Carnet d'Ellen Herzfeld, catégorie Lectures

John Scalzi : Redshirts

roman de Science-Fiction, 2012

traduction française sous le même titre mais au mépris du danger en 2013

Ellen Herzfeld, billet du 22 février 2013

par ailleurs :

Le titre, Redshirts, fait allusion aux personnages de Star trek qui apparaissent pour la première fois dans un épisode et qui sont immanquablement victimes d'un accident, ou qui sont mangés par un monstre ou un autre avant le dénouement. Ce sont toujours des recrues de fraîche date et leur uniforme comporte une veste rouge qui les rend reconnaissables de loin.

Ici, un groupe de jeunes enseignes arrivent sur l'Intrépide, vaisseau amiral de la flotte de l'Union Universelle, et se lient d'amitié. Il y a Andrew Dahl, ancien séminariste dans une secte extraterrestre dénommée Forshan (!) qu'il a dû quitter à cause d'une guerre entre factions, mais qui est aussi xénobiologiste et linguiste, Maia Duvall, plus ou moins aventurière, le riche héritier Jimmy Hanson, et Finn et Hester, impliqués dans une histoire de drogue que la hiérarchie veut éviter de rendre publique.

Dahl constate rapidement que ses collègues du labo où il est affecté se comportent de façon bizarre. En particulier, ils s'arrangent systématiquement pour être hors de vue — partis chercher du café, ou en train de faire l'inventaire dans un placard — quand un officier passe par là, de sorte qu'ils ne sont jamais envoyés en mission d'exploration. Et pour cause, car à chacune de ces excursions, des petits nouveaux se retrouvent immanquablement dans des situations très fâcheuses et il y a toujours au moins un membre peu gradé de l'équipage qui y laisse sa peau. Alors que, quelle que soit la tournure des événements, les officiers supérieurs s'en sortent à tous les coups. L'un d'entre eux, le lieutenant Kerensky, est certes souvent blessé, mais il récupère étonnamment vite et repart rapidement pour de nouvelles aventures.

Il y a aussi ces moments bizarres où il se passe des choses absurdes que personne ne semble trouver anormales et un appareil mystérieux et caché qui fournit toujours, à la dernière minute, la solution espérée, sans que personne ne se pose trop de questions.

Dahl fait part de ses observations à ses amis et ils se mettent à chercher des explications plausibles. Ils vont être aidés dans leur quête de la vérité par un étrange personnage, également membre de l'équipage, mais qui se cache dans les coursives de maintenance situées dans les murs du vaisseau. Suivra une série d'aventures, parfois rocambolesques, mais toujours bien menées.

Le récit est plein de clins d'œil à la SF écrite et en images, par quelqu'un qui connaît très bien le domaine, et de l'intérieur. Ce n'est pas une parodie mais plutôt un hommage à la SF des séries télé et du cinéma. Scalzi s'est manifestement amusé follement à montrer les clichés et les faiblesses de nombre de leurs scénarios mais son regard est toujours chaleureux et ses personnages étonnamment crédibles. On sent qu'il aime ce dont il parle. L'histoire principale se termine alors qu'il reste encore un cinquième du livre. Les trois derniers chapitres explorent plus à fond le devenir de quelques personnages apparemment secondaires. C'est une approche originale que j'ai trouvée particulièrement bien réussie.

Un livre fort agréable et, dirais-je, sympathique. De la bonne rigolade mais aussi une réflexion plus en profondeur sur la vie, l'univers et le reste. Oui, quelque part, il m'a fait penser à Douglas Adams, bien que dans un registre tout à fait différent.

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