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Comme par technologie : les pensées du bibliographe

Billets de la catégorie "Vrac"

dimanche 28 janvier 2007

Vrac 030 : La Malédiction de Constantin

La Malédiction de Constantin décrit l'élimination physique et économique plus ou moins définitive de la Turquie à la suite d'une série de tremblements de terre. En tant que roman catastrophe puisque la pax americana ne tarde pas à montrer son nez, il a sa place dans exliibris, ce d'autant que c'est le premier texte turc que nous prenons en compte — ce qui nous oblige à modifier le formulaire de recherche —, et que de plus le nom de l'auteur contient un caractère que nous avons envie d'utiliser depuis des années puisqu'il appartient à la table standard Macintosh : Mine G. Kırıkkanat [1].

Au niveau littéraire, sa lecture peut intéresser également ceux qui se demandent si la mentalité turque a un quelconque rapport avec l'esprit européen. Qu'ils se rassurent immédiatement : l'intrigue est bourrée de clichés dans lesquels ils seront immédiatement à l'aise (on a le droit à un coup de foudre ici et à une demande en mariage là), et le style et ses métaphores sont à l'avenant : « Cet homme beau comme un dieu, solide comme un roc, avait vieilli en une seule journée… ».

Notes

[1] Ne le cherchez pas sur l'édition française, Métaılıé l'éditeur ne s'étant pas fatigué à le conserver…

jeudi 26 janvier 2006

Vrac 029 : prix Jules-Verne

Un des sports favoris des amateurs de Science-Fiction ancienne consiste à repérer les prises de position très volontairement personnelles de Pierre Versins dans son imposante Encyclopédie pour les tempérer, les nuancer, leur donner une coloration plus véridique même si parfois beaucoup moins intéressante [1].

Nous nous sommes pris au jeu pour l'article PRIX où l'on peut lire :

« En avril 1926 […], la librairie Hachette proposait en France, par le canal de Lectures pour tous, le prix Jules-Verne, qui fut décerné de 1927 à 1933. Les manuscrits étaient publiés en pré-originales dans Lectures pour tous, puis dans la "Collection du prix Jules-Verne". En voici la liste : »

Suit la liste, bien sûr, que nous avons vue recopiée mille fois depuis 1972, sur papier ou sur l'internet, avec toujours la même omission en 1932, le prix ayant été attribué à un « “Western” (Jules Verne n'ayant pas écrit que de l'anticipation) ».

Après vérification, si si, il s'avère qu'il s'agit effectivement d'un western, "l'Étrange disparition de James Butler" de Pierre Palau, qui reconnaît plutôt son inspirateur en Jack London. Par contre, tous les lauréats ne semblent pas avoir été repris dans la collection "Prix Jules-Verne" : deux des trois derniers n'auraient manifestement paru que façon "Bibliothèque verte", et le dernier, l'intérêt pour le prix faiblissant apparemment chez Hachette, s'étant retrouvé complètement ailleurs et beaucoup plus tard aux éditions des Loisirs en 1944.

Pendant que nous y étions, nous avons également regardé ce qu'il en était du concours Je sais tout, globalement équivalent au Jules-Verne. Pourquoi Pierre Versins ne mentionnait-il pas que ledit concours devait se transformer en prix dès 1922, récompense annuelle annoncée avec force trompettes pendant toute l'année 1921 ? Mais c'est tout simplement que Je sais tout a changé de formule en janvier 1922, que la nouvelle équipe en place n'a pas jugé qu'il y avait lieu de donner suite, et que toute l'affaire a été passée sous silence dans tous les numéros qui ont suivi.

Notes

[1] Ce faisant — juste retour des choses ? —, ils citent souvent de manière tronquée le titre de l'immense ouvrage. Donnons-le ici très exactement une bonne fois pour toutes, c'est-à-dire in extenso, Encyclopédie de l'Utopie, des voyages extraordinaires et de la science fiction, en respectant la graphie du maître c'est-à-dire sans trait d'union entre science et fiction, et en remarquant que face à la page de titre trône une reproduction de la couverture de "l'Homme qui peut tout" de Guy de Téramond en forme de message explicitement subliminal :-)

mercredi 25 janvier 2006

Vrac 028 : Les Six brumes

Manifestement, au Québec, même les petites maisons d'édition organisent aux quatre coins de la province des manifestations pour lancer tel ou tel de leurs derniers livres publiés, ici dans une librairie, là dans un bar, avec force exubérance et publicité.

Les Six brumes de la société secrète pratique cette coutume fort sympathique mais l'on regrette parfois de leur avoir donné une adrelle tant les communiqués de presse se succèdent alors pour annoncer de tels événements…

Soyons indulgents cependant, puisqu'ils font exclusivement dans le Policier et les littératures de l'Imaginaire. L'amateur de Science-Fiction retiendra plus particulièrement les anthologies l'Aurore et Équinoxe, où l'on trouve un peu de tout mais quand même une petite dizaine de textes de SF.

mardi 24 janvier 2006

Vrac 027 : souvenirs de convention

En plus de l'indispensable programme donnant précisément l'emplacement du bar, ses voies d'accès et ses faibles horaires de fermeture, il arrive qu'une anthologie soit publiée à l'occasion de la convention française/francophone de Science-Fiction, pour présenter les textes des invités d'honneur ou simplement parce que tel est le bon plaisir de l'organisateur.

Lorsqu'il s'agit d'Alain le Bussy à Esneux près de Liège, c'est toujours le cas. On doit certainement pouvoir encore se procurer auprès de lui l'Ivre souvenir et Libres souvenirs, qui ne datent après tout que de 2002 et 2005.

lundi 23 janvier 2006

Vrac 026 : Prix Pépin 2005

Pierre Gévart s'agite beaucoup dans le nord de la France où il désire organiser la prochaine convention de Science-Fiction.

Pour ceux qui ne le savent pas, il s'agit d'une réunion d'amateurs où les conversations de bar ont bien plus d'intérêt que le programme officiel de la manifestation (exposition, débats, stands, etc.). On peut, par exemple, y entendre le dialogue suivant, lors d'une présentation du genre au sein de l'école de quartier qui s'est malencontreusement montrée intéressée, alors qu'un enfant solitaire a l'air de s'agiter au fond de la cour de récréation :

— « Qu'est-ce qu'il fabrique, le môme, là-bas ?
— Oh, il est sans doute en train de manger des fourmis… ».

Les lecteurs de "Cristal qui songe" de Theodore Sturgeon apprécieront certainement toute la finesse de la référence…

Pierre Gévart publie également un fanzine, Géante rouge, mais c'est sa petite anthologie de textes très courts et le prix associé qui sont la véritable raison de ce Vrac. Prix Pépin 2005 contient en effet vingt-cinq nouvelles illustrées de quelques lignes qui sont également lisibles en ligne.

dimanche 22 janvier 2006

Vrac 025 : Série B

exliibris ne recense ou n'encense en principe pas systématiquement les livres d'art ou d'illustration SF, du moins pour le moment, sauf lorsque l'on y trouve préface, postface ou autres, bref de quoi compléter les entrées d'un auteur du corpus déjà présent dans la base.

Les volumes de la collection spécialisée "Série B" chez Guy Delcourt entrent donc dans ce cadre puisque Roland C. Wagner ou Gérard Klein s'y extasient longuement sur l'œuvre de Caza ou de Manchu. On remarque que l'éditeur n'est pas trop sûr du nom générique de ces albums puisque sur son site on parle plutôt de série "Art-Of" et de collection "Hors collection".

mercredi 9 novembre 2005

Vrac 024 : les Argolides

Armand Farrachi, à l'insu de Thomas Day, a entrepris voici quelques années, sous le titre général de cycle des Romanesques, la rédaction d'une série de nouvelles situées chacune dans un genre particulier, policier, fantastique, Science-Fiction, etc. L'une donc nous concerne surtout, "les Argolides", un space opera en bonne et due forme.

mardi 8 novembre 2005

Vrac 023 : Exemplaire de démonstration

Nous n'avions jamais entendu parler de Philippe Vasset précédemment, même pas par Gilles Dumay. Jusqu'à ce que son nom apparaisse soudain dans Locus à l'occasion de la traduction en anglais de ses textes, nous apprenant ainsi qu'ils avaient un rapport certain avec la Science-Fiction. Après lecture, on constate que c'est surtout vrai pour "Exemplaire de démonstration", le premier tome de son cycle consacré aux machines, à la machine. Il s'agit ici du bien connu ordinateur-écrivain qui rédige les best sellers à la demande, mais l'évocation est plus subtile, sous forme de plaquette publicitaire ventant les possibilités du processeur, avec une analyse assez fine du marché et de ses exigences “littéraires” à prendre en compte lors de la configuration.

lundi 7 novembre 2005

Vrac 022 : le Point d'orgue

Le héros de "le Point d'orgue" de Nicholson Baker, dont Gilles Day aurait pu nous parler s'il y avait pensé, a le pouvoir d'arrêter le temps, ce qui lui donne l'occasion de quelques tripotages féminins sur plus de trois cents pages. Jean-Pierre Andrevon, éjaculateur très précoce nécessitant moins de travaux préliminaires, nous a également fait ça mais sur vingt pages seulement dans la nouvelle "un Enfant solitaire".

dimanche 6 novembre 2005

Vrac 021 : Écrits fantômes

On avait l'habitude de constater que la Science-Fiction n'avait guère de succès en littérature mais envahissait néanmoins la société en entrant par la porte de derrière, notamment dans la publicité. Thomas Dumay nous explique le contraire dans Libération du jeudi 7 octobre 2004, p. XI, en réponse aux questions de Frédérique Roussel : « La littérature générale a bouffé la Science-Fiction. Il y en a désormais partout (Dantec, David Mitchell, etc.). ». Si l'on fait l'impasse sur "etc.", dans l'immense majorité des deux qui étaient à table, Dantec, Maurice G., on voit, mais Mitchell, David, c'est qui qu'on le dépouille, qu'on le récupère, qu'on le classe, qu'on l'indexe, qu'on le bibliographe..? Après enquête, il s'agit de l'auteur du chef-d'œuvre post-moderne "Écrits fantômes" où l'on reconnaît en effet une histoire de parasite mental qui va jusqu'à évoquer le cyberspace. Merci, Gillou, ta grande culture nous a à nouveau bien servis.