La chronique de Philippe Curval
le Monde 10733, 3 août 1979, p. 11
Jean-Marc Ligny : Temps blanc
Une apocalypse froide
Peu de jeunes auteurs de S.-F. en France, abordent cette littérature sans les préjugés de leurs lectures. Tout un arsenal de références, d'allusions, encombre souvent leurs premiers textes.
Jean-Marc Ligny nous offre au contraire, avec Temps blancs, un premier roman tout neuf, où la pacotille du répertoire est absente.
Dans ce livre, Jean-Marc Ligny raconte le chaos à sa manière. Les personnages, naufragés de leur propre solitude dans un monde voué à la glace et à la pollution, cherchent à rassembler les fragments de l'ex-civilisation urbaine. Peut-être pour reconstituer l'itinéraire du naufrage et en comprendre les causes. À moins que ce ne soit pour tenter de découvrir d'autres méthodes de vie au moment où tout semble perdu pour l'humanité.
Ce qui attache dans cette œuvre touffue, souvent obscure, c'est qu'elle tente d'aborder la Science-Fiction par l'écriture, de traiter enfin le thème de la fin d'un monde par d'autres biais que l'anecdote. Le tremblement sensible du style trahit l'effroi de l'apocalypse froide.
