Carnet de Philippe Curval, catégorie Général

Texto

Philippe Curval, billet du 19 septembre 2007

Depuis quelque jour, j'éprouve un arrière-goût bizarre, comme 'il me manquait un élément important dan mon écriture dont je ne parvien pa à déchiffrer l'origine. Dan l'incapacité de deviner à quoi peut e reporter cette intuition, mon tourment me paraît d'autant plu douloureux. Pourtant, j'ai une olide réputation. Mon premier texte remonte à l'enfance, cinq an environ, papa, maman applaudirent et me prédirent une carrière exceptionnelle. J'ai connu mon premier uccè au cour de mon adolecence, quand je publiai Puberté chérie qui faillit me valoir le Goncourt.

Il aurait uffit que j'offre une petite portion de moi-même — je ne vou dirai pa laquelle —, à un critique, au préident du jury ou à mon directeur littéraire pour que je l'emporte an problème, mai j'y tenai trop. Pa au prix, mai à ma viriginité. Ace (la cenure m'oblige à mettre un homonyme) double novel, une collection célèbre durant le année cinquante au Etat Uni, ne correpondait pa à ma vocation.

Par la uite, je ne compte plu le chiffre de me tirage, mon triomphe international et indéniable. Au dire de m'ennemi, plu je pond de cochonnerie, plu le lecteur adore la charcuterie.

Ouvent, j'ai éprouvé la tentation d'oumettre mon dernier manucrit à ma femme, à m'ami le plu cher. Au dernier moment, j'ai compri qu'il fallait que ce oit moi qui réolve le problème. La meilleure olution eut été que je m'erve du correcteur orthographique dont je dipoai dan mon ordinateur afin de vérifier l'orthographe et la grammaire, la typographie. Il me parut que l'inaptitude récurrente du logiciel à réoudre un problème ordinaire ne pourrait en aucun ca m'aider à déceler ur quoi je fondai ma crainte.

Je lu et je relu attentivement chaque page du texte en n'y trouvant aucun défaut, enfin, rien qui n'attirât mon attention de manière évidente ur un plan trictement littéraire.

J'étai un pofeionnel, cela e devinai dan la contruction rigoureue du récit, dan l'alternance ubtile de chapitre en chapitre et la cadence, à traver la vivacité du dialogue, la maitrie du upene, la véracité de peronnage et d'entiment. Un principe inoupçonnable m'échappait. Nul plu que moi ne pouvait en être concient.

Cela devenait grave, car je devai remettre mon manucrit la emaine uivante et j'en redoutai l'échéance. L'uniqu'olution qui me vint à l'eprit fut de prendre le devant, de téléphoner à mon éditeur pour l'avertir du retard que j'avai pri, en lui demandant un délai upplémentaire. Comme je m'y attendai, il ne tiqua pa. Chacun de me livre lui rapportait de quoi entretenir une petite écurie d'auteur expérimentaux. En m'y attelant jour et nuit, je réécrirai le texte en quinze jour.

Ce qui fut dit fut fait, au prix de l'aborption d'anti-inhibiteur, d'amphétamine, an relâche jour et nuit, j'écrivi et m'endormi au terme d'un véritable parcour du combattant, exténué, mai content.

D'un eprit léger, en me réveillant, je fi un tirage imprimante du nuveau texte.

Pa de qui me réjir en le reliant. C'était pire qu'avant. Nn eulement j'épruvai une terreur inhumaine, mai je cmmençai à ne plu cmprendre ce que j'avai écrit. Je fu bligé de reprendre le rman page aprè page et de faire du mt à mt pr aimiler le cntenu. Deux jur plu tard, je travaillai tel un frcené ur mn rdinateur pr rétablir l'ignificatin intime du texte. Cela me vint petit à petit. Quatre nuit plu tard, je le récitai à vix haute, en m'enthuiamant ur a prfdeur et a pertinence.

Néanmin, à ce tade, l'enemble nécéitait pluieur remaniement imprtant. Je me remi à l'uvre.

Aujurd'hu, j'a enfn adm l'rréparable!

Aprè d'heure et d'heure de labeur acharné, j'a reçu la révélatn: je perd peu à peu mn alphabet. A frce d'utler mn téléphn prtable, de lancer et de recevr de meage a la redactn de plu en plu élémentare, de text redut à leur plu mple expren, mn cerveau et cntamné. Cette malade cntageu avère ncurable. Peu à peu le cnnne et le vyelle excluent nexrablement de mn vcbulare.

Dan un an u deux, j'aura écrt mn chef-d'uvre.

LETTRE ET LE NÉANT.

Un pag d papr blan.

Commentaires

  1. lnjeudi 20 septembre 2007, 20:04

    A, mde lors, j croya q j'eta imunse, ms vola q j crs q j ls atrp osi.... mmh ...ahhh... o scrs !!!

  2. rssvendredi 14 décembre 2007, 19:26

    Hello, j'aime beaucoup ton blog :) On y trouve souvent quelques perles. Je me demandais pourquoi avoir fait cette précision : « la cenure m'oblige a mettre un homonyme » ? :)

Ajouter un commentaire

Les commentaires sont publiés après validation par Quarante-Deux.