J'aime la radio.

Je pense que j'écoute France Inter depuis l'âge de onze ans où, pour mon entrée en sixième, on m'a offert un poste rond en plastique bleu dur que j'ai instantanément trouvé puissamment futuriste. Je peux écouter en travaillant, sauf pour écrire, où je préfère de la musique ou rien. Mais je dois souvent faire un effort pour ne pas mettre la radio, convaincue que je suis que si je n'écoute pas je vais forcément rater quelque chose d'important…

Sauf cet été. Cet été, la grille de France Inter est tellement, heu, comment dire, bizarre, que je n'ai pas de mal à éteindre le poste, ou même à ne pas l'allumer. J'avais déjà remarqué l'année dernière que la presse et ma chaîne préférée profitaient de l'été pour se lancer sur des sujets qu'ils n'envisageaient que de loin le reste de l'année. Ce qui s'est traduit par :

- l'allongement, sinon l'apparition des émissions sur la science le matin.

- la parution de numéros spéciaux de magazines (le Nouvel Obs sur les Utopies d'Aujourd'hui, un numéro de Technikart dont le titre m'échappe), une série d'articles dans Le Monde, etc, je n'ai certainement pas tout vu, ni tout lu.

Évidemment, je voulais en parler et évidemment je ne l'ai pas fait. Et bien, ce n'était pas grave, parce qu'ils recommencent. Au moment où j'écris ceci (à onze heures vingt-trois du matin), l'émission de 10 H3O parle de nanotechnologie. Hier soir, vers vingt heures, une pauvre journaliste visiblement dépassée posait des questions tartes à Jacques Rougerie, l'homme des villes sous la mer. L'émission s'appelle Utopic à brac (Et n'est peut-être pas mal, mais hier soir, je souffrais pour la pauvre journaliste qui s'empêtrait et pour Rougerie qui devait expliquer…)

Tout cela ne me frapperait pas outre mesure si par ailleurs je n'avais pas remarqué qu'à 14 heures on peut écouter une émission intitulée l'Afrique Enchantée (au demeurant intéressante, là n'est pas la question). Et qu'on nous bassine de foot et de cyclisme la moitié de l'après-midi quand ce n'est pas de voyage au fin fond des terroirs de notre beau pays, et pourquoi pas, c'est joli, le terroir, ça ancre les gens dans un passé, une terre, une identité, tout ces machins dont l'être humain a besoin et qui ne porteraient pas à conséquense s'il n'en faisait pas tout un plat, mais passons…

Ce qui pour moi ressort de ces programmations, auxquelles il faut ajouter un numéro spécial SF de Ciel et Espace paru en juin et d'autres qu'il faudra sans doute ajouter dans le courant de l'été (on peut me les signaler, merci d'avance.)

Ce qui donc me frappe, c'est que pour un certain nombre de personnes responsables de médias importants, les vacances, c'est synonyme d'exotisme, de dépaysement et de lointains qu'on a pas le temps d'explorer le reste de l'année. Et que la science, l'utopie, la réflexion sur le futur, les technosciences et tutti quanti en font partie.

Ce ne sont pas des éléments indispensable à la vie de tous les jours, ce sont des trucs en plus, du loisir, du "quand on a le temps". Bref, du ludique et de la détente en attendant de reprendre le collier sans plus penser à des conneries inutiles…

C'est dingue, non ?

À part çà, dans mes balades récentes dans le monde des nanos, je suis tombée sur ceci.

Évidemment, personne ne travaille ;-))))) sur le réducteur de joueurs, de journalistes sportifs et de supporteurs qui devrait aller avec et honorerait la SF, mais ça m'amuse d'y penser… Vous imaginez le film ?