Sergio Gaut vel Hartman et… Fermín Moreno González lui-même que nous n'aurions pas pu lire autrement.

Roland Nazarène Stragliati (ne pas prononcer le "g") a toujours soutenu mordicus que le mouvement surréaliste avait produit ses textes les plus intéressants en Belgique. C'est un peu dans cette tradition que se situe l'Éphémère immortel, recueil de Frank Roger publié par het Zindend schip, éditeur dont il semble que cela soit le seul titre en français. D'abord dans sa facture, puisqu'il se présente sous forme de feuilles libres de papier grisâtre sous emboîtage avec titraille découpée façon lettre anonyme. Dans son contenu, ensuite, puisque chaque cahier est précédé d'une illustration hommage à cette période de l'art moderne, en référence notamment à Magritte ou, de manière ironique, au cubisme et à Mondriaan tel que Magritte aurait pu les pervertir. Mais qu'on se rassure, les textes sont aussi de Science-Fiction…

vendredi 21 octobre 2005

Vrac 015 : Aucun être humain

Il y a comme ça des livres que l'on entrouvre dans le secret espoir de pouvoir les refermer aussitôt. On se demande d'ailleurs pour commencer ce qui a poussé à les prendre en main puisque rien vraiment n'y prédisposait.

C'est le cas, par exemple, de l'anthologie Noir en rade publiée en 2004 par l'association Mauvais genres de la rade de Brest. Quoi de plus éloigné de la Science-Fiction, en effet, que cette série de textes glauques et très contemporains par des auteurs de romans policiers bretons en prise avec l'immédiat ? Et c'est là qu'une phrase de la préface attire l'attention, qui condamne définitivement à la lecture, si ce n'est pas à l'inclusion définitive du livre dans la bibliothèque et à sa prise en compte partielle dans la base de données : « […] nous n'aurions pas pu espérer vous faire découvrir de meilleure manière le talent de ces écrivains qui nous tiennent tous à cœur. Futuriste, tragi-comique, cruel ou fantasmatique, noir à souhait, chaque texte est un petit bijou ciselé. ».

Futuriste ? ARgHh !!! Coincé… Il faut y aller ! Et après le rythme de lecture effréné d'un texte tout au plus par semaine, là, dans les toutes toutes dernières pages, que trouve-t-on, sous la plume de Yannick Letty : "Aucun être humain ne saura que vous avez lu ce texte •", qui relève bien de la SF, avec une fantaisie typographique dont il n'est presque rien dit ici mais qui fait sourire et même revenir en arrière sur la première page de la nouvelle qui avait été manifestement mal lue, ou tout au moins lue de manière incomplète…

jeudi 20 octobre 2005

Vrac 014 : Ailleurs et demain

On sait depuis un temps certain déjà qu'"Ailleurs et demain" est spécialisée en Fantasy, “mauvais genre” où va la préférence de son directeur. Les titres, d'abord, qui ne laissent pas de doute : le Lait de la chimère, la Reine des anges, les Sorciers de Majipoor, le Roi des rêves, le Frère des dragons, les Dieux du grand loin, l'Œuf du dragon, le Gnome ! Le contenu, ensuite, cristallisé dans Éon où l'un des personnages sort d'un coup un seul un pimètre, forme de baguette magique nous transférant dans un univers pseudo-médiéval où π n'est pas égal à 355/113, c'est-à-dire où π n'est pas égal à π, où sans doute 3 n'est pas égal à 3 non plus…

Fallait-il donc référencer cette collection qui, de plus, et c'est un comble, ne publie plus de Greg Egan depuis que celui-ci a plus ou moins cessé d'écrire ? Robert Silverberg, Kevin J. Anderson, Robert Silverberg, Kevin J. Anderson et Robert Silverberg ne nous y encourageaient guère..!

Quand soudain, une avalanche de talents nouveaux est venue nous attendrir : Edward Whittemore, Charles Stross, Paul Di Filippo, Sean McMullen, accompagnés par Georges Panchard, excellent auteur suisse très souvent publié par nous dans les anthologies francophones du Livre de poche.

Devant un tel renouveau dont on ignore la véritable motivation mais qui paraît fort bienvenu, une énergie nouvelle nous a saisis, et nous avons donc mis en ligne une bonne partie des dépouillements bibliographiques qui font la jonction entre ces publications récentes et les informations contenues dans "Alibi et crastino" (Alibi crastinoque ?), notre index général publié dans "Ailleurs et demain" a vingt ans, dépouillements qui étaient pratiquement terminés depuis des années, plus précisément depuis la sortie de notre catalogue 2001 du Livre de poche (550 K).

Nous attendons la suite de pied ferme, en espérant rapidement combler les trous jusqu'au Vagabond.

mercredi 19 octobre 2005

Vrac 013 : Espace(s)

À la sortie de Gibert Joseph, si l'on a été par trop agressé par les piles de livres, les entassements de cartons, les mouvements de tables, les envolées de vendeurs, les enfilades de réserves, les écroulements de balivernes, les sonneries intempestives des portiques de contrôle, bref le théâtre du monde, on peut toujours aller se reposer dans l'infinie civilisation de la librairie Compagnie.

Là, tout et calme, reposé ; on n'entend rien tintinnabuler : pas un souffle, pas un gramme de poussière, pas un livre qui déborde ou que l'on n'arrive pas à situer. Le rayon Science-Fiction, peu fourni mais deupécable, se repère facilement au sous-sol dans la pièce des revues en tout genre, et l'on peut dont en profiter pour faire des découvertes sur les tables d'exposition. Comme par exemple le premier numéro d'Espace(s) de l'Observatoire de l'espace du Centre National d'Études Spatiales, qui se présente sous la forme d'une anthologie entièrement consacrée à l'Expérience du récit scientifique, et donc à la SF, autour de dix mots choisis par le ministère de l'Aculture (complexité, cristal, désenchevêtrement, élémentaire, hélice, icône, miroir, ondelette, rayonnement et variation) mais détournés pour l'occasion.

Mais tout n'est pas là : après s'être ressourcé, retour au boulevard, direction Gibert Jeune :-)

- page 1 de 2